Des clowns pour aider les enfants réfugiés iraquiens à surmonter leurs traumatismes

Articles d'actualité, 27 décembre 2007

© Payasos Sin Fronteras /Pere Masramon
Nez rouges et frasques diverses font surgir le rire et la joie dans le regard de ces enfants iraquiens réfugiés à Damas.

DAMAS, Syrie, 27 décembre (UNHCR) Nez rouges et frasques en tous genres ont fait leur apparition dans les centres de l'UNHCR à Damas, faisant jaillir le rire et la joie parmi les jeunes Iraquiens, qui souffrent du traumatisme de la vie de réfugié.

L'agence des Nations Unies pour les réfugiés avait découvert les bienfaits des clowns lorsqu'une troupe locale, engagée à l'occasion de la Journée mondiale du réfugié (le 20 juin), avait organisé une représentation dans une salle d'attente du principal centre d'enregistrement de l'UNHCR à Damas, dans un climat tendu et triste. Les employés de l'UNHCR avaient remarqué que les enfants étaient plus détendus pendant les rendez-vous organisés pour procéder à leur enregistrement.

Trois personnes se sont présentées lorsque l'UNHCR a fait savoir qu'il recherchait des clowns iraquiens afin de donner, de manière régulière, un spectacle dans le centre d'enregistrement, dans le cadre de la campagne « Retour à l'école », destinée aux enfants iraquiens réfugiés. Ils sont ainsi devenus les premiers volontaires de vulgarisation de l'UNHCR auprès de la communauté iraquienne.

L'UNHCR a demandé au groupe international indépendant, Clowns Sans Frontières, de passer en revue le premier spectacle, qui visait à informer les parents et les enfants du droit d'aller à l'école dont bénéficient tous les enfants iraquiens. Clowns Sans Frontières est revenu en novembre afin de poursuivre la formation des clowns, et de soutenir l'utilisation de la thérapie par le rire, par le personnel de l'UNHCR, du Croissant-Rouge arabe syrien et de l'UNICEF.

« Nous savons qu'un réfugié sur cinq qui s'enregistrent auprès de l'UNHCR a été victime de violences ou de tortures en Iraq », indique Laurens Jolles, délégué de l'UNHCR à Damas. « Cela signifie que de nombreuses familles, en particulier des enfants, sont traumatisées quand elles arrivent chez nous. Les clowns offrent une occasion rare aux parents et aux enfants de sourire lors de l'enregistrement auprès de l'UNHCR, qui serait sinon une expérience très pénible. »

Dans le centre communautaire de Seida Zeinab, l'une des zones de Damas les plus fréquentées par les réfugiés iraquiens, une foule d'enfants éclate de rire tandis que les deux clowns s'arrosent à tour de rôle et font surgir des fleurs de leurs ballons.

« C'était très beau », a raconté Rodeen, un sourire radieux éclairant son visage pendant le spectacle. Après la représentation, la jeune Iraquienne est retournée à sa place, pour se cacher derrière les jambes de sa tante.

Pour ces trois clowns iraquiens, qui appartiennent au Happy Family Group, une troupe multi ethnique et multi confessionnelle basée à Bagdad, le principal objectif consiste à faire rire les enfants. Ses membres sont maintenant dispersés dans tous les pays de la région, où ils vivent en tant que réfugiés. Un de leurs collègues a été tué en Iraq.

« Nous faisons cela pour rendre les enfants heureux et faire disparaître leurs larmes et le souvenir des bombes et des jours difficiles », a expliqué Eidi, l'un des clowns. « Nous voulons aussi expliquer aux enfants l'importance de l'école. »

Les clowns organisent un spectacle par jour au centre d'enregistrement de l'UNHCR. Puis ils passent quelques heures pour aider les membres de l'UNICEF et du Croissant-Rouge arabe syrien qui font fonctionner l'espace réservé aux enfants dans le centre. Plusieurs fois par semaine, ils jouent dans des centres communautaires, où ils offrent à de nombreuses familles réfugiées une rare occasion de se divertir. Cela aide aussi à faire venir les familles au centre, pour qu'elles puissent s'informer sur les autres services offerts par l'UNHCR.

La responsable de Clowns Sans Frontières, Christina Aguirre, a passé du temps pour apprendre à connaître les enfants iraquiens et ainsi aider les clowns à créer leur spectacle. Après une représentation au centre communautaire de Seida Zeinab, elle est partie avec les clowns iraquiens à la rencontre des enfants qui mendient ou vendent dans la rue, pour gagner quelques sous supplémentaires pour leurs familles.

« Je dois travailler », explique Ali, âgé de 14 ans, qui tient un petit stand couvert de confitures. « Nous avons besoin d'argent pour vivre. » Son éducation devra attendre, soupire-t-il, quand on lui demande s'il va à l'école.

« Quand vous voyez un enfant iraquien ici dans la rue, tout ce que vous voyez, ce sont de nombreux problèmes et pas de bonheur », a dit Christina Aguirre. « Mais quand nous mettons nos nez rouges et que nous jouons avec eux, ils oublient leurs problèmes durant un moment. »

Par Sybella Wilkes à Damas, Syrie

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Chaque année, le Musée du Quai Branly à Paris organise une collecte de jouets auprès d'écoliers à Paris et, avec un peu d'aide du HCR et d'autres partenaires clés, les envoie aux enfants réfugiés qui ont tant perdu.

Cette année, les bénéficiaires étaient des dizaines d'enfants syriens vivant dans deux camps de réfugiés en Turquie, l'un des principaux pays d'accueil pour plus de 1,4 million de Syriens qui ont fui leur pays, avec ou sans leurs familles. La plupart des enfants sont traumatisés et ils ont perdu toutes leurs affaires dans les décombres en Syrie.

La semaine dernière, le personnel du musée, le HCR et la Fédération des Associations d'Anciens du Scoutisme ont rassemblé les jouets et les ont emballés dans 60 colis. Ces colis ont ensuite été transportés vers la Turquie par Aviation sans Frontières puis acheminés vers l'école maternelle et des garderies dans les camps de Nizip-1 et Nizip-2 près de la ville de Gaziantep.

Ce cadeau a été donné par des enfants grandissant paisiblement dans la capitale française. Les jouets ont apporté un rayon de soleil dans la vie de ces jeunes réfugiés syriens et leur rappelle qu'ils ne sont pas oubliés par d'autres enfants dans le monde extérieur.

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La violence en Syrie continue de pousser les gens à abandonner leurs domiciles, certains cherchant refuge ailleurs en Syrie tandis que d'autres prennent le risque de passer la frontière vers les pays voisins. Les Nations Unies estiment qu'environ quatre millions de personnes ont besoin d'aide, parmi lesquels on évalue à deux millions les personnes déplacées à l'intérieur de la Syrie.

L'agence des Nations Unies pour les réfugiés compte 350 employés à l'intérieur de la Syrie. Malgré l'insécurité, ils continuent à fournir une assistance vitale dans les villes de Damas, Alep, Al Hassakeh et Homs. Grâce à leur travail et à leur dévouement, plus de 350 000 personnes ont reçu une aide non alimentaire, comme des couvertures, des ustensiles de cuisine et des matelas. Ce sont des articles essentiels pour ces personnes ayant souvent quitté leurs maisons uniquement avec les vêtements qu'ils portaient ce jour-là. Une aide financière en espèces a été allouée à plus de 10 600 familles syriennes vulnérables.

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Les autorités turques ont monté, pour les réfugiés, des camps très bien organisés construits le long du sud de la frontière avec la Syrie. La Turquie porte assistance à 120 000 réfugiés depuis l'éruption du conflit en Syrie. On compte actuellement 12 camps accueillant 90 000 réfugiés et quatre autres sont en cours de construction. La Turquie a déjà dépensé près de 300 millions de dollars, continue de gérer les camps ainsi que de fournir des vivres et des services médicaux.

L'agence des Nations Unies pour les réfugiés a fourni à la Turquie des tentes, des couvertures et des batteries d'ustensiles de cuisines à distribuer aux réfugiés. Le HCR propose également des conseils opérationnels et des lignes directrices, tandis que le personnel de l'organisation facilite les mesures de rapatriement volontaire des réfugiés.

La plupart des réfugiés ayant traversé la frontière vers la Turquie sont originaires du nord de la Syrie, notamment la ville d'Alep. Dans un premier temps, certains vivaient dans des écoles ou d'autres bâtiments publics. Depuis, ils ont été transférés dans des camps où les familles vivent dans des tentes ou des conteneurs aménagés en logements et où tous les services essentiels sont assurés.

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