De nouvelles conditions d'obtention pour les visas syriens empêchent l'arrivée de la plupart des Iraquiens

Articles d'actualité, 11 septembre 2007

© HCR/M.Bernard
Des réfugiés iraquiens attendant à la frontière d'Al Tanf, en 2004. A cette époque, l'entrée en Syrie était plus facile.

DAMAS, 11 septembre (UNHCR) Le personnel de l'agence des Nations Unies pour les réfugiés en visite à la frontière iraqo-syrienne a constaté que le point de passage était pratiquement désert. Cela fait suite à l'introduction, par le Gouvernement syrien, de nouvelles conditions pour l'obtention de visas, imposées à presque tous les Iraquiens qui souhaitent entrer en Syrie.

Lorsque le personnel de l'UNHCR s'est rendu lundi à la frontière, c'était la première fois depuis des mois, si ce n'est des années, que pratiquement personne n'était en train d'attendre. A l'exception de certaines catégories professionnelles, les Iraquiens doivent désormais demander un visa auprès de l'ambassade syrienne à Bagdad.

« Ces dispositions signifient concrètement qu'il n'y a plus d'endroit sûr pour les Iraquiens fuyant la violence et les persécutions à l'extérieur de l'Iraq. On estime que 2 000 Iraquiens fuient leur foyer chaque jour à l'intérieur du pays, donc nous sommes de plus en plus préoccupés par leur sort, car les alternatives pour qu'ils puissent trouver un abri sûr sont réduites », a déclaré le porte-parole de l'UNHCR, Ron Redmond.

Les détails précis de la nouvelle politique de visas n'ont pas encore été publiés par le Gouvernement syrien. L'UNHCR démarche activement en faveur d'un visa « humanitaire » pour les personnes fuyant la violence et les persécutions.

Selon des informations du Ministère de l'intérieur, du Ministère des affaires étrangères et du Département de l'immigration, les visas sont désormais délivrés pour des raisons d'ordre commercial (avec le soutien de la Chambre de commerce), scientifique (avec le soutien de la Chambre de l'industrie), liées au transport et à l'éducation. Des discussions avec le Ministère de l'éducation indiquent que les familles ayant des enfants scolarisés pourraient bénéficier d'un visa d'un an, mais cette information n'a pas été confirmée.

L'UNHCR a reçu l'assurance de la part de plusieurs autorités gouvernementales que la Syrie n'expulserait pas des réfugiés iraquiens résidant actuellement dans le pays. La Syrie a été bien sûr extrêmement généreuse en acceptant près de 1,4 million d'Iraquiens, avec un soutien international limité.

Il est trop tôt pour dire si la Syrie fera des exceptions à sa politique de visas sur une base humanitaire, en faveur des personnes fuyant la violence et les persécutions.

L'ambassade syrienne à Bagdad se trouve dans le quartier d'Al Mansour, une zone qui continue à être le théâtre de fréquentes violences sectaires. Les Iraquiens ont dit à l'UNHCR qu'ils seraient en danger de mort s'ils étaient obligés de se rendre dans ce quartier pour demander un visa.

Entre-temps, Adel Imam, l'ambassadeur de bonne volonté de l'UNHCR, est arrivé en Syrie pour une visite de deux jours. L'acteur veut se rendre compte par lui-même du sort de centaines de milliers de familles déracinées par le conflit en cours en Iraq.

Il est prévu qu'Adel Imam rencontre mardi l'épouse du Président syrien, les ministres de l'éducation, de la culture et de l'information, le Ministre adjoint des affaires étrangères ainsi que le Président du Croissant-Rouge arabe syrien.

Adel Imam va aussi rencontrer des réfugiés iraquiens dans le centre d'enregistrement de l'UNHCR de Douma et dans les dispensaires du Croissant-Rouge arabe syrien. La visite d'Adel Imam coïncide avec la rentrée scolaire en Syrie, où un nombre nettement plus élevé d'enfants iraquiens s'est inscrit dans les écoles publiques. L'ambassadeur de bonne volonté va également participer à la campagne de l'UNHCR en faveur du retour à l'école, qui encourage les réfugiés iraquiens à inscrire leurs enfants.

Fin juillet, l'UNHCR et l'UNICEF ont lancé un appel commun de 129 million de dollars afin de remettre sur le chemin de l'école quelque 155 000 jeunes réfugiés iraquiens à travers tout le Moyen-Orient. L'agence des Nations Unies pour les réfugiés estime que plus de 4,2 millions d'Iraquiens ont quitté leur foyer, dont deux millions se sont rendus dans des pays voisins et 2,2 millions sont déplacés à l'intérieur de l'Iraq.

Par Sybella Wilkes à Damas

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La rentrée scolaire des enfants iraquiens en Syrie

L'UNHCR a pour objectif d'aider 25 000 enfants réfugiés à retourner à l'école en Syrie, en soutenant financièrement leurs familles et en leur fournissant des uniformes et du matériel scolaire. Environ 1,4 million d'Iraquiens sont réfugiés en Syrie ; la plupart ont fui l'extrême violence sectaire déclenchée par le bombardement de la Mosquée d'Or de Samarra en 2006.

Pour de nombreux parents réfugiés iraquiens, l'éducation est une priorité d'une importance équivalente à celle de la sécurité. En Iraq, à cause de la violence et des déplacements forcés, les enfants iraquiens n'allaient pas régulièrement à l'école et nombre d'enfants réfugiés ont manqué une bonne partie de leur scolarité. Bien que l'éducation soit gratuite en Syrie, des frais pour l'achat de fournitures, d'uniformes et les frais de transport ne permettent pas d'accéder à l'éducation. Par ailleurs, de nombreux enfants réfugiés sont contraints de travailler plutôt que de fréquenter l'école, pour subvenir aux besoins de leur famille.

Afin d'encourager les familles iraquiennes défavorisées à inscrire leurs enfants à l'école, l'UNHCR prévoit d'aider financièrement au moins 25 000 enfants en âge d'être scolarisés et de fournir des uniformes, des livres et des fournitures scolaires aux réfugiés iraquiens enregistrés auprès de l'agence. L'UNHCR va également informer les réfugiés sur leur droit d'envoyer leurs enfants à l'école, et soutiendra les programmes d'ONG en faveur des enfants qui travaillent.

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Les Libanais de retour reçoivent de l'aide

Les équipes de l'UNHCR ont commencé dès la deuxième quinzaine d'août 2006 à distribuer de l'aide humanitaire dans les villages meurtris du sud du Liban. Des tentes, des bâches en plastique et des couvertures sont distribuées aux personnes les plus vulnérables. Le matériel de l'UNHCR provient des entrepôts de Beyrouth, Saïda et Tyr, et continue d'arriver au Liban par voie aérienne, maritime et par camion.

Bien que 90 pour cent des personnes déplacées soient rentrées chez elles dans les premiers jours qui ont suivi le cessez-le-feu du 14 août, de nombreux Libanais n'ont pas pu regagner leur foyer et sont hébergés chez des proches ou dans des abris publics, tandis que quelques milliers sont restés en Syrie.

Depuis le début de la crise à la mi-juillet, l'UNHCR a acheminé 1 553 tonnes de matériel de secours en Syrie et au Liban pour venir en aide aux victimes du conflit. Cela représente environ 15 000 tentes, 154 510 couvertures, 53 633 matelas et 13 474 kits de cuisine. L'agence pour les réfugiés a également importé 5 camions et 15 autres sont en route.

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Réfugiés non-iraquiens en Jordanie : La vie dans un camp isolé du désert, sans aucune solution en vue

Suite à la chute du régime de Saddam Hussein en 2003, des groupes de réfugiés vivant en Iraq depuis de nombreuses années ont tenté de fuir le désordre et l'anarchie. Des centaines de personnes ont fui vers la frontière jordanienne, des Palestiniens depuis Bagdad et des Kurdes iraniens depuis le camp d'Al Tash dans le centre de l'Iraq.

A l'exception de quelques Palestiniens ayant pu rejoindre des proches en Jordanie, les réfugiés se sont vus refuser l'entrée et la libre circulation dans ce pays. Des milliers d'entre eux se sont alors retrouvés bloqués dans le no man's land entre l'Iraq et la Jordanie, ou dans le camp de Ruweished, situé dans le désert à 60 kilomètres à l'intérieur du pays.

Depuis 2003, des Palestiniens, des Kurdes iraniens, des Iraniens, des Soudanais et des Somaliens vivent dans ce désert jordanien. Ils subissent des conditions climatiques extrêmes : la chaleur torride en été et le froid glacial en hiver. L'UNHCR et ses partenaires ont distribué des tentes et des biens de secours. L'agence pour les réfugiés a tenté de trouver des solutions - en participant à la réinstallation de plus de 1 000 personnes dans des pays tiers. Début 2007, 119 personnes - pour la plupart des Palestiniens - étaient encore présentes au camp de Ruweished, sans aucune solution immédiate en vue.

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Durant sa récente mission au Moyen-Orient, l'Emissaire du HCR Angelina Jolie a rencontré des déplacés et des rapatriés iraquiens à Bagdad.
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L'Emissaire spéciale du HCR Angelina Jolie et le chef de l'agence pour les réfugiés António Guterres rencontrent des réfugiés syriens en Jordanie et écoutent leurs témoignages déchirants.
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On compte plus de 350 installations de déplacés internes en Iraq. Les conditions de vie sont désastreuses dans la plupart d'entre elles.