Le HCR aide les rapatriés à reconstruire leur vie, avec le retour de la stabilité en Tchétchénie

Articles d'actualité, 5 septembre 2007

© HCR/T.Makeeva
L'UNHCR continue à aider les déplacés internes en Tchétchénie, tandis que le pays se rétablit lentement après les conflits. Ici, deux Tchétchènes reçoivent des conseils juridiques assurés par une organisation partenaire de l'UNHCR.

GROZNY, Tchétchénie, 5 septembre (UNHCR) En début d'année, un Tupolev bimoteur-134 a atterri à Grozny. C'était le premier vol civil commercial à atterrir dans la capitale tchétchène depuis 1999. Le 8 mars, les autorités ont salué cet atterrissage, le considérant comme une preuve de la fin du conflit dans cette république de la Fédération de Russie.

En effet, il y a certaines raisons d'être optimiste la situation sécuritaire s'est améliorée, l'économie montre des signes de rétablissement, et la majorité des personnes d'ethnie tchétchène qui avait fui leurs foyers pendant les deux guerres est maintenant rentrée. Cependant, malgré ces progrès, il reste toujours des difficultés considérables, et l'agence des Nations Unies pour les réfugiés aide les rapatriés et les déplacés à faire face à de nouveaux obstacles.

« La situation humanitaire s'est considérablement améliorée dans la région. La situation s'est stabilisée et cela est maintenant une réalité, des changements positifs et concrets ont pris place, particulièrement en Tchétchénie », remarque Jo Hegenauer, chef du bureau de l'UNHCR dans la république voisine d'Ossétie du Nord.

« Il y a eu de grands changements », approuve Marem Dikaeva *, une résidente d'un centre d'hébergement temporaire pour personnes déplacées à Grozny. « Nous n'avons plus peur de sortir de chez nous. Avant, je redoutais de laisser sortir mes enfants pour aller voir des copains », ajoute-t-elle.

Les souvenirs de terreur et destruction restent nets dans la mémoire de ceux qui ont vécu les guerres de 1994 et 1999. « La maison toute entière et même la cave [dans notre habitation familiale de Grozny] tremblaient à cause des bombes », se souvient Lecha Abazov *, qui a passé plus de sept ans dans un camp pour déplacés internes dans l'Ingouchie voisine.

« Un sniper m'a tiré dessus mais, heureusement, ses balles ne m'ont pas atteint. Ensuite des soldats m'ont utilisé comme bouclier humain. Ils m'ont forcé à descendre dans des caves où ils suspectaient que des combattants tchétchènes se cachaient », a ajouté cet homme, âgé de 68 ans.

Il faisait partie des centaines de milliers de personnes qui ont cherché refuge ailleurs en Tchétchénie, dans d'autres régions de la Fédération de Russie ou à l'étranger. Cependant, alors que Lecha Abazov a décidé de rester en Ingouchie, la plupart des déplacés internes rentrent chez eux.

Aujourd'hui, on compte encore quelque 15 000 déplacés tchétchènes en Ingouchie, en comparaison des 240 000 en janvier 2000, et quelque 30 000 déplacés au sein même de la Tchétchénie, en comparaison des 170 000 personnes déplacées il y a sept ans. Par ailleurs, environ 6 500 déplacés tchétchènes se trouvent en République du Daghestan.

Malgré l'étendue des dommages matériels, on peut voir des signes tangibles du renouveau économique. Parallèlement au retour des personnes déplacées, le rythme de la reconstruction s'accélère, avec des immeubles en construction partout dans Grozny. En début d'année, les autorités ont annoncé des projets pour construire des logements pour quelque 3 000 familles déplacées qui vivent actuellement dans des centres d'hébergement temporaire.

Parallèlement, les projets de l'UNHCR à impact rapide aident des rapatriés en Tchétchénie, ainsi que les déplacés tchétchènes dans les républiques voisines, à créer de petites entreprises.

Les organisations partenaires de l'agence pour les réfugiés assurent un conseil juridique gratuit et un suivi psychologique pour la population, incluant les rapatriés et les personnes toujours déplacées en Tchétchénie. Les questions portent sur des sujets allant des documents d'identité, des compensations pour la perte de logement et de terrain aux démarches dans les tribunaux civils et criminels.

Cependant, des problèmes majeurs subsistent en Tchétchénie et dans les républiques voisines. En avril, l'UNHCR et d'autres agences des Nations Unies se sont retirées de l'Ingouchie après qu'une roquette ait atteint leur enceinte conjointe dans la ville de Nazran. Les bureaux restent fermés et l'incident a montré que la sécurité reste un problème.

Les abus des droits de l'homme et les problèmes de mise en œuvre de la législation notamment pour l'application des peines décidées par un tribunal sont aussi des sources de préoccupation.

« Bien que les statistiques montrent que le nombre de violations de droits de l'homme a considérablement baissé en Tchétchénie, on observe encore des violations des droits de l'homme dans cette république », a indiqué un délégué d'une organisation pour les droits de l'homme en Tchétchénie. Cela comprend de la torture, des exécutions arbitraires, des enlèvements et des disparitions forcées.

« Le développement d'un véritable système de droit et d'ordre est la condition fondamentale pour trouver des solutions plus efficaces aux problèmes des réfugiés et des déplacés », a indiqué le Haut Commissaire pour les réfugiés António Guterres durant une visite en Tchétchénie l'année dernière.

* Noms fictifs

Par William Spindler à Grozny, Tchétchénie

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Ingouchie

Lorsque le conflit a éclaté entre troupes gouvernementales et forces rebelles en Tchétchénie, en 1999, plus de 200 000 personnes ont fui, la plupart vers l'Ingouchie voisine. En décembre 2003, quelque 62 000 déplacés internes de Tchétchénie s'entassaient encore dans des installations temporaires ou des logements privés. Ceux qui vivaient dans les installations temporaires étaient continuellement menacés d'expulsion par des propriétaires désireux de récupérer leurs bâtiments.

Environ 7900 autres Tchétchènes et Ingouches déplacés de Tchétchénie vivaient en outre dans les camps de Satsita, Sputnik et Bart.

Les autorités russes ne cessaient d'appeler à la fermeture des camps et au retour des personnes déplacées de Tchétchénie. Trois camps avaient fermé au cours de 2003 - le camp Iman à Aki Yurt, le camp B " Bella " et le camp A " Alina ", les trois autres ont fermé entre mars et juin 2004. Il n'est resté, aux 52 000 déplacés qui ne voulaient pas retourner en Tchétchénie, que l'option de se trouver un abri dans des installations temporaires en Ingouchie ou dans des logements privés.

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