Le choix difficile des Tchadiens : l'exil au Cameroun ou le retour

Articles d'actualité, 6 février 2008

© HCR Kousseri
Des réfugiés tchadiens dans le centre de transit de Kousséri, au Cameroun, après avoir fui les récents combats survenus dans la capitale tchadienne N'Djamena.

N'DJAMENA, 6 février (UNHCR) Des Tchadiens ont commencé à rentrer chez eux mercredi matin, alors qu'un calme précaire était observé à N'Djamena, la capitale tchadienne. Ils avaient fui vers le Cameroun pour échapper aux combats entre les rebelles et les forces gouvernementales. Certains rentraient chez eux pour la journée et prévoyaient de revenir le soir même au Cameroun. Pendant ce temps, d'autres habitants de la capitale continuaient à affluer vers le Cameroun, en quête de sécurité.

« Hier et ce matin (mercredi), des personnes sont parties pour la journée de Kousséri, au Cameroun, vers N'Djamena, pour se rendre compte de l'état de leurs biens », a indiqué Gilbert Loubaki, chef de l'équipe d'urgence de l'UNHCR comptant neuf personnes et déployée dans la ville frontalière de Kousséri. Cependant, du fait de la situation sécuritaire instable à N'Djamena, la plupart des Tchadiens restent prudents sur la perspective d'un éventuel retour.

L'agence des Nations Unies pour les réfugiés à Kousséri estime qu'entre 20 000 et 30 000 Tchadiens ont afflué à Kousséri, sur la rive camerounaise du fleuve Chari, après l'éruption des combats dans la capitale tchadienne samedi dernier entre les forces rebelles et l'armée. Malgré une accalmie des combats dans la capitale ces deux derniers jours, des bombardements sporadiques étaient encore entendus, mercredi, aux alentours de N'Djamena.

L'agence des Nations Unies pour les réfugiés est présente sur le terrain à Kousséri pour aider à abriter et à assister les Tchadiens qui ont fui. Un pont aérien comptant deux rotations va acheminer du matériel humanitaire d'urgence à Kousséri pour les réfugiés. Il devrait démarrer au plus tard mercredi avec un premier vol depuis Dubaï devant atterrir au Cameroun jeudi matin. Les deux vols permettront de transporter un total de 90 tonnes de biens de secours depuis les entrepôts de l'agence situés à Dubaï, notamment des bâches en plastique, des jerricans, des couvertures, des moustiquaires, des ustensiles de cuisine et des rouleaux de plastique. Avec ces articles, l'agence pourra aider 14 000 réfugiés et va accélérer la distribution qui a déjà débuté au Cameroun. Un camion de l'UNHCR transportant 15 tonnes de biens de secours, dont des couvertures, des bâches en plastique et des ustensiles de cuisine est arrivé à Kousséri mardi, après un voyage de deux jours depuis Bertoua, dans l'est du Cameroun.

Un grand nombre de réfugiés sont hébergés chez des proches à Kousséri, alors que d'autres ont trouvé refuge dans des écoles. Certains séjournent dans les quelques hôtels de la ville. Entre 6 000 et 7 000 réfugiés se trouvent actuellement dans le centre de transit de Madana, situé près du pont enjambant le fleuve Chari. L'équipe d'urgence de l'UNHCR va démarrer la construction de latrines et de douches, conjointement avec la Croix-Rouge camerounaise, mercredi, pour fournir aux réfugiés des équipements sanitaires et un confort de base.

« Nous voulons d'abord stabiliser leur situation avant de les transférer la semaine prochaine vers Maltam, dans un site plus approprié et localisé à 32 kilomètres de Kousséri », a indiqué Gilbert Loubaki. Ce camp peut accueillir jusqu'à 100 000 personnes et il est déjà équipé de puits.

Dans l'est du Tchad, pendant ce temps, l'UNHCR et ses partenaires continuent à assister des centaines de milliers de réfugiés et de déplacés, malgré l'évacuation de 25 employés de l'UNHCR non essentiels, depuis notre principale base d'opérations sur le terrain à Abéché, pour des raisons de sécurité.

L'UNHCR et ses partenaires gèrent 12 camps de réfugiés dans l'est du Tchad accueillant quelque 240 000 réfugiés soudanais qui ont fui le Darfour, région du Soudan voisin. Un autre groupe de 50 000 réfugiés originaires de République centrafricaine est hébergé dans des camps situés dans le sud du Tchad. Par ailleurs, l'UNHCR fournit de l'aide à une partie des 180 000 déplacés tchadiens ayant fui des troubles survenus précédemment au Tchad.

Ces centaines de milliers de personnes déracinées au Tchad dépendent du soutien international et de l'acheminement extrêmement fragile de l'aide humanitaire qui doivent atteindre certaines des régions les plus désolées et isolées du pays.

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L'autre crise de réfugiés au Tchad

Une seconde crise de réfugiés se développe silencieusement dans le sud du Tchad depuis ces dernières années. Cette crise n'attire que peu d'attention de la part des médias et de la communauté internationale. Environ 60 000 réfugiés de la République centrafricaine sont hébergés dans le sud du Tchad. Ils sont répartis dans cinq camps et ils reçoivent une aide régulière du HCR. Toutefois le financement pour cette aide et pour des projets de réintégration reste faible. Les réfugiés ont fui les combats entre des groupes rebelles et les forces gouvernementales au nord de la République centrafricaine. Depuis le début de l'année 2009, 17 000 nouveaux réfugiés sont arrivés dans le sud-est du Tchad.

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Des milliers de personnes sont déplacées à l'intérieur du Tchad

Lors de scènes de dévastation au mode opératoire similaire à celles du carnage perpétré au Darfour voisin, quelque 20 villages dans l'est du Tchad ont été attaqués, brûlés et pillés par des groupes de nomades armés depuis le 4 novembre. Des centaines de personnes ont été tuées, davantage encore ont été blessées. Au moins 15 000 personnes ont été déplacées de leurs villages d'origine.

Quelque 7 000 personnes se sont rassemblées aux alentours de Goz Beida, où elles ont trouvé abri sous des arbres ou ailleurs. L'UNHCR distribuera des articles de secours dès que la situation sécuritaire le permettra. L'agence des Nations Unies pour les réfugiés a déjà distribué des bâches en plastique, des matelas, des couvertures et des médicaments aux déplacés internes nouvellement arrivés dans le camp de Habila. L'agence recherche actuellement un site temporaire pour accueillir les nouveaux arrivants et entre temps va augmenter le nombre de points d'eau dans le camp de Habila.

La détérioration de la situation sécuritaire dans la région est extrêmement préoccupante, ainsi que ses conséquences sur les opérations de l'UNHCR pour aider les déplacés internes et les réfugiés. Il y a 90 000 déplacés internes au Tchad, ainsi que 218 000 réfugiés originaires du Darfour présents dans 12 camps de l'est du Tchad.

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Tchad : l'éducation en exil

L'UNHCR s'associe avec le Ministère de l'éducation et des partenaires ONG pour améliorer l'éducation des réfugiés soudanais au Tchad. La violence continue dans la région ouest du Darfour, au Soudan, a déraciné deux millions de Soudanais dans leur propre pays et a fait fuir quelque 230 000 personnes de l'autre côté de la frontière dans l'est du Tchad. Les réfugiés sont hébergés dans 12 camps au Tchad. Bien que le taux d'inscription à l'école dans les camps au Tchad soit élevé, l'assiduité est variable. Le manque d'instituteurs qualifiés et de fournitures scolaires perturbe le déroulement des classes. Par ailleurs, de nombreux enfants sont accaparés par les tâches domestiques, tandis que d'autres arrêtent l'école pour travailler dans des familles tchadiennes. La fréquentation des filles est moins régulière, surtout après leur mariage qui a lieu généralement lorsqu'elles ont 12 ou 13 ans. Pour les garçons et adolescents, fréquenter l'école diminue le risque d'être recruté par différents groupes armés opérant dans la région.

L'UNHCR et ses partenaires continuent de former et de rémunérer les instituteurs au sein des 12 camps de réfugiés, assurant ainsi une éducation de qualité aux enfants réfugiés. Les ONG partenaires entretiennent les écoles et fournissent les uniformes aux écoliers. L'UNICEF distribue des livres, des cahiers et des fournitures. En août 2007, l'UNHCR, l'UNICEF et le Ministère de l'éducation tchadien ont travaillé conjointement pour améliorer l'éducation des Soudanais déracinés par le conflit au Darfour.

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Des bergers nomades centrafricains ont fui la violence sévissant dans leur pays et ils ont trouvé refuge au Cameroun.
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Les 250 000 réfugiés du Darfour exilés dans lest du Tchad luttent chaque jour pour tenter de survivre avec un minimum deau, de nourriture et de combustible.
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Au Cameroun, plus de 60 000 réfugiés ont fui la République centrafricaine après des attaques systématiques menées par des gangs armés. Malgré les atrocités incessantes, cette crise est passée quasiment inaperçue auprès de la communauté internationale. Sans doute a-t-elle été occultée par le conflit au Darfour. Le HCR tente de répondre aux immenses besoins.