Le HCR déplore l'expulsion de 135 Iraquiens par la Turquie

Articles d'actualité, 26 juillet 2007

© HCR

GENEVE, 26 juillet (UNHCR) L'agence des Nations Unies pour les réfugiés est très inquiète après avoir reçu des informations selon lesquelles les autorités turques ont expulsé 135 Iraquiens vers leur pays, bien que certains parmi eux pourraient avoir demandé l'asile.

Compte tenu de la situation actuelle en Iraq, l'UNHCR a fait part de son extrême inquiétude quant à leur sécurité. Aucune information n'est actuellement disponible sur le lieu où ils se trouvent.

En décembre dernier, l'UNHCR a publié un avis consultatif recommandant aux pays de n'expulser aucun Iraquien originaire du centre ou du sud de l'Iraq sans une amélioration conséquente de la situation sécuritaire et des droits de l'homme dans ce pays. Selon cet avis, personne ne devrait par ailleurs être expulsé dans les trois gouvernorats du nord sans en être originaire.

Ces 135 personnes ont été arrêtées à Urla, près d'Izmir, au début du mois. Elles faisaient partie d'un groupe de 500 personnes, pour la plupart des Iraquiens, des Palestiniens, des Sri-Lankais et des Afghans qui allaient quitter la Turquie irrégulièrement.

« L'UNHCR a noté que certaines des personnes expulsées avaient fait une demande d'asile. Si cela est confirmé, les expulsions seraient sans conteste une violation du principe de non-refoulement, selon lequel aucun réfugié ou demandeur d'asile, dont le cas n'a pas encore été correctement évalué, ne peut être contraint de retourner dans un pays où sa vie ou sa liberté peut être en danger », a précisé l'UNHCR dans un communiqué. « Le refoulement est explicitement interdit par la Convention de 1951 relative au statut des réfugiés et il est également contraire au droit international coutumier. »

Parallèlement, l'UNHCR a demandé une clarification urgente au Gouvernement turc sur les événements qui ont conduit à ces expulsions, ainsi que toute autre information sur le sort des personnes déportées. L'UNHCR a également demandé des assurances selon lesquelles, à l'avenir, les personnes ayant besoin de protection internationale seront traitées par la Turquie dans le plein respect des lois internationales et des obligations légales nationales.

Par ailleurs, l'UNHCR demande au Gouvernement turc d'entamer une procédure d'asile pour les autres personnes de ce groupe qui ont exprimé des craintes quant à leur retour vers leur pays d'origine. L'UNHCR est heureux que le Gouvernement turc ait accepté de mener une procédure initiale conjointe de sélection avec l'UNHCR pour identifier les personnes de ce groupe qui souhaiteraient demander l'asile.

Le 18 décembre 2006, l'UNHCR a publié un avis consultatif sur les besoins de protection internationale des Iraquiens hors d'Iraq, que nous avions communiqué au Ministère des affaires étrangères de la République de Turquie. L'UNHCR note que la situation générale en Iraq peut être caractérisée par des violences généralisées et comme l'une de celles où les violations massives et ciblées des droits de l'homme sont des plus courantes.

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La rentrée scolaire des enfants iraquiens en Syrie

L'UNHCR a pour objectif d'aider 25 000 enfants réfugiés à retourner à l'école en Syrie, en soutenant financièrement leurs familles et en leur fournissant des uniformes et du matériel scolaire. Environ 1,4 million d'Iraquiens sont réfugiés en Syrie ; la plupart ont fui l'extrême violence sectaire déclenchée par le bombardement de la Mosquée d'Or de Samarra en 2006.

Pour de nombreux parents réfugiés iraquiens, l'éducation est une priorité d'une importance équivalente à celle de la sécurité. En Iraq, à cause de la violence et des déplacements forcés, les enfants iraquiens n'allaient pas régulièrement à l'école et nombre d'enfants réfugiés ont manqué une bonne partie de leur scolarité. Bien que l'éducation soit gratuite en Syrie, des frais pour l'achat de fournitures, d'uniformes et les frais de transport ne permettent pas d'accéder à l'éducation. Par ailleurs, de nombreux enfants réfugiés sont contraints de travailler plutôt que de fréquenter l'école, pour subvenir aux besoins de leur famille.

Afin d'encourager les familles iraquiennes défavorisées à inscrire leurs enfants à l'école, l'UNHCR prévoit d'aider financièrement au moins 25 000 enfants en âge d'être scolarisés et de fournir des uniformes, des livres et des fournitures scolaires aux réfugiés iraquiens enregistrés auprès de l'agence. L'UNHCR va également informer les réfugiés sur leur droit d'envoyer leurs enfants à l'école, et soutiendra les programmes d'ONG en faveur des enfants qui travaillent.

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Réfugiés non-iraquiens en Jordanie : La vie dans un camp isolé du désert, sans aucune solution en vue

Suite à la chute du régime de Saddam Hussein en 2003, des groupes de réfugiés vivant en Iraq depuis de nombreuses années ont tenté de fuir le désordre et l'anarchie. Des centaines de personnes ont fui vers la frontière jordanienne, des Palestiniens depuis Bagdad et des Kurdes iraniens depuis le camp d'Al Tash dans le centre de l'Iraq.

A l'exception de quelques Palestiniens ayant pu rejoindre des proches en Jordanie, les réfugiés se sont vus refuser l'entrée et la libre circulation dans ce pays. Des milliers d'entre eux se sont alors retrouvés bloqués dans le no man's land entre l'Iraq et la Jordanie, ou dans le camp de Ruweished, situé dans le désert à 60 kilomètres à l'intérieur du pays.

Depuis 2003, des Palestiniens, des Kurdes iraniens, des Iraniens, des Soudanais et des Somaliens vivent dans ce désert jordanien. Ils subissent des conditions climatiques extrêmes : la chaleur torride en été et le froid glacial en hiver. L'UNHCR et ses partenaires ont distribué des tentes et des biens de secours. L'agence pour les réfugiés a tenté de trouver des solutions - en participant à la réinstallation de plus de 1 000 personnes dans des pays tiers. Début 2007, 119 personnes - pour la plupart des Palestiniens - étaient encore présentes au camp de Ruweished, sans aucune solution immédiate en vue.

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Réfugiés palestiniens en Iraq : Pas de solution en vue pour les 15 000 Palestiniens en Iraq

Depuis la chute du régime de Saddam Hussein en Iraq en 2003, les réfugiés palestiniens vivant à Bagdad sont devenus de plus en plus fréquemment les cibles d'arrestations, d'enlèvements, de menaces et d'assassinats, les incitant à fuir la capitale par milliers.

Il reste encore environ 15 000 Palestiniens en Iraq - ils étaient plus du double en 2003. Ils vivent constamment dans la peur, et beaucoup d'entre eux n'ont pas de documents en règle. Ceux qui tentent de s'échapper et atteindre les frontières syrienne et jordanienne sont de plus en plus exposés au danger. Des centaines d'entre eux sont bloqués à la frontière entre l'Iraq et la Syrie : ils ne peuvent pas traverser la frontière, et ont trop peur de retourner en Iraq. Ceux qui réussissent à quitter l'Iraq le font souvent dans l'illégalité.

Un effort humanitaire international est requis d'urgence afin de trouver une solution temporaire pour les Palestiniens. L'UNHCR a maintes fois fait appel à la communauté internationale et aux pays limitrophes pour qu'ils accueillent les Palestiniens. L'agence pour les réfugiés a également contacté des pays susceptibles de proposer des solutions de réinstallation, mais seuls le Canada et la Syrie ont répondu favorablement. La Syrie a depuis fermé ses frontières aux autres Palestiniens désespérés.

L'UNHCR plaide également en faveur d'une meilleure protection de la communauté palestinienne à l'intérieur de l'Iraq.

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L'auteur de best-sellers internationaux et Ambassadeur de bonne volonté du HCR Khaled Hosseini s'est rendu pour la première fois au nord de l'Iraq cette semaine pour rendre visite aux réfugiés syriens qui y ont trouvé refuge. Khaled Hosseini est lui-même un ancien réfugié afghan. Il est l'auteur de plusieurs best-sellers comme « Les cerfs-volants de Kaboul » et « mille soleils splendides ». Il s'est entretenu avec de nombreux réfugiés durant sa visite, y compris Payman qui est âgée de 16 ans. Cette jeune auteure très ambitieuse est très frustrée car pour le moment elle ne peut pas aller à l'école.
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Plus de 10 000 réfugiés syriens ont afflué vers la ville d'Akcakale au sud de la Turquie. Akcakale est une ville de 30 000 habitants, qui est désormais voisine d'un camp de plus de 30 000 réfugiés syriens qui sont arrivés en quête de sécurité.
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En Turquie, on compte plus de 650 000 réfugiés syriens. Quelque 200 000 d'entre eux sont hébergés dans des camps de réfugiés le long de la frontière. Mais plus de 460 000 réfugiés vivent dans des conditions plus précaires en milieu urbain, beaucoup d'entre eux dans la ville d'Urfa au sud du pays. Abdul témoigne sur les difficultés de la vie en ville.