Un réfugié parvient à se réinstaller avec succès au Brésil

Articles d'actualité, 10 octobre 2007

© HCR/V.Graziano
Luis Eduardo Garzon présente ses produits artisanaux au salon national annuel de l'agriculture à Brasilia.

BRASILIA, Brésil, 10 octobre (UNHCR) Luis Eduardo Garzon ne cachait pas sa joie, la semaine dernière, lorsque ses produits ont été présentés à Brasilia, lors du salon national annuel de l'agriculture. Beaucoup de visiteurs, cependant, ont dû se demander ce qu'il faisait là.

Luis Eduardo Garzon, un réfugié colombien de 43 ans réinstallé au Brésil, fabrique des masques très colorés, des figurines et des porte-clés. Ses productions semblaient quelque peu décalées à côté des produits agricoles. Mais c'est le matériel de base qu'il utilise pour les fabriquer qui lui a permis de prendre part à ce salon sponsorisé par le Gouvernement brésilien des produits organiques tels que des peaux d'orange, des noix de cajou, des feuilles séchées et des graines.

« Je suis très heureux de pouvoir montrer mon travail à l'ensemble du pays », a-t-il dit, ajoutant que sa participation à ce salon pourrait l'aider à développer son activité car il a pu y nouer des contacts et bénéficier d'une publicité dans tout le pays. Il a même trouvé de nouvelles idées.

La présence de Luis Eduardo Garzon à Brasilia récompense à la fois son talent et sa longue expérience en tant qu'artisan, un savoir-faire que sa femme et lui ont appris et exercé dans leur région natale de Caldas en Colombie, avant de fuir avec leur fille vers l'Equateur voisin en avril 2005, à cause de la persécution des groupes armés illégaux.

C'est aussi la preuve que les politiques du Brésil en matière de réinstallation et d'intégration locale des anciens réfugiés peuvent avoir d'excellents résultats. Cet immense et palpitant pays sud-américain, qui accueille quelque 3 500 réfugiés, a réinstallé près de 250 réfugiés dans le cadre de l'accord signé avec l'UNHCR en 1999. Ces chiffres incluent plus de 100 Palestiniens, qui sont arrivés au Brésil depuis un camp situé dans le désert en Jordanie, le mois dernier.

Luis Eduardo Garzon est devenu candidat à la réinstallation alors qu'il se trouvait en Equateur où il s'est plaint que les persécutions continuaient. L'UNHCR a soumis son cas au Brésil et le processus d'intégration a commencé après qu'il ait été accepté pour la réinstallation et qu'il soit arrivé dans ce pays, il y a maintenant environ un an.

Il a été interviewé par des fonctionnaires brésiliens ainsi que par des employés de l'UNHCR et de leurs partenaires de la société civile. Ils ont décidé que Luis Eduardo Garzon et sa famille encore agrandie après l'arrivée d'un petit-fils pourraient être durablement réinstallés dans la ville côtière de Natal, dans l'Etat de Rio Grande do Norto, au nord du Brésil.

Pour amoindrir les difficultés importantes d'une nouvelle vie au Brésil, l'UNHCR et son partenaire local, Centro de Direitos Humanos e Memória Popular (CDHMP), leur ont fourni des informations et des conseils sur leurs droits juridiques. Ils ont été inscrits dans un programme municipal pour financer leur maison et également dans le système public de santé. Leur fille, elle, a été prise en charge pour recevoir une assistance sociale.

« Nous observons des résultats positifs, dans le cadre du processus d'intégration social et d'adaptation », a dit le directeur du CDHMP, Aluízio Matias. « Maintenant, notre premier objectif et notre plus grand défi est l'intégration économique. »

Cela aussi semble être en bonne voie. Luis Eduardo Garzon et sa femme se sont inscrits auprès des autorités municipales de Natal en tant qu'artisans, ce qui signifie qu'ils peuvent y présenter leurs produits artisanaux et les vendre sans payer de taxes.

Maintenant libéré de la violence et de la peur, Luis Eduardo Garzon a également trouvé une nouvelle inspiration pour développer son commerce au Brésil. « J'ai commencé à apprendre à reconnaître les graines, les feuilles et les fruits de la région pour les utiliser dans mon travail », dit-il. « Ma famille et moi-même mangeons beaucoup d'oranges ici, parce que c'est un fruit qui n'est pas cher ; c'est ainsi que j'ai commencé à créer des objets artisanaux avec les peaux. »

Luis Eduardo Garzon et sa femme gagnent suffisamment pour subvenir aux besoins de leur famille, grâce aux ventes de produits artisanaux et aux cours dispensés dans les institutions locales. L'étape suivante consistait à élargir la clientèle. L'UNHCR et le CDHMP ont facilité cette nouvelle étape, en prenant les dispositions nécessaires pour qu'il puisse participer au salon de Brasilia.

Le succès de la famille Garzon peut être un exemple pour les Palestiniens qui viennent juste de commencer une nouvelle vie dans l'un des rares pays sud-américains menant un programme réinstallation.

Le programme de réinstallation du Brésil a été mis en œuvre dans le cadre du Plan d'Action de Mexico, signé en 2004 par 20 pays de la région.

Par Valéria Graziano à Brasilia, Brésil

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Distinction Nansen pour les réfugiés : de nouvelles ailes pour les Papillons

Dans un coin de Colombie hanté par la violence, un groupe de femmes courageuses mettent leur vie en danger pour venir en aide aux survivantes des déplacements et des abus sexuels. Alors que le pays compte 5,7 millions de personnes déracinées par le conflit, elles vivent dans l'une des villes les plus dangereuses -Buenaventura. Le principal port de Colombie connait l'un des taux de violence et de déplacement les plus élevés en raison des rivalités croissantes entre groupes armés. Pour montrer leur pouvoir ou se venger, les groupes violentent et maltraitent souvent les plus vulnérables - les femmes et les enfants.

Mais à Buenaventura, les femmes qui forment les « Papillons » sont debout et aident les survivantes. Elles offrent un soutien en tête-à-tête aux victimes d'abus et oeuvrent auprès des différentes communautés pour éduquer les femmes, les aider à se prendre en main et faire pression sur les autorités pour défendre leurs droits.

Beaucoup de membres des Papillons ont été déplacées de force au cours des 50 dernières années de conflit ou ont perdu des proches et des amis. Nombreuses ont également connu la violence domestique et sexuelle. C'est cette expérience partagée qui les pousse à poursuivre leur travail en dépit des risques.

A pied ou en bus, Gloria Amparello, Maritza Yaneth Cruz et Mery Medina - trois des coordinatrices des Papillons - parcourent les quartiers les plus dangereux et aident les femmes à accéder aux soins médicaux et psychologiques ou à signaler les crimes. Dans le cadre d'ateliers, elles leur apprennent à connaitre leurs droits et à gagner leur vie. Jusqu'à présent, les bénévoles des Papillons ont aidé plus de 1000 femmes et leurs familles.

Les Papillons jouent désormais un rôle essentiel pour sensibiliser aux niveaux élevés de violence à l'encontre des femmes. Bien qu'elles attirent l'attention des groupes armés, elles organisent des protestations contre les abus envers les femmes dans les rues de leur ville délabrée, déterminées à faire tomber les murs de la peur et du silence.

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Evaluer les besoins des réfugiés au Brésil

Le personnel du HCR a rendu visite et s'est entretenu avec des réfugiés vivant en milieu urbain au Brésil pour évaluer leurs besoins en matière de protection ainsi que ceux d'autres personnes relevant de la compétence du HCR. L'agence pour les réfugiés, conjointement avec des partenaires locaux, mène chaque année cette Evaluation concertée des besoins. Le HCR procède à une approche basée sur l'Intégration de critères d'âge, de genre et de diversité, avec également la participation de minorités et de groupes vulnérables, y compris des femmes, des personnes âgées, des handicapés et d'autres. Cette année, l'évaluation a été menée dans cinq villes - São Paulo, Rio de Janeiro, Brasília, Rio Grande de Sul et Manaus. Les réfugiés ayant pris part à l'évaluation ont indiqué que l'évaluation leur avait permis de partager leurs points de vue, leurs problèmes et de trouver ensemble des solutions avec le HCR et d'autres organisations. D'autres intervenants, y compris des fonctionnaires, des travailleurs humanitaires et des universitaires, ont également participé.

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Lutte contre la menace d'extinction

Parmi les populations indigènes menacées d'extinction en Colombie, certaines se trouvent dans une situation plus risquée encore, comme la tribu Tulé par exemple. Cette population compte seulement 1 200 membres vivant dans trois localités des départements limitrophes de Choco et d'Antiquoia au nord-ouest de la Colombie.

Quelque 500 d'entre eux vivent dans la commune d'Unguia à Choco, une zone stratégiquement importante située à la frontière avec le Panama, où abondent le bois de construction, les minéraux et d'autres ressources naturelles. Malheureusement, ces richesses ont attiré la convoitise des groupes armés illégaux et criminels durant cette dernière décennie.

De nombreux membres de cette tribu avaient alors trouvé refuge au Panama ou ailleurs dans la province de Choco. Toutefois un groupe déterminé d'entre eux a décidé de rester, craignant que la tribu ne survivrait jamais si ses membres quittaient leurs terres ancestrales et s'ils abandonnaient leurs traditions.

Le HCR travaille déjà de longue date sur ces problèmes, et appuie le développement d'une stratégie visant à prévenir le déplacement, ou au moins à assurer que les Tulés ne devront jamais quitter définitivement leur territoire.

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La violence sévissant dans plusieurs régions de la Colombie menace l'existence des populations indigènes dans le pays. Voici le témoignage de l'un de ces groupes, les indigènes Tulé.