Le HCR et Google présentent un nouveau programme de cartographie pour les opérations humanitaires

Articles d'actualité, 8 avril 2008

© HCR/S.Hopper
Le Haut Commissaire adjoint L. Craig Johnstone lors du lancement de la nouvelle initiative UNHCR-Google.

GENEVE, 8 avril (UNHCR) Les représentants de Google et de l'agence des Nations Unies pour les réfugiés ont inauguré mardi un nouveau et puissant programme en ligne de cartographie, qui offre une vue à la fois pluridimensionnelle et rapprochée de quelques-unes des principales crises de déplacement dans le monde et des efforts humanitaires déployés afin de secourir les victimes.

Le programme « Google Earth Outreach » donne à l'UNHCR et aux autres agences humanitaires la possibilité d'utiliser « Google Earth » et « Google Maps » pour mettre en avant le travail réalisé en faveur des millions de réfugiés et d'autres populations relevant de leur compétence dans certaines des régions les plus reculées et inhospitalières de la planète.

« Cet outil est absolument fantastique. Son potentiel pour nous, et son potentiel pour servir les intérêts des réfugiés à travers le monde, est énorme et nous avons maintenant besoin de saisir cette opportunité et de progresser avec cet outil », a indiqué le Haut Commissaire adjoint pour les réfugiés L. Craig Johnstone, qui s'adressait à un parterre de plus de 250 employés et invités lors de la cérémonie de lancement organisée dans l'atrium, au siège de l'UNHCR à Genève. « Je pense qu'au final, nous en serons tous bénéficiaires. »

L. Craig Johnstone a indiqué que le projet pilote de l'interface de l'UNHCR, qui a été rendu public mardi sur Google Earth Outreach, a permis au personnel et aux clients de se transporter au cœur de situations spécifiques de réfugiés. Il a indiqué que l'outil serait particulièrement utile pour étendre l'activité humanitaire et la visibilité de l'UNHCR ainsi que pour sa propre administration interne.

Les différents niveaux de l'interface de l'UNHCR, qui ont été préparés par le personnel technique et éditorial du service de communication de l'agence, se concentrent actuellement sur trois des opérations importantes de réfugiés Tchad/Darfour, Colombie et Iraq mais une extension du projet est actuellement en préparation.

« En 2008, nous allons étendre l'interface et essayer d'y rajouter tous les sites majeurs afin qu'ils puissent tous être consultés et que les gens puissent voir quelle est la situation sur le terrain », a indiqué L. Craig Johnstone. « Il sera alors possible d'attirer l'attention sur la souffrance [des réfugiés dans des environnements inhospitaliers], pour que les gens puissent comprendre où sont réellement les responsabilités », a-t-il ajouté.

« Nous sommes impatients de travailler avec l'UNHCR », a indiqué Rebecca Moore, responsable et fondatrice de Google Earth Outreach, au personnel et aux invités, avant d'effectuer une démonstration de l'outil et de leur montrer certains des niveaux d'interface de l'UNHCR récemment créés. « L'idée est basée sur un concept abstrait des réfugiés dans un pays que les gens n'ont jamais visité et qu'ils ne visiteront en fait jamais et de les y transporter virtuellement. Ils peuvent alors comprendre de façon intuitive quels sont les réels problèmes », a-t-elle dit.

Ce programme donne aux agences humanitaires la capacité et les ressources pour utiliser « Google Earth » et « Google Maps » et mettre en avant leur travail auprès d'une large audience. Les agences peuvent ajouter de l'information écrite, audio et vidéo sur « Google Earth » dans ce que l'on appelle une « interface », ce qui leur permet d'expliquer et de montrer leur travail humanitaire à un vaste public à travers le monde.

Rebecca Moore a indiqué être « très impressionnée » par la nouvelle interface de l'UNHCR. Elle comporte trois niveaux d'information. Le premier offre une vue générale de l'UNHCR et fait voyager l'utilisateur à travers trois opérations majeures de déplacement au Tchad/ Darfour, en Iraq et en Colombie. L'impact sur les pays voisins, y compris le Soudan, la Syrie et l'Equateur, est également passé en revue, et la localisation des camps de réfugiés mise en évidence sur les cartes de « Google Earth ».

Le deuxième niveau d'interface rapproche encore l'utilisateur de la vie des personnes en exil, en explorant des éléments tels que la santé des réfugiés, l'éducation, la distribution d'eau potable et les équipements sanitaires. Des fenêtres (pop up windows) liées à des points géographiques précis dans les camps et les communautés réfugiées fournissent des explications écrites, des photos et des vidéos sur des besoins et des opérations spécifiques. Le troisième niveau, qui offre une « vision macro », emmène l'internaute au niveau local, au cœur d'un camp de réfugiés, lui permettant de regarder les écoles, les points d'eau et les autres infrastructures que l'on trouve habituellement dans un site.

Les experts techniques de l'UNHCR indiquent que, par la suite, le programme « Google Earth » permettra à l'UNHCR et à ses partenaires humanitaires d'élaborer et de partager entre eux des données visuelles et géographiques résultant de leurs efforts conjoints sur le terrain pour aider les réfugiés. Cela pourrait inclure, par exemple, la cartographie de points de passage aux frontières empruntés par des flots de population ainsi que la localisation de personnes déplacées, en fonction de leurs villages d'origine une information utile pour la planification logistique en vue d'éventuelles opérations de rapatriement.

Zalmaï, le photographe afghan, lui-même ancien réfugié, s'est aussi exprimé lors de l'événement organisé à Genève. « Il est de notre devoir de leur rendre l'espoir », a-t-il dit, alors que des photos impressionnantes de son dernier voyage en Afghanistan étaient projetées sur un grand écran derrière lui.

Google Earth a remporté un succès spectaculaire depuis son lancement mi-2005 ; Environ 350 millions de personnes dans le monde ont téléchargé l'application à ce jour. Rebecca Moore et d'autres employés humanitaires chez Google ont développé l'idée du programme « Outreach », qui a suscité un vif intérêt depuis son lancement l'année dernière.

Par Leo Dobbs à Genève

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