La Tchétchénie annonce le lancement d'un grand programme de logement pour les déplacés internes

Articles d'actualité, 27 mars 2007

© HCR/W.Spindler
Des Tchétchènes déplacés devant leur logement provisoire à Grozny. Quelque 3 000 familles déplacées internes pourraient bénéficier d'un nouvel appartement, dans le cadre d'un nouveau projet gouvernemental.

GROZNY, Tchétchénie, Fédération de Russie, 27 mars (UNHCR) Les autorités de Tchétchénie, une république ravagée par la guerre, ont annoncé qu'elles attribueraient, d'ici la fin 2007, des appartements à 3 000 familles de déplacés internes vivant actuellement dans des logements provisoires.

Asu Dudarkaev, chef du département tchétchène du Service fédéral des migrations, a déclaré que 80 pour cent des centres de logement provisoire du pays seraient fermés d'ici la fin de l'année, et que certaines catégories de leurs résidents se verraient attribuer des solutions alternatives d'hébergement. Les familles qui vivaient dans des immeubles détruits pendant le conflit tchétchène, ainsi que les individus et les familles se trouvant dans des situations particulièrement vulnérables font partie des personnes qui pourront bénéficier des nouveaux logements.

« Jusqu'à une période récente, les gens [déplacés] rentraient en Tchétchénie de [la République voisine d'] Ingouchie, et il nous fallait leur fournir des logements provisoires », a indiqué Asu Dudarkaev lors d'une récente réunion organisée avec des visiteurs de l'UNHCR dans la capitale tchétchène, Grozny. « A présent, nous sommes en train de fermer ces centres temporaires. Nous disposons de 3 000 appartements laissés par des personnes qui ont quitté définitivement la Tchétchénie et qui ont reçu des compensations du gouvernement fédéral. Nous sommes en train de rénover ces logements afin de les mettre à la disposition des déplacés internes tchétchènes. »

Des éléments probants de la reconstruction matérielle en cours sont visibles partout à Grozny, une ville qui jusqu'à récemment était l'exemple même d'une cité détruite par la guerre. D'immenses zones de Grozny, y compris des quartiers résidentiels, ont été rasées lorsque les troupes de la Fédération de Russie ont repris la ville aux séparatistes en 1999-2000. A cette époque, la plupart de la population tchétchène s'était enfuie vers d'autres régions de la Fédération de Russie ou à l'étranger.

« Aujourd'hui, on compte 20 000 emplois dans le secteur de la construction en Tchétchénie et ce nombre ne cesse d'augmenter », a indiqué Asu Dudarkaev. « Cette activité permet à nombre de Tchétchènes de recevoir un bon salaire et a un impact positif sur l'économie locale. »

L'agence des Nations unies pour les réfugiés, qui soutient la réintégration des personnes déplacées en Tchétchénie via des missions régulières depuis ses bureaux en Ingouchie et en Ossétie du Nord, a prudemment accueilli cet ambitieux programme de logement.

« Nous félicitons les autorités tchétchènes pour leur engagement à fournir un hébergement convenable aux personnes déplacées », a indiqué Wolfgang Milzow, délégué de l'UNHCR pour la Fédération de Russie. « Cependant la procédure d'attribution des nouveaux appartements doit être menée de façon équitable et transparente, en prenant en compte les besoins individuels des personnes concernées », a-t-il ajouté.

Wolfgang Milzow a ajouté que des vérifications rigoureuses devraient être menées pour s'assurer que les gens aient vraiment accès à un appartement approprié avant qu'ils ne quittent les centres d'hébergement temporaire.

Malgré de nombreux signes extérieurs témoignant une amélioration en Tchétchénie, de graves violations des droits humains commises par les institutions chargées de l'application de la loi persistent, selon le Conseil de l'Europe et d'autres organisations.

En dépit des restrictions sécuritaires, l'UNHCR poursuit sa tâche de suivi de la protection en Tchétchénie via des missions régulières et des activités menées par ses partenaires locaux. Les partenaires de l'UNHCR assurent une aide juridique gratuite et des services de conseil à la population affectée par la guerre y compris aux rapatriés et aux personnes déplacées au sein de la Tchétchénie sur des problèmes allant des documents d'identité aux compensations pour la perte de logement et de biens, ainsi qu'à la représentation légale dans les tribunaux civils et criminels pour traiter des questions de violations des droits de l'homme.

© HCR/W.Spindler
Des Tchétchènes déplacés devant leur logement provisoire à Grozny. Quelque 3 000 familles déplacées internes pourraient bénéficier d'un nouvel appartement, dans le cadre d'un nouveau projet gouvernemental.

L'UNHCR mène aussi plusieurs projets à impact rapide pour aider les rapatriés et les personnes déplacées en Tchétchénie et en Ingouchie en leur fournissant un revenu de base via de petits commerces. D'autres projets ont un objectif social, comme la fourniture d'instruments musicaux à un pensionnat pour enfants aveugles et de photocopieurs à une bibliothèque à Grozny.

Par William Spindler à Grozny, Tchétchénie, Fédération de Russie

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Ingouchie

Lorsque le conflit a éclaté entre troupes gouvernementales et forces rebelles en Tchétchénie, en 1999, plus de 200 000 personnes ont fui, la plupart vers l'Ingouchie voisine. En décembre 2003, quelque 62 000 déplacés internes de Tchétchénie s'entassaient encore dans des installations temporaires ou des logements privés. Ceux qui vivaient dans les installations temporaires étaient continuellement menacés d'expulsion par des propriétaires désireux de récupérer leurs bâtiments.

Environ 7900 autres Tchétchènes et Ingouches déplacés de Tchétchénie vivaient en outre dans les camps de Satsita, Sputnik et Bart.

Les autorités russes ne cessaient d'appeler à la fermeture des camps et au retour des personnes déplacées de Tchétchénie. Trois camps avaient fermé au cours de 2003 - le camp Iman à Aki Yurt, le camp B " Bella " et le camp A " Alina ", les trois autres ont fermé entre mars et juin 2004. Il n'est resté, aux 52 000 déplacés qui ne voulaient pas retourner en Tchétchénie, que l'option de se trouver un abri dans des installations temporaires en Ingouchie ou dans des logements privés.

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