Des réfugiés érythréens quittent l'Ethiopie pour commencer une nouvelle vie aux Etats-Unis

Articles d'actualité, 5 juillet 2007

© HCR/K.Gebre Egziabher
Nagasi Gorado Becho et sa famille sont prêts à quitter l'Ethiopie et à commencer une nouvelle vie aux Etats-Unis.

ADDIS-ABEBA, Ethiopie, 5 juillet (UNHCR) L'agence des Nations Unies pour les réfugiés a débuté le rapatriement aérien de quelque 700 réfugiés érythréens d'origine kunama vers les Etats-Unis. Un premier groupe de 29 personnes a ainsi pu quitter Addis-Abeba après des années d'exil dans le nord de l'Ethiopie.

Les réfugiés ont quitté le camp de Shimelba un peu plus tôt cette semaine et ont pris l'avion pour rejoindre la capitale éthiopienne mercredi soir, après une session de préparation au départ donnée par l'Organisation internationale pour les migrations (OIM), qui s'occupe de l'organisation logistique de cette opération de rapatriement.

Les 700 réfugiés qui doivent être réinstallés aux Etats-Unis ont été déplacés par la guerre frontalière survenue entre 1998 et 2000 entre leur pays d'origine, l'Erythrée, et l'Ethiopie. L'opération, qui bénéficie du soutien de l'UNHCR, devrait se poursuivre jusqu'en septembre. Les Kunamas se rendront dans plusieurs villes américaines, dont Atlanta, Orlando, Seattle et Las Vegas.

Ces réfugiés font partie d'un important groupe ethnique, essentiellement rural et composé de quelque 100 000 individus, qui résident le long de la frontière disputée séparant l'Erythrée et l'Ethiopie. Ils ont traversé cette dernière pour se rendre en Ethiopie, se plaignant d'être victimes de persécutions et de harcèlement de la part du Gouvernement érythréen.

Nagasi Gorado Becho part pour Atlanta avec sa famille, qui compte cinq personnes au total, dont sa fille de sept ans née dans le camp de Shimelba. « Si j'ai choisi de partir plus loin, ce n'est pas parce que je n'aime pas mon pays, mais parce que je ne peux pas y rentrer pour le moment », explique cet homme de 45 ans, alors qu'il s'apprête à prendre part au premier vol de l'opération.

Sa femme, Tokko Masso Anduku, est impatiente de débuter leur nouvelle existence de l'autre côté de l'Atlantique. « Certains amis qui ont été réinstallés il y a quelques temps apprécient beaucoup la vie aux Etats-Unis et je suis impatiente d'avoir de meilleures opportunités d'emploi et d'éducation sur place. »

Mais elle éprouve aussi une certaine appréhension. « Nous ne sommes que des paysans illettrés. La nécessité de s'adapter à un style de vie moderne, dans une communauté qui parle une langue que nous ne comprenons pas, m'inquiète beaucoup », dit-elle. Elle espère que son beau-fils, qui parle anglais, pourra bientôt les rejoindre et faciliter la vie de la famille.

L'UNHCR a établi que ces 700 Kunamas ne pouvaient pas rentrer dans des conditions de sécurité et de dignité satisfaisantes et que la réinstallation constituait, pour eux, la solution la plus adaptée. Les personnes qui sont parties mercredi et celles qui vont les suivre vont toutes participer à des programmes complets d'orientation destinés à faciliter leur adaptation à une culture nouvelle, qui leur est tout à fait étrangère.

Aujourd'hui, près de 1 300 réfugiés kunamas se trouvent en Ethiopie, mais seule une partie d'entre eux veut être réinstallée aux Etats-Unis.

Plusieurs centaines ont retiré leurs demandes de réinstallation, apparemment en raison de liens de parenté très forts et du désir de rester près des terres de leurs ancêtres. Ils espèrent qu'une solution politique durable sera trouvée un jour, leur permettant ainsi de rentrer chez eux.

Par Kisut Gebre Egziabher à Addis-Abeba, Ethiopie

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Manuel de réinstallation du HCR

Un document de référence dans l'élaboration des critères régissant la réinstallation et des différentes approches en matière de politique de réinstallation.

Réinstallation

Cette alternative, offerte à ceux qui ne peuvent pas rentrer chez eux, est rendue possible par le HCR et les gouvernements.

Nouvelles arrivées en Ethiopie

La contrée isolée de Dolo Ado devient le refuge de quelque 10 000 Somaliens fuyant la violence dans leur pays.

Depuis le début de l'année, environ 10 000 Somaliens ont traversé la frontière en quête de refuge et ils sont arrivés à Dolo Ado, un lieu isolé, brûlé par le soleil et situé au sud-est de l'Ethiopie - où les habitants sont majoritairement de l'ethnie somali. La plupart ont fui l'insécurité après le retrait des troupes éthiopiennes du centre et du sud de la Somalie et la reprise de ces régions par des insurgés. Au pic de l'afflux au début du mois de février 2009, quelque 150 personnes franchissaient la frontière chaque jour. En réponse à cette situation, une équipe d'urgence du HCR a été envoyée sur place pour aider à gérer un centre de transit à Dolo Ado. De plus, le HCR a fait parvenir des convois contenant des articles de secours, y compris des moustiquaires, des couvertures, des jerrycans, des batteries d'ustensiles de cuisine et des bâches en plastique. Les efforts humanitaires sont coordonnés avec d'autres agences des Nations Unies et des ONG pour assurer que les besoins sont satisfaits. Bien que de nombreux Somaliens déplacés à l'intérieur du sud et du centre de la Somalie ont commencé à rentrer, principalement vers Mogadiscio, de nombreux Somaliens restent à Dolo Ado car ils ont besoin de protection. Etant donné les faibles perspectives de rapatriement dans un avenir proche, un nouveau camp est actuellement en cours de préparation et les cas des réfugiés sont maintenant examinés.

Nouvelles arrivées en Ethiopie

Camp de Bonga, Ethiopie

Le camp de Bonga est situé dans la région tourmentée de Gambella, à l'ouest de l'Éthiopie. Contrairement au camp de Fugnido et à la ville de Gambella toute proche, il a été épargné par les conflits ethniques qui ont fait des ravages ces derniers mois.

Pour les 17 000 réfugiés soudanais du camp de Bonga, la vie poursuit son cours malgré les troubles dans la région. Les enfants réfugiés vont à l'école et jouent tandis que leurs parents améliorent l'aide fournie par l'UNHCR en participant à des projets d'autosuffisance.

La vie culturelle n'est pas en reste, avec notamment les cérémonies traditionnelles de la tribu majoritaire Uduk. D'autres communautés ethniques - les Shuluks, les Nubas et les Équatoriens - se sont aussi bien intégrés dans le camp, comme en témoigne la réception réservée aux nouveaux arrivants transférés de Fugnido à la fin 2002.

Camp de Bonga, Ethiopie

Golfe d'Aden : Péril en mer

Chaque année, des milliers de personnes venues de toute la région de la Corne de l'Afrique - principalement des Somaliens et des Ethiopiens - quittent leurs maisons, poussées par la peur ou par pur désespoir, en quête de sécurité ou d'une vie meilleure. Ces populations empruntent des routes dangereuses en Somalie pour se rendre à Bossasso, une ville de la région semi-autonome du Puntland.

Dans cette zone de non-droit où des réseaux de passeurs règnent en maîtres, des civils innocents et désespérés payent jusqu'à 150 dollars pour effectuer la traversée périlleuse du golfe d'Aden.

Certains restent des semaines dans des maisons ou des abris temporaires à Bossasso avant de pouvoir partir, soudainement au milieu d'une nuit, entassés dans de petites embarcations de fortune. En mer, tout peut se passer, ils sont à la merci des passeurs. Certains sont battus, poignardés, tués ou jetés par-dessus bord. D'autres se noient avant d'arriver sur les plages du Yémen, qui sont devenues des cimetières de fortune pour certains de ceux qui sont morts en route.

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Ethiopie : Loin de chez soiPlay video

Ethiopie : Loin de chez soi

Nyabuka Lam est Sud-Soudanaise et elle est arrivée à Pagak, en Ethiopie, en septembre après avoir échappé à des hommes armés qui ont tué ses trois enfants et son mari dans son pays d'origine. Après avoir marché pendant 15 jours en quête de sécurité vers Pagak, elle est désormais en voie de recommencer une nouvelle vie.
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Ethiopie : Arrivée de réfugiés somaliens

Cette région reculée et desséchée, au sud-est de l'Ethiopie, a reçu un afflux massif de réfugiés somaliens, dont beaucoup souffrent de malnutrition et font des récits tragiques.
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Ethiopie : Tout seuls

Des enfants jouent au football et semblent heureux et insouciants. En fait, ils sont réfugiés et un grand nombre d'entre eux sont non accompagnés. Ils sont confrontés à de nombreux problèmes.