La Mauritanie prête à autoriser 20 000 réfugiés à rentrer du Mali et du Sénégal

Articles d'actualité, 22 juin 2007

© HCR/L.Geslin
Une mère mauritanienne et ses enfants devant leur abri de fortune au Sénégal.

GENEVE, 22 juin (UNHCR) L'agence des Nations Unies pour les réfugiés a salué vendredi la décision du Gouvernement mauritanien d'autoriser quelque 20 000 réfugiés à rentrer chez eux depuis le Mali et le Sénégal voisins, où certains ont passé presque vingt ans en exil. La décision mauritanienne a coïncidé avec l'édition 2007 de la Journée mondiale du réfugié, qui était célébrée mercredi.

« L'UNHCR est très satisfait de ce développement et nous allons travailler étroitement avec toutes les parties concernées pour assurer un retour en douceur, dans la dignité et la sécurité, de tous ceux qui choisissent cette option », a indiqué Radhouane Nouicer, le directeur de l'UNHCR pour le Moyen-Orient et l'Afrique du Nord, depuis Genève.

Dans les prochaines semaines, l'agence pour les réfugiés va mettre au point les modalités de retour avec les gouvernements de Mauritanie, du Sénégal et du Mali ainsi qu'avec les réfugiés. Parallèlement, l'UNHCR va évaluer la situation des personnes désirant rentrer depuis le Mali et le Sénégal et les enregistrer.

En 1989, une dispute de longue date entre la Mauritanie et le Sénégal sur les limites de leur frontière commune a dégénéré en violences ethniques. Des dizaines de milliers d'habitants du sud de la Mauritanie ont fui vers le Sénégal et le Mali, alors que de nombreux citoyens maures du Sénégal ont rejoint la Mauritanie.

Beaucoup d'entre eux sont rentrés spontanément vers les deux pays depuis 1989, mais un nombre considérable reste encore réfugié. Ils attendent le bon moment pour rentrer avec une assistance et des garanties concernant leur sécurité.

La plupart des réfugiés mauritaniens habitent dans des installations de fortune situées sur une bande de 600 kilomètres le long de la vallée du fleuve Sénégal, qui borde la Mauritanie. Au Mali, la plupart des réfugiés sont installés dans des zones proches de la frontière avec la Mauritanie.

Les réfugiés ont maintenu des liens étroits avec leur pays d'origine et continuent à revendiquer leur identité mauritanienne. Parallèlement, ils ont essayé de s'intégrer du mieux possible. L'UNHCR les a soutenus.

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Les réfugiés maliens fuient au Niger en quête de sécurité

Des milliers de familles maliennes sont arrivées au Niger depuis la mi-janvier, après avoir fui les combats entre un mouvement rebelle touareg et les forces gouvernementales maliennes au nord du Mali. Les réfugiés vivent dans des installations de fortune le long de la frontière. Ils sont exposés au soleil et au vent durant la journée et au froid la nuit. Le HCR a commencé à distribuer des biens de secours et prévoit d'ouvrir des camps dans des zones plus sûres situées hors des régions frontalières. Hélène Caux, du HCR, a rencontré certains parmi ces réfugiés qui lui ont fait part de leur souhait de retourner dans leur pays dès que la sécurité y serait restaurée.

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Le chef du HCR rencontre des réfugiés au Burkina Faso

Le 1er août, le Haut Commissaire des Nations Unies pour les réfugiés António Guterres s'est rendu au nord du Burkina Faso avec Anne C. Richard, la Secrétaire d'Etat américaine adjointe à la Population, aux Réfugiés et à la Migration (BRPM). Au camp de Damba, ils ont rencontré des réfugiés maliens qui ont fui le Mali au cours des six derniers mois pour échapper à la poursuite du conflit et à l'instabilité politique. A ce jour, plus de 250 000 réfugiés maliens ont fui leurs maisons et trouvé refuge dans l'un des pays de la région, y compris 250 000 réfugiés maliens au Burkina Faso. L'agence des Nations Unies pour les réfugiés a reçu seulement un tiers de l'appel de fonds de 153 millions de dollars dont elle a besoin pour fournir une aide vitale y compris des abris, de l'eau, des installations sanitaires, des soins de santé, des vivres et une protection aux réfugiés. Le HCR craint que la situation politique instable et l'urgence humanitaire au Mali ne génèrent d'autres afflux vers les pays voisins. colombienne.

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Poursuite de l'exode de Maliens vers le Niger

Fuyant les combats, l'insécurité générale et l'instabilité politique de leur pays, des réfugiés maliens continuent d'arriver au Niger. Sur le site de Mangaizé où sont accueillis des réfugiés, ils sont quelque 3000 à vivre dans des conditions difficiles, exposés pendant le jour à une chaleur étouffante et se demandant quand ils pourront rentrer chez eux. Dans ce pays aride du Sahel, l'eau et la nourriture sont comptés, ce qui pose un problème considérable et aux réfugiés et aux communautés locales. Ce sont plus de 40 000 Maliens qui ont trouvé refuge au Niger depuis janvier, lorsque les forces gouvernementales maliennes et le mouvement rebelle touareg en sont venus à un affrontement armé. Cent soixante mille réfugiés maliens se répartissent entre le Niger, le Burkina Faso et la Mauritanie. En outre, on compte 133 000 déplacés internes au Mali. Au début du mois de mai, António Guterres, Haut Commissaire pour les réfugiés, s'est rendu au Niger, notamment à Mangaizé, en compagnie de Mme Ertharin Cousin, Directeur exécutif du Programme alimentaire mondial, dans l'intention de sensibiliser encore davantage l'opinion mondiale à la crise et de rallier de l'aide en faveur des déplacés.

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Alors que des milliers de personnes attendent de pouvoir rentrer chez elles au nord du Mali, les agences humanitaires continuent d'aider les déplacés.
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Les Maliens qui ont fui Tombouctou, par peur des affrontements entre les forces d'intervention et les rebelles de l'opposition tentent de survivre à Mopti.
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Dans la région aride du Sahel, au Burkina Faso, des camions-citernes du HCR font la navette pour transporter de l'eau potable aux réfugiés maliens.