Un premier groupe de 35 Palestiniens a quitté la Jordanie pour débuter une nouvelle vie au Brésil

Articles d'actualité, 20 septembre 2007

© HCR/S.Malkawi
Un employé de l'UNHCR aide un réfugié palestinien à se préparer afin de quitter le camp de Ruweished pour Amman et de rejoindre ensuite le Brésil par avion.

AMMAN, Jordanie, 20 septembre (UNHCR) Trente-cinq Palestiniens remplis de joie ont pris place, jeudi, à bord d'un avion à l'aéroport international d'Amman, pour s'envoler vers leur nouvelle vie au Brésil, après des années de souffrances passées dans un camp isolé en plein désert en Jordanie.

Une cérémonie de départ avait eu lieu plus tôt dans la journée au camp de réfugiés de Ruweished, situé à environ 70 kilomètres de l'Iraq. Elle a été marquée par des larmes, des rires et des danses, alors que les réfugiés disaient au revoir aux autres Palestiniens qui ont eux aussi fui la violence croissante en Iraq il y a quatre ans et qui ont trouvé refuge dans le camp. Ils seront suivis, dans les prochaines semaines, par un autre groupe de 70 réfugiés palestiniens de Ruweished.

Ils vont s'établir dans l'Etat de Rio Grande do Sul, dans le sud du Brésil. Les Palestiniens vont bénéficier d'un logement loué à leur intention et recevoir des meubles ainsi qu'une aide matérielle. Leur expérience professionnelle est actuellement en cours d'évaluation afin d'assurer des opportunités d'emploi pour chacun d'entre eux ; des cours de portugais leur seront aussi dispensés.

Ceux qui quittent Ruweished ce jeudi en savent relativement peu sur leur nouveau pays, mais ils sont vraiment reconnaissants au Brésil pour son accueil et impatients de découvrir davantage le pays et sa culture.

« Je suis vraiment reconnaissant et heureux que le Brésil nous ait acceptés », a indiqué Hamadan. « Nous allons travailler dur, apprendre la langue et faire tout notre possible pour rendre aux Brésiliens une partie de ce qu'ils nous ont donné en nous accueillant dans leur pays », a ajouté cet homme de 62 ans en fumant un cigare et dont le seul regret est de n'avoir pu emmener les chats du camp avec lui.

Comme la plupart des autres résidents du camp, il était arrivé à Ruweished presque sans rien, après avoir fui la persécution et la violence à Bagdad. « Nous n'avions plus rien en Iraq ; ils avaient pris notre maison, ils avaient tout pris », a expliqué Khaled Sabiri, qui a quitté Bagdad en mai 2003 après avoir reçu des menaces de mort venant de groupes armés.

« A notre arrivée, nous avons été bloqués dans le no man's land pendant un an, puis nous avons été transférés dans le camp de Ruweished où nous avons retrouvé Semir, mon frère et sa famille », a ajouté Khaled, qui était auparavant propriétaire d'un atelier d'électronique.

Des centaines de Palestiniens sont bloqués dans de terribles conditions dans des camps et d'autres sites à la frontière. En proie au désespoir, certains sont même rentrés à Bagdad en 2004, avant que les violences et les attaques contre les Palestiniens n'augmentent et ne les forcent à fuir de nouveau vers la frontière. La Jordanie héberge aussi un nombre important de Palestiniens et souhaite que d'autres pays partagent cette charge.

« Je souffre d'asthme à cause du sable. Parfois le ciel était complètement rouge alors je devais immédiatement courir me protéger de la tempête. Sous la tente, c'était un peu mieux, mais je continuais à tousser terriblement », a expliqué Rosol, en partance elle aussi pour le Brésil, en se rappelant de sa vie à la frontière avant que sa famille ne soit transférée à Ruweished.

La petite fille, âgée de six ans, qui portait un maillot de football brésilien, pourra désormais grandir dans un environnement sûr et recevoir une éducation convenable, mais elle était triste de devoir laisser derrière elle Farah, sa meilleure amie. Pour d'autres, le départ a aussi été un mélange de joie et de tristesse.

Nombre de ceux qui partaient au Brésil jeudi ont bien cru qu'ils ne quitteraient jamais le désert. « Pour nous, le moment le plus difficile a été l'année dernière, quand seulement 57 personnes du dernier groupe de Palestiniens ont été acceptées pour partir au Canada », se rappelle Ikhals, la femme de Khaled Sabiri.

« Nous avions espéré que nous pourrions tous partir, et quand nous nous sommes aperçus que ce ne serait pas le cas, nous avons été profondément déprimés et nombre d'entre nous sont même tombés malades. Il nous semblait que notre cauchemar ne finirait jamais », a-t-elle ajouté, expliquant qu'un jeune homme était alors décédé d'une crise d'asthme après avoir été averti qu'il ne partirait pas au Canada. Sa famille fait partie de celles qui rejoindront le Brésil plus tard cette année.

Les représentants de l'UNHCR ont accueilli avec satisfaction la réinstallation à titre humanitaire accordée aux Palestiniens par le Brésil, ainsi que l'aide fournie par la Jordanie, qui a donné son feu vert à l'opération. « C'est un petit groupe de Palestiniens qui a été déplacé à maintes reprises. Nous nous réjouissons que, étant donné les difficultés exceptionnelles de la situation, une solution humanitaire ait pu être trouvée », a indiqué Imran Riza, délégué de l'UNHCR en Jordanie, avant d'ajouter qu'il espérait que ce geste « pourrait encourager d'autres pays à contribuer, eux aussi, à la recherche de solutions pour des cas similaires et tout aussi désespérés. »

A Genève, Philippe Lavanchy, Directeur du bureau Amériques de l'UNHCR, a noté que le Brésil avait joué un rôle majeur dès le début du Plan d'Action de Mexico adopté en 2004, un programme régional pour la réinstallation bénéficiant principalement aux Colombiens.

« Une fois encore, le Brésil a fait la preuve de son engagement pour alléger la souffrance des réfugiés et a réaffirmé son rôle pionner dans la région pour assurer la protection des personnes qui fuient la persécution », a-t-il affirmé.

Plus de 1 750 Palestiniens d'Iraq restent bloqués le long de la frontière entre l'Iraq et la Syrie dans des conditions de vie déplorables. Par ailleurs, environ 13 000 Palestiniens continuent à être pris pour cible, harcelés, menacés et tués à Bagdad.

Par Abeer Etefa et Rana F. Sweis à Amman, Jordanie, et Astrid van Genderen Stort à Genève, Suisse

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Manuel de réinstallation du HCR

Un document de référence dans l'élaboration des critères régissant la réinstallation et des différentes approches en matière de politique de réinstallation.

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La rentrée scolaire des enfants iraquiens en Syrie

L'UNHCR a pour objectif d'aider 25 000 enfants réfugiés à retourner à l'école en Syrie, en soutenant financièrement leurs familles et en leur fournissant des uniformes et du matériel scolaire. Environ 1,4 million d'Iraquiens sont réfugiés en Syrie ; la plupart ont fui l'extrême violence sectaire déclenchée par le bombardement de la Mosquée d'Or de Samarra en 2006.

Pour de nombreux parents réfugiés iraquiens, l'éducation est une priorité d'une importance équivalente à celle de la sécurité. En Iraq, à cause de la violence et des déplacements forcés, les enfants iraquiens n'allaient pas régulièrement à l'école et nombre d'enfants réfugiés ont manqué une bonne partie de leur scolarité. Bien que l'éducation soit gratuite en Syrie, des frais pour l'achat de fournitures, d'uniformes et les frais de transport ne permettent pas d'accéder à l'éducation. Par ailleurs, de nombreux enfants réfugiés sont contraints de travailler plutôt que de fréquenter l'école, pour subvenir aux besoins de leur famille.

Afin d'encourager les familles iraquiennes défavorisées à inscrire leurs enfants à l'école, l'UNHCR prévoit d'aider financièrement au moins 25 000 enfants en âge d'être scolarisés et de fournir des uniformes, des livres et des fournitures scolaires aux réfugiés iraquiens enregistrés auprès de l'agence. L'UNHCR va également informer les réfugiés sur leur droit d'envoyer leurs enfants à l'école, et soutiendra les programmes d'ONG en faveur des enfants qui travaillent.

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Réfugiés non-iraquiens en Jordanie : La vie dans un camp isolé du désert, sans aucune solution en vue

Suite à la chute du régime de Saddam Hussein en 2003, des groupes de réfugiés vivant en Iraq depuis de nombreuses années ont tenté de fuir le désordre et l'anarchie. Des centaines de personnes ont fui vers la frontière jordanienne, des Palestiniens depuis Bagdad et des Kurdes iraniens depuis le camp d'Al Tash dans le centre de l'Iraq.

A l'exception de quelques Palestiniens ayant pu rejoindre des proches en Jordanie, les réfugiés se sont vus refuser l'entrée et la libre circulation dans ce pays. Des milliers d'entre eux se sont alors retrouvés bloqués dans le no man's land entre l'Iraq et la Jordanie, ou dans le camp de Ruweished, situé dans le désert à 60 kilomètres à l'intérieur du pays.

Depuis 2003, des Palestiniens, des Kurdes iraniens, des Iraniens, des Soudanais et des Somaliens vivent dans ce désert jordanien. Ils subissent des conditions climatiques extrêmes : la chaleur torride en été et le froid glacial en hiver. L'UNHCR et ses partenaires ont distribué des tentes et des biens de secours. L'agence pour les réfugiés a tenté de trouver des solutions - en participant à la réinstallation de plus de 1 000 personnes dans des pays tiers. Début 2007, 119 personnes - pour la plupart des Palestiniens - étaient encore présentes au camp de Ruweished, sans aucune solution immédiate en vue.

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Réfugiés palestiniens en Iraq : Pas de solution en vue pour les 15 000 Palestiniens en Iraq

Depuis la chute du régime de Saddam Hussein en Iraq en 2003, les réfugiés palestiniens vivant à Bagdad sont devenus de plus en plus fréquemment les cibles d'arrestations, d'enlèvements, de menaces et d'assassinats, les incitant à fuir la capitale par milliers.

Il reste encore environ 15 000 Palestiniens en Iraq - ils étaient plus du double en 2003. Ils vivent constamment dans la peur, et beaucoup d'entre eux n'ont pas de documents en règle. Ceux qui tentent de s'échapper et atteindre les frontières syrienne et jordanienne sont de plus en plus exposés au danger. Des centaines d'entre eux sont bloqués à la frontière entre l'Iraq et la Syrie : ils ne peuvent pas traverser la frontière, et ont trop peur de retourner en Iraq. Ceux qui réussissent à quitter l'Iraq le font souvent dans l'illégalité.

Un effort humanitaire international est requis d'urgence afin de trouver une solution temporaire pour les Palestiniens. L'UNHCR a maintes fois fait appel à la communauté internationale et aux pays limitrophes pour qu'ils accueillent les Palestiniens. L'agence pour les réfugiés a également contacté des pays susceptibles de proposer des solutions de réinstallation, mais seuls le Canada et la Syrie ont répondu favorablement. La Syrie a depuis fermé ses frontières aux autres Palestiniens désespérés.

L'UNHCR plaide également en faveur d'une meilleure protection de la communauté palestinienne à l'intérieur de l'Iraq.

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On compte plus de 350 installations de déplacés internes en Iraq. Les conditions de vie sont désastreuses dans la plupart d'entre elles.
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En Iraq, plus de deux millions de personnes restent des déplacés internes. Le HCR a démarré un programme de rénovation de maisons pour aider au retour.