Agriculture et amitiés pour un réfugié du Myanmar à Java

Articles d'actualité, 27 novembre 2007

© HCR/A.Restu
Jani Maung travaille sur une parcelle de terrain dans la communauté agricole de Java, très solidaire, où il vit.

JAKARTA, Indonésie, 27 novembre (UNHCR) A deux heures de trajet à l'ouest de Jakarta, loin des embouteillages étouffants et des rangées d'immeubles d'affaires, se trouve une région agricole accueillante à l'air pur. Là-bas des agriculteurs javanais coiffés de chapeaux larges travaillent dans les rizières et les champs de piments s'étendant à perte de vue, où l'on peut voir quelques buffles en liberté. Malgré la chaleur, les enfants semblent dotés d'une énergie inusable, poursuivant à vélo poulets et chèvres le long des routes poussiéreuses.

C'est bien le dernier endroit où l'on penserait trouver un réfugié. Et pourtant, c'est ici au sein de cette communauté agricole javanaise où l'entraide est de mise, que Jani Maung*, originaire du Myanmar, travaille dur pour construire sa nouvelle vie. Il fait partie du programme pilote de l'UNHCR pour l'autosuffisance et travaille avec un fermier du lieu pour cultiver, sur une parcelle de terrain, du manioc et du piment, qu'il espère vendre un jour.

« Quand j'ai commencé, le champ était couvert d'herbe grasse et de serpents venimeux et j'ai dû le nettoyer à la main », se souvient Jani Maung. « En plus c'est la saison sèche en ce moment et je n'ai pas la pompe à eau qu'il faudrait. J'ai essayé de planter du maïs, mais il faisait trop chaud et toutes les pousses sont mortes. Cependant j'espère en replanter durant la saison des pluies, quand les terres seront gorgées d'eau. »

Malgré ces revers, les hautes pousses de manioc et de piments, que l'on aperçoit derrière la maison de Jani Maung, sont la preuve que son dur labeur commence à payer. « Quand je suis arrivé ici, je ne connaissais personne et je ne savais pas ce que j'allais faire. Mais j'ai appris en regardant faire les habitants, et maintenant j'ai de nombreux amis », a-t-il dit récemment à des visiteurs.

Le programme d'autosuffisance a été initié par Pulih, l'un des partenaires d'exécution de l'UNHCR. Il s'agit d'une solution novatrice, pour permettre aux réfugiés, qui ne peuvent pas travailler en Indonésie, de parer aux difficultés rencontrées. Il fonctionne comme un programme de formation, grâce auquel les réfugiés peuvent développer de nouvelles compétences, et en même temps remercier la communauté qui leur a généreusement permis de vivre en son sein.

« Le Gouvernement et la population d'Indonésie ont fait preuve de générosité en permettant aux réfugiés de vivre en Indonésie pendant de longues périodes, en attendant une solution permanente », a expliqué Shinji Kubo, chef de l'unité de la protection de l'UNHCR à Jakarta.

« Le programme d'autosuffisance est une nouvelle initiative de l'UNHCR pour aider les réfugiés à trouver des occupations pour rendre plus attrayant leur séjour en Indonésie. Il encourage aussi les réfugiés et les communautés locales à partager l'idée qu'ils appartiennent à une seule communauté, fondée sur l'entraide. De cette façon, nous pouvons aussi aider ce gouvernement et la population d'Indonésie à assumer peu à peu une responsabilité accrue envers ceux qui ont besoin de protection internationale », a ajouté Shinji Kubo.

Les relations construites via ce programme ont eu un effet important sur Jani Maung. Ses parents ont été tués au Myanmar, alors qu'il n'avait que quelques mois, et il a expliqué : « Je suis seul au monde. Aujourd'hui les gens de mon village ne réussiraient même pas à me reconnaître. »

Avant d'arriver en Indonésie, ses cheveux, qui n'avaient jamais été coupés, lui arrivaient en dessous de la taille. Maintenant, il a les cheveux courts et son travail agricole quotidien a bruni son visage, comme ceux de ses voisins javanais.

Un certain nombre d'autres activités sont testées dans le cadre de ce projet pilote pour l'autosuffisance. Une famille afghane fabrique du pain plat traditionnel ; un Somalien aide à la gestion d'un magasin de vêtements alors qu'un autre suit une formation pour le traitement des photos. Enfin, une famille iraquienne participe à la gestion d'un magasin vendant des produits arabes.

Il est à espérer que l'implication dans ce projet va non seulement responsabiliser socialement les réfugiés via leur développement personnel, mais aussi leur permettre d'acquérir de nouvelles compétences et de garder espoir en l'avenir.

Jani Maung est confiant quand il parle de son avenir. « Si je pars d'ici, mes plants de piment et de manioc vont me manquer et personne ne s'en occupera », a-t-il dit, en gardant le sourire. « Mais je serai heureux de trouver un travail dans un autre pays en paix, où je pourrai me faire des amis. »

Son dossier a été soumis à un pays de réinstallation et l'attitude de Jani Maung, qui travaille dur en Indonésie, augure bien de son avenir si un autre pays vient à l'accepter.

* Nom fictif pour des raisons de protection

Par Jacqueline Parry à Jakarta, Indonésie

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