Deux des « lost boys » du Soudan rentrent chez eux depuis Cuba

Articles d'actualité, 29 novembre 2007

© HCR/P.Farajallah
Archangelo Kuech Gur (à gauche) et Michael Bol Deng posent près d'un véhicule de l'UNHCR au Sud-Soudan.

JUBA, Soudan, 29 novembre (UNHCR) Beaucoup de gens ont déjà entendu parler des « lost boys du Soudan », ces enfants arrivés aux Etats-Unis après avoir erré pendant des années dans leur pays déchiré par la guerre ou avoir été bloqués dans des camps de réfugiés dans les pays voisins. Peu connaissent le sort des « lost boys » qui sont arrivés à Cuba.

Pour la première fois, deux d'entre eux sont rentrés dans leur pays avec l'aide de l'UNHCR, après plus de vingt ans passés dans cette nation insulaire des Caraïbes. Après des semaines de préparation, Michael Bol Deng, 36 ans, et Archangelo Kuech Gur, 37 ans, sont arrivés à Juba le 15 novembre, après deux jours de voyage entre la Havane et Nairobi, via Paris.

Attendus à leur arrivée par des représentants du Gouvernement soudanais et de l'agence des Nations Unies pour les réfugiés, les deux hommes ont dit espérer retrouver la trace de leurs proches et construire une nouvelle vie dans leur pays, dont ils ont pratiquement oublié la culture et la langue.

« Nous tenons à vous accueillir chaleureusement, vous qui participerez au développement [du pays], grâce aux compétences que vous avez acquises lorsque vous étiez à l'étranger », a dit William Chan, le Président adjoint de la Commission sud-soudanaise d'assistance et de réhabilitation, à ses compatriotes de retour au pays.

« Une fois que j'aurai trouvé un travail, je partirai à la recherche des membres de ma famille, dont je n'ai plus eu aucune nouvelle durant les 23 dernières années », a dit Archangelo Kuech Gur, qui espère utiliser son doctorat en médecine vétérinaire pour aider à développer le secteur de l'élevage au Sud-Soudan. Michael Bol Deng est ingénieur agronome, une profession qui sera sûrement très demandée dans cette région du sud, à dominante agricole.

Dans un avenir immédiat, les deux rapatriés prévoient de rester à Juba où, de façon remarquable, ils ont rapidement trouvé des amis ou des proches qu'ils n'avaient pas vus depuis longtemps et qui les hébergent. Archangelo Kuech Gur a dit espérer que leur retour pourrait encourager d'autres Soudanais instruits à suivre leur exemple et à rentrer pour aider à reconstruire une région dévastée par des années de guerre et qui manque toujours d'infrastructures vitales et de services basiques après trois années de paix.

« La paix est venue et je ne vois pas de raison pour que des collègues diplômés et bien formés restent à l'étranger », a-t-il dit, en appelant spécifiquement ses compatriotes vivant en Australie, au Canada et aux Etats-Unis « à revenir au pays pour répondre aux défis du développement. »

Il aurait pu ajouter Cuba à cette liste, le pays qui a été le berceau de son éducation, où des centaines d'autres « lost boys » vivent toujours. L'UNHCR espère qu'ils pourraient aussi être encouragés à rentrer au Sud-Soudan, forts de leurs compétences.

On estime que plus de 20 000 Soudanais seraient devenus orphelins ou auraient été séparés de leurs familles et de leurs maisons lors du conflit dans le sud du pays, entre 1984 et 2005. En 2001, les Etats-Unis ont accueilli quelque 3 600 d'entre eux, qui ont ensuite été envoyés dans plusieurs villes du pays.

Cuba avait offert d'accueillir des jeunes du Soudan bien plus tôt. En 1986, le Gouvernement cubain avait accepté de prendre un groupe de 600 adolescents et de leur offrir une éducation primaire, secondaire et universitaire à la Havane. Michael Bol Deng et Archangelo Kuech Gur, qui ont fui le camp de réfugiés d'Itang en Ethiopie en 1984, faisaient partie de ce groupe.

Depuis la signature d'un accord global de paix en janvier 2005, l'UNHCR a facilité le retour de quelque 70 000 réfugiés du Sud-Soudan. Plus de 90 000 autres seraient rentrés par leurs propres moyens. La plupart sont arrivés des pays voisins comme la République centrafricaine, la République démocratique du Congo, l'Egypte, l'Ethiopie, le Kenya et l'Ouganda.

L'agence des Nations Unies pour les réfugiés a aussi participé à des programmes visant à faciliter la réintégration des rapatriés et à encourager davantage de personnes à rentrer, dont des programmes de déminage, de construction et de réhabilitation des équipements de base comme des écoles, des centres de santé et des puits.

Par Peter Farajallah et Taylor Garrett à Juba, Soudan

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L'UNHCR et ses partenaires continuent de former et de rémunérer les instituteurs au sein des 12 camps de réfugiés, assurant ainsi une éducation de qualité aux enfants réfugiés. Les ONG partenaires entretiennent les écoles et fournissent les uniformes aux écoliers. L'UNICEF distribue des livres, des cahiers et des fournitures. En août 2007, l'UNHCR, l'UNICEF et le Ministère de l'éducation tchadien ont travaillé conjointement pour améliorer l'éducation des Soudanais déracinés par le conflit au Darfour.

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La plupart des réfugiés, notamment les enfants et les personnes âgées, sont arrivés très affaiblis dans les camps. Or, les pluies incessantes ont tendance à exacerber la situation, les flaques d'eau se transformant vite en foyer d'incubation de moustiques porteurs du paludisme. Qui plus est, un simple rhume suffit pour que l'état de malnutrition modérée dont souffrent les enfants et personnes âgées se transforme en malnutrition sévère.

C'est dans le camp de Yusuf Batil, dans le Comté de Maban, que la situation se fait la plus critique puisque 15 % des enfants de moins de cinq ans y souffrent de malnutrition aiguë.

Le HCR et ses partenaires font tout leur possible pour prévenir et lutter contre la maladie. Dans le camp de Yusuf Batil, 200 professionnels de la santé des communautés vont de foyer en foyer afin d'enseigner aux réfugiés les règles d'hygiène de base, telles que la nécessité de se laver les mains ou encore comment reconnaître les signes de maladie. S'ils en ont besoin, les enfants reçoivent des aliments nutritifs tels que des Plumpy'nut. Un hôpital spécialisé dans le traitement de patients atteints du choléra a d'ailleurs ouvert ses portes. Parallèlement, des moustiquaires ont été distribuées dans tous les camps à des fins de prévention du paludisme.

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