Bientôt l'autosuffisance pour des réfugiés indigènes papous

Articles d'actualité, 12 mars 2008

© HCR/A.Rummery
De jeunes réfugiés papous accueillent des visiteurs dans l'installation de réfugiés d'East Awin, dans la province occidentale de la Papouasie-Nouvelle-Guinée.

EAST AWIN, Papouasie-Nouvelle-Guinée, 12 mars (UNHCR) Des centaines de réfugiés, dans l'ouest de la Papouasie-Nouvelle-Guinée (PNG), pourraient bientôt subvenir à leurs besoins, grâce aux projets du gouvernement d'une province visant notamment à améliorer un axe de circulation majeur.

Entouré d'une vaste forêt tropicale dans une région de mousson, le site de réfugiés d'East Awin est situé sur une route poussiéreuse, longue de 110 kilomètres, reliant la ville de Nomad à Kiunga, un centre minier près de la frontière avec la province indonésienne de Papouasie.

L'autoroute de la jungle est une artère essentielle pour la communauté comptant 2 500 réfugiés indigènes papous, qui l'utilisent pour vendre leurs produits dans les villes de Kiunga et Tabubil, envoyer leurs enfants au lycée, se rendre sur leur lieu de travail et accéder aux services de santé.

« Cette route est indispensable à notre survie », a indiqué Mathias Baam, qui a fui vers la Papouasie-Nouvelle-Guinée il y a 23 ans. Comme d'autres représentants de réfugiés, il est persuadé que sa communauté peut devenir autosuffisante, mais ils s'accordent pour dire que cet objectif reste difficile à atteindre à cause du manque de transport et du mauvais état de la route, qui est quasiment impraticable durant la saison humide.

Les réfugiés souhaitent recevoir de l'aide une aide plus importante que les projets à impact rapide menés par des compagnies d'exploitation pétrolière et forestière à leur arrivée ou à leur départ dans la région ou des travaux provisoires effectués par des femmes réfugiées. Ils ne devraient pas avoir à attendre encore longtemps.

Par chance pour les Papous présents à East Awin, le gouvernement de la Province occidentale a décidé pour 2008 d'accorder la priorité au développement des routes et des infrastructures, à un moment où les défis auxquels font face la communauté locale sont identiques à ceux des réfugiés. Des fonds sont disponibles pour développer certains axes de circulation, notamment l'autoroute Kiunga-Nomad, et les travaux devraient commencer dans les prochains mois.

L'action du gouvernement coïncide avec une intensification des efforts de l'UNHCR et de ses partenaires pour que la population réfugiée présente à East Awin accède au développement, en commençant par l'amélioration de la route. « Ces réfugiés sont dans le pays depuis plus de 20 ans, et il est temps de rassembler nos efforts pour les aider à une meilleure intégration en Papouasie-Nouvelle-Guinée », a indiqué Wallaya Pura, le délégué de l'UNHCR en PNG.

Le besoin d'augmenter les opportunités d'autosuffisance et d'inclure les réfugiés dans les projets de développement de la province occidentale était un thème clé lors d'une conférence organisée par l'UNHCR dans la capitale de la PNG, Port Moresby, à la fin de l'année dernière. Les participants, notamment des donateurs, des agences d'aide humanitaire, des groupes appartenant à l'église et des agences gouvernementales, ont convenu d'accorder la priorité au développement routier.

« L'amélioration des axes routiers résoudront de nombreux problèmes. Une fois que les travaux seront finis, le groupe des réfugiés pourra rapidement subvenir à ses besoins », a indiqué l'évêque Gilles Côté, dont le diocèse catholique de Daru-Kiunga assure des services, notamment dans les domaines de la santé et de l'éducation, pour les réfugiés et les communautés locales dans la province occidentale.

L'Administrateur de la province Nelson Hungrabos a indiqué que l'amélioration de la route reliant Kiunga à Nomad apporterait non seulement de nouvelles opportunités économiques, notamment une production agricole accrue dans la région de Nomad, mais aussi qu'elle permettrait un meilleur accès aux services de santé et à l'éducation. « Nous la voyons comme une route clé », a-t-il dit.

« La province occidentale est très étendue, mais elle est peu peuplée, ce qui augmente le prix des services. Tout spécialement car nous n'avons pas le réseau routier approprié », a noté Nelson Hungrabos, ajoutant que « le camp de réfugiés est situé le long de la route, alors il fait partie des projets prioritaires du gouvernement. »

L'UNHCR s'est félicité des projets du gouvernement. « Nous sommes tous d'accord pour dire que cette étape importante est nécessaire pour faire de l'autosuffisance une option concrètement viable pour la communauté réfugiée », a indiqué Wallaya Pura, le délégué de l'UNHCR. « Ce projet devra cependant être complété par d'autres programmes, notamment dans les domaines de l'éducation, de la santé, des moyens de subsistance pour aider à l'intégration, dans des projets de développement local, de cette population de réfugiés, présents de longue date dans le pays », a-t-elle conclu.

Le gouvernement de la PNG avait décidé en 1987 qu'East Awin serait une zone d'installation de réfugiés, suite à l'afflux d'indigènes papous fuyant une offensive des forces armées indonésiennes menée contre des séparatistes.

Depuis l'ouverture de ce site, quelque 7 000 réfugiés ont été accueillis et leurs dossiers ont été examinés. Environ 60 pour cent de la population actuelle, soit 2 500 personnes, est née sur place. Certains sont partis vers d'autres régions de la PNG après avoir obtenu des permis de résidence, d'autres sont retournés dans leurs villages en Indonésie.

Par Ariane Rummery à East Awin, Papouasie-Nouvelle-Guinée

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