Plus de 200 boat people portés disparus lors de récents drames

Articles d'actualité, 14 décembre 2007

© HCR/A.Di Loreto
Un employé de l'UNHCR, chargé de protection, s'entretient avec des boat people arrivés, au cours de cette année, sur une plage à Lampedusa, en Italie.

GENEVE, 14 décembre (UNHCR) Des incidents dramatiques, impliquant des migrants et des réfugiés mourant en mer durant une tentative de traversée périlleuse dans diverses régions du monde, sont à nouveau survenus la semaine dernière. Plus de 200 personnes sont mortes ou portées disparues au large de la Turquie, des îles Canaries ou du Yémen.

Samedi dernier, 51 personnes se sont noyées lorsqu'un bateau, transportant des migrants en situation irrégulière de la Turquie vers la Grèce, a coulé dans une mer démontée au large des côtes turques près de la ville de Seferihisar, à 50 kilomètres au sud-ouest d'Izmir. Quelque 35 autres personnes sont toujours portées disparues et présumées noyées.

Le week-end dernier, les médias espagnols ont rapporté que plus de 90 migrants étaient portés disparus en mer, lors de deux incidents séparés, impliquant de grandes barques essayant d'atteindre les Iles Canaries depuis le Sénégal et le Sahara occidental.

Au Yémen, où 27 000 personnes, principalement des Somaliens et des Ethiopiens, sont arrivées cette année, le personnel de l'UNHCR a rapporté que 31 personnes se sont noyées ou ont été portées disparues entre le 5 décembre et mercredi dernier. Pour l'ensemble de ces incidents, on compte 207 personnes noyées ou portées disparues en une semaine.

Des dizaines de milliers de boat people risquent chaque année leur vie en mer Méditerranée, dans le golfe d'Aden, dans les Caraïbes et au large des côtes de l'Afrique de l'Ouest. Beaucoup sont des migrants cherchant une vie meilleure, mais certains sont aussi des réfugiés fuyant la persécution et les violences.

Plus de 200 participants appartenant à des organisations gouvernementales et non gouvernementales, avec des experts, ont participé à un dialogue, d'une durée de deux jours, organisé par l'UNHCR à Genève sur ce problème. Ils ont exprimé leur soutien pour une approche cohérente, globale et intégrée afin d'assurer la protection des réfugiés parmi les migrants qui se déplacent maintenant dans toutes les régions du monde.

Le Haut Commissaire des Nations Unies pour les réfugiés António Guterres, lors de l'ouverture de la réunion, a dit : « Nous voulons préconiser des mesures qui sauveront la vie des gens en détresse en haute mer et assureront leur débarquement sûr et rapide. »

Lors de la session portant sur le thème du sauvetage en mer, l'UNHCR a pressé les participants de faire leur possible pour éviter des tragédies comme celles survenues récemment dans la Méditerranée, l'Atlantique et le golfe d'Aden.

L'UNHCR et ses partenaires, incluant l'Organisation maritime internationale, recommandent des mesures qui sauveront ceux qui sont en détresse en haute mer et assureront leur débarquement sûr et rapide.

L'essentiel de ce Dialogue, le premier d'une série de consultations annuelles, se tenant dans un esprit franc et ouvert, sur les questions principales concernant les réfugiés, a consisté à mettre l'accent sur la façon d'assurer la meilleure protection possible dont les réfugiés ont besoin lorsqu'ils sont contraints de fuir les violences et la persécution, alors que les gouvernements essaient de traiter le problème des mouvements migratoires accrus à leurs frontières. Les participants ont dit avoir apprécié l'initiative de l'UNHCR sur ce problème et ont salué le fait d'avoir l'opportunité d'évoquer et de débattre de leurs préoccupations.

Par William Spindler à Genève

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Traite d'êtres humains dans le Golfe d'Aden

Fin mars, au cours d'une période de six jours, plus de 1 100 Somaliens et Éthiopiens sont arrivés sur le territoire yéménite, après avoir traversé le Golfe d'Aden à bord de bateaux de passeurs depuis Bossasso, en Somalie. Au moins 28 personnes sont mortes lors de ces voyages - d'asphyxie, des coups reçus ou de noyade - et plusieurs ont été gravement blessées par les trafiquants. D'autres souffrent de problèmes dermatologiques en raison d'un contact prolongé avec de l'eau de mer, des excréments, de l'essence ou d'autres produits chimiques.

Au cours d'une récente visite au Yémen, la Haut Commissaire assistante pour la protection, Erika Feller, s'est engagée à mieux faire connaître cette situation, à lancer un appel pour des fonds supplémentaires et pour une action internationale afin de venir en aide au Yémen, et à développer des projets qui amélioreront les conditions de vie et l'autosuffisance des réfugiés au Yémen.

Depuis janvier 2006, le Yémen a reçu près de 30 000 personnes originaires de Somalie, d'Éthiopie et d'autres pays, alors que plus de 500 personnes sont mortes pendant leur traversée. Au moins 300 sont également portées disparues. L'UNHCR aide déjà le Yémen en fournissant de l'assistance, des soins et un logement à plus de 100 000 réfugiés qui se trouvent dans le pays.

Traite d'êtres humains dans le Golfe d'Aden

Au-delà de la frontière

En 2010, la frontière entre la Grèce et la Turquie est devenue le point d'entrée principal vers l'Union européenne pour les migrants irréguliers et les demandeurs d'asile, avec plus de 132 000 nouveaux arrivants. Certains sont des migrants en quête d'une vie meilleure, tandis que d'autres fuient la violence et la persécution dans des pays comme l'Afghanistan, l'Erythrée, l'Iraq ou la Somalie. Le voyage est périlleux et de nombreuses noyades sont à déplorer lors des tentatives de traversée de la Méditerranée ou de la rivière Eros entre la Grèce et la Turquie à bord de frêles embarcations. Les insuffisances du système d'asile grec sont exacerbées par la charge imposée par des dizaines de milliers de personnes dans l'attente de l'examen de leurs demandes d'asile. Les centres de réception pour les nouveaux arrivants, y compris des demandeurs d'asile, sont grandement insuffisants. L'année dernière, des équipes du HCR se sont rendues dans plusieurs de ces centres surpeuplés où hommes, femmes et enfants étaient détenus dans des pièces exiguës et manquant d'infrastructures. Le HCR travaille avec le Gouvernement grec pour améliorer son système d'asile et a appelé les autres Etats européens à apporter leur soutien à la Grèce.

Au-delà de la frontière

L'aide internationale est indispensable pour arrêter la traite d'êtres humains dans le Golfe d'Aden

Un nombre alarmant de personnes meurent en tentant de rejoindre le Yémen à bord d'embarcations de passeurs, dans le Golfe d'Aden, en partance de Somalie. En l'espace de trois semaines, fin 2005, au moins 150 personnes ont péri lors de ces traversées. Ces morts surviennent lors du chavirement des embarcations surchargées ou bien de leur dérive sans eau potable ni vivres. Ceux qui parviennent au terme de leur périple au Yémen racontent souvent que les voyageurs sont battus par les passeurs ou forcés à sauter par-dessus bord encore loin de la côte - parfois les mains et les pieds liés.

En réaction, l'UNHCR a appelé la communauté internationale à agir d'urgence pour endiguer le flux de réfugiés et d'immigrants éthiopiens et somaliens désespérés tombant aux mains de trafiquants sans scrupules dans l'espoir de rejoindre le Yémen puis d'autres pays. L'agence pour les réfugiés a également travaillé avec les autorités du Puntland, au nord-est de la Somalie, sur les moyens d'informer les gens sur le danger d'emprunter des bateaux de passeurs pour traverser le Golfe d'Aden. Ces moyens incluent la production de vidéos et de programmes radios, afin de sensibiliser les Somaliens et les Ethiopiens aux risques de ces traversées.

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