Les scouts ont un aperçu de la vie des réfugiés lors de leur jamboree mondial

Articles d'actualité, 8 août 2007

© HCR/C.Graham
Ces Scouts, dont les yeux ont été bandés, se tiennent la main pour éviter de se perdre; ils jouent le rôle de réfugiés tentant de passer furtivement une frontière de nuit.

CHELMSFORD, Angleterre, 8 août (UNHCR) Le jeune scout est à des kilomètres de sa maison, au Portugal. Jusqu'à présent, il s'est bien amusé, mais paraît maintenant décontenancé. Sans nourriture, sans abri, sans école, sans liberté. Son seul cordon de sécurité est d'être capable de parler la langue. Comment va-t-il survivre ?

Plus loin dans la queue se trouve un adolescent venu d'Inde, scout lui aussi, qui semble en revanche fort content de lui. Il n'a peut-être pas de connaissances linguistiques, mais il a de la nourriture, un abri et la liberté. « Et, comme j'ai accès à l'éducation, je peux apprendre une langue ! », dit-il, sur un ton triomphant.

Alors que 40 000 scouts s'apprêtent à disperser le camp de leur jamboree mondial à Chelmsford, organisé à l'occasion du centenaire du scoutisme, certains membres de cette organisation dont la devise est pourtant « Etre prêt » (« Be prepared ») semble moins bien équipés qu'on ne pourrait s'y attendre. Quelle raison se cache derrière cette énigme ?

Par chance, ces besoins « élémentaires » auxquels tentent de faire face ces scouts ne sont, en réalité, que des ballons il s'agit de l'un des jeux que l'agence des Nations Unies pour les réfugiés, a organisé, avec son partenaire local STAR (Student Action for Refugees), lors du jamboree, pour amener les scouts à réfléchir aux problèmes des réfugiés et envisager la façon dont ils peuvent coopérer avec l'UNHCR pour aider les réfugiés.

Outre le jeu du ballon, au cours duquel les joueurs deviennent des réfugiés dans un territoire nouveau et doivent jongler avec leurs « besoins essentiels » en tentant de faire de leur mieux, les scouts ont eu la possibilité d'avoir une idée de ce que l'on peut ressentir lorsqu'on est contraint de fuir sa maison, grâce à une brève diffusion, en avant-première, du jeu sur ordinateur de l'UNHCR intitulé « Against All Odds ». Les visiteurs du jamboree ont aussi pu dessiner leurs empreintes de la main sur des affiches pour montrer leur soutien en faveur des droits des réfugiés.

Thomas, un scout français de 20 ans qui s'est porté volontaire pour aider l'UNHCR lors du jamboree, parle du succès de ce stand : « Les scouts nous ont dit qu'ils préféraient notre stand car à travers les jeux, ils peuvent apprendre quelque chose. Les jeux, c'est ce qu'il y a de mieux, car les gens se rappellent de ce qu'ils ont appris. »

Alors que le stand attire la foule le long d'une des avenues principales du jamboree, plus loin vers la colline, dans une tente sous les arbres, l'UNHCR et STAR organisent, deux fois par jour, des ateliers pour des groupes de 25 à 50 scouts. Cette activité, qui a beaucoup de succès, utilise le jeu de rôle « Passages », dans lequel chaque participant est forcé à fuir sa maison et à chercher refuge dans un autre pays.

Les organisateurs du jeu invitent les scouts à se mettre en file, en se tenant par la main les yeux bandés, pour ensuite tendre des cordes entre les troncs d'arbres lorsqu'ils tentent de traverser les frontières dans la nuit. Les scouts doivent alors déchiffrer des formes en lisant un message sans queue ni tête, puis négocier avec des garde-frontières indifférents et de mauvaise humeur pour faire passer toute leur famille, même les « malades » et les « blessés », de l'autre côté de la frontière, dans les camps aux ressources insuffisantes.

« Je ne me rendais pas compte que c'était si horrible », dit une jeune scoute francophone en provenance de Belgique. « Il ne devraient pas y avoir de réfugiés », ajoute son « frère », un scout grec, « et s'il y en a, nous devrions les accueillir et les aider jusqu'à ce qu'ils trouvent du travail. »

Une fois toutes les activités terminées, les volontaires de l'UNHCR/STAR ont donné aux scouts la possibilité de parler de leur expérience, de ce qu'ils avaient appris et ressenti, et de comment les scouts pouvaient aider les réfugiés dans leur pays.

« Le mieux, c'est quand les scouts ont appris quelque chose sur les réfugiés et disent vouloir agir pour les aider », dit Thomas, un des cinq scouts volontaires à avoir travaillé au stand de l'UNHCR, avec leurs homologues de l'UNHCR/STAR.

« Certains d'entre eux sont déjà actifs dans ce domaine. Des scouts de Colombie nous ont raconté qu'ils jouent au football avec des enfants déplacés ; d'autres au Portugal distribuent des colis de nourriture ; et un scout du Sri Lanka nous a dit qu'il avait donné de la nourriture et des couvertures aux gens après le tsunami de 2004 », dit-il.

Et que fera Thomas une fois de retour en France, après avoir remballé tout le stand ? « Je dois me concentrer sur mes études », répond-t-il, « mais de temps en temps je lirai le site internet de l'UNHCR pour voir si on a besoin de moi. »

Ces derniers dix jours, environ 2 500 scouts provenant de pays aussi variés que la Norvège, la Nouvelle Zélande, le Brésil ou le Bangladesh ont participé à une ou plusieurs activités de l'UNHCR à l'occasion du jamboree. Il s'agissait de la toute dernière initiative lancée grâce à la collaboration de l'UNHCR et de l'Association mondiale des scouts, dans le cadre d'un partenariat qui dure depuis plusieurs années. Pour célébrer le centième anniversaire des scouts, l'UNHCR a créé un site « scouts en ligne » qui comprend des jeux jamboree, des idées s'adressant aux jeunes qui veulent s'investir et des informations sur la façon dont les scouts ont aidé l'UNHCR dans le passé.

Par Clare Graham à Chelmsford, Angleterre

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