Une exilée iraquienne en Espagne déplore les violences subies par les femmes en Iraq

Articles d'actualité, 6 décembre 2006

© HCR
Des femmes iraquiennes viennent chercher des biens de secours lors d'une distribution à Bagdad. La vie est devenue très dure pour les femmes iraquiennes ces trois dernières années, la violence étant un grave problème.

MADRID, Espagne, 6 décembre (UNHCR) Taisir* pensait que les choses ne pourraient que s'améliorer dans son Iraq natal lorsque les forces américaines ont envahi le pays et renversé le régime du président Saddam Hussein en mars 2003. Elle n'aurait jamais imaginé que la vie du pays irait bientôt en empirant, spécialement pour les femmes.

Ingénieur de formation, Taisir a réussi à fuir l'Iraq il y a environ deux ans pour se réfugier en Espagne. Mais les expériences qu'elle a vécues ainsi que les violences et les abus subis continuellement par les femmes restées en Iraq continuent de la hanter.

La situation est si grave que, par exemple, l'actuelle campagne internationale de 16 jours pour éradiquer la violence à l'encontre des femmes est pratiquement ignorée en Iraq prendre des risques est tout simplement trop dangereux pour les femmes et les personnes qui les soutiennent.

Taisir, âgée de 39 ans, n'aurait jamais pu imaginer que la situation en Iraq pourrait être encore pire de ce qu'elle avait connu depuis son enfance à Bagdad. Elle a vécu les difficultés et les horreurs de la guerre avec l'Iran de 1980 à 1988, puis la première guerre du Golfe en 1991 et l'embargo économique qui en a résulté pour son pays.

Pendant ces années, elle a perdu plusieurs membres de sa famille, certains ont été exécutés par les forces de sécurité de Saddam Hussein, d'autres ont été victimes des combats. « La fumée était si épaisse qu'il faisait sombre même pendant la journée », raconte Taisir en se souvenant des missiles lancés régulièrement et des explosions de bombes.

Taisir, comme beaucoup d'Iraquiens, s'était réjouie de l'arrivée des forces américaines à Bagdad en 2003, mais la joie s'est vite transformée en horreur et désespoir lorsque les partisans de Saddam ont commencé à attaquer les troupes occupantes. Des violences sectaires ont éclaté entre les milices musulmanes rivales chiites et sunnites, provoquant des victimes innocentes dans les deux communautés.

Avec l'intensification de la violence, les choses se sont empirées pour les femmes. Des milliers d'entre elles sont décédées lors d'actes de violence aveugle, alors que d'autres sont devenues les victimes de violences sexuelles et à l'encontre des femmes, incluant le viol et le meurtre. Elles sont aussi devenues la cible des conservateurs religieux et sociaux, fermement opposés à la libéralisation des femmes.

Dans cette situation d'anarchie et de mort régnant dans les rues de Bagdad et d'autres villes, des femmes en proie à la terreur, comme Taisir qui est musulmane sunnite, sont devenues prisonnières dans leur propre foyer. Des Musulmanes ou même des Chrétiennes ont subi des pressions pour porter le voile et l'écharpe en public. Par ailleurs, de moins en moins de femmes osaient aller à l'école ou à l'université.

Un jour ensoleillé d'août 2003, une patrouille armée appartenant à un groupe islamique fondamentaliste a battu Taisir et une amie car elles ne portaient pas le voile. « Après cet épisode, mon père a acheté des armes pour me protéger ainsi que le reste de ma famille, alors que mon oncle soutenait le groupe [islamiste fondamentaliste]. Il disait que les femmes ne devraient pas sortir seules hors de la maison et devraient respecter les règles et les coutumes sociales », a expliqué Taisir.

« Partout nous faisions l'objet de discriminations, nous ne pouvions pas mener une vie normale », a indiqué la jeune femme, qui a été menacée par un garde sur son lieu de travail car elle ne soutenait pas sa candidature pour un poste. « Il m'a crié dessus, en me disant : 'Il vaudrait mieux que tu restes à la maison comme devraient le faire toutes les femmes. Je connais des groupes armés qui seront contents de m'aider à te tuer ainsi que le reste de ta famille'. »

De fait, cette guerre, qui devait apporter la démocratie et l'égalité, a fait reculer le pays et le statut de la femme. Taisir a décidé de s'en aller.

Elle a quitté ses parents, ses frères et sœurs et sa grand-mère et elle s'est rendue en Jordanie en mai 2004. Puis, un mois plus tard, elle a fui avec un visa vers cette ville espagnole dynamique qu'est Barcelone. Taisir a demandé l'asile au motif qu'elle devrait subir la persécution en Iraq les autorités espagnoles lui ont accordé un statut complémentaire de protection.

« Nous respectons le critère consigné dans la Convention de 1951 [des Nations Unies relative au statut des réfugiés] ainsi que les recommandations de l'UNHCR, selon lesquelles une protection complémentaire est donnée aux citoyens iraquiens à qui n'est pas accordé le statut de réfugié », a expliqué Julien Prieto, directeur adjoint du Bureau espagnol pour l'asile et les réfugiés. L'Espagne accueille actuellement 38 Iraquiens reconnus comme réfugiés et environ 3 700 demandeur d'asile. Par ailleurs, 642 Iraquiens ont obtenu un permis de résidence.

« Je remercie l'Espagne de me donner l'opportunité de vivre à nouveau comme un être humain avec tous mes droits », a expliqué Taisir, qui vit à côté de Barcelone chez un proche. Mais elle pense toujours beaucoup à la violence et à l'inégalité dont souffrent les femmes d'Iraq, alors que des dizaines de milliers d'Iraquiens fuient leur pays ou leurs maisons chaque mois. La violence a suivi les femmes, a affirmé les employés de l'UNHCR, qui ont cité des cas de violence sexuelle et sexistes dans les pays voisins.

« Les cas d'enlèvement et de viol créent une grande angoisse dans l'esprit des femmes iraquiennes. Non seulement il y a la menace de subir une violence sexuelle, mais aussi les femmes craignent les conséquences de telles agressions », a expliqué Taisir.

* Nom fictif

Par Francesca Fontanini à Madrid, Espagne

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Iraq: Déplacement massif depuis Mossoul

Ces derniers jours, des centaines de milliers d'Iraquiens ont fui les combats dans la ville de Mossoul et d'autres cités du nord de l'Iraq. Des employés du HCR sont sur le terrain pour suivre les déplacements et aider les personnes dans le besoin. Les besoins sont immenses. Le HCR fait son possible pour assurer la protection et fournir des abris ainsi que des articles de secours, notamment des tentes. De nombreux déplacés ont quitté leurs maisons sans rien d'autre que les vêtements portés ce jour-là. Certains n'ont pas d'argent pour payer le logement, la nourriture, l'eau potable ou les soins de santé. Ils arrivent aux postes de contrôle entre le gouvernorat de Ninive et la région du Kurdistan d'Iraq sans savoir où aller, ni comment payer leurs dépenses.

Les agences des Nations Unies, les organisations humanitaires et les fonctionnaires gouvernementaux coordonnent leurs efforts pour aider les personnes dans le besoin. Les agences des Nations Unies lancent un appel de fonds supplémentaire d'urgence. Le HCR espère fournir des kits d'urgence ainsi que des milliers de tentes et travaille également avec ses partenaires pour protéger et aider les personnes déplacées.

L'exode dans le nord s'ajoute aux déplacements de populations massifs cette année dans le gouvernorat iraquien d'Anbar, où les combats depuis janvier ont contraint quelque 500 000 personnes à fuir cette province pour chercher refuge dans des zones plus sûres.

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Crise en Iraq : Trouver un logement

Des dizaines de milliers de personnes ont fui vers les gouvernorats d'Erbil et de Duhok dans la région du Kurdistan d'Iraq la semaine dernière. Ces déplacés ont trouvé abri dans des écoles, des mosquées, des églises et des camps de transit après une éruption de violence qui déchire certaines régions du centre et du nord de l'Iraq. Le HCR et ses partenaires font leur possible pour répondre aux besoins urgents en termes d'abri. Le HCR a livré près de 1 000 tentes dans un camp de transit en cours de construction par les autorités et les ONG à Garmawa, près de Duhok.

De nombreux déplacés originaires de Mossoul arrivent aux postes de contrôle entre le gouvernorat de Ninive et la région du Kurdistan iraquien. Ils ont des ressources limitées et n'ont pas les moyens de se payer un logement. Certains sont hébergés par des proches. D'autres résident à l'hôtel en puisant dans leurs maigres ressources.

Dans le village d'Alqosh, quelque 150 personnes (soit 20 familles) sont arrivées avec de rares effets personnels en plus des vêtements qu'ils portaient le jour où ils ont fui. Ces déplacés vivent dans plusieurs salles de classe d'une école primaire depuis la semaine dernière. Tous ces locaux sont actuellement bondés. Un membre du groupe a expliqué qu'il vivait auparavant dans un appartement loué à Mossoul et qu'il menait une vie de famille normale. Toutefois, à Alqosh, ils craignent pour le bien-être et l'éducation de leurs enfants ainsi que la présence de serpents et de scorpions.

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Enfants d'Erbil : des réfugiés syriens dans une zone urbaine en Irak

Les enfants qui ont trouvé refuge dans des zones urbaines avec leurs familles, font partie des réfugiés syriens parmi les plus vulnérables. A la différence de ceux qui sont hébergés dans des camps, les réfugiés qui vivent en ville dans des pays comme l'Irak, la Turquie et la Jordanie, ont souvent du mal à accéder à l'aide et à la protection. Dans un camp de réfugiés, il est plus facile pour des organisations humanitaires comme le HCR de fournir un abri et une assistance régulière, notamment des vivres, des soins de santé et un accès à l'éducation. Trouver les réfugiés en zones urbaines, sans parler de les aider, n'est pas une tâche facile.

En Irak, environ 100 000 réfugiés syriens sur les 143 000 présents dans le pays, vivraient en zones urbaines - dont 40% d'enfants âgés de moins de 18 ans. Les photos suivantes, prises par Brian Sokol dans la ville d'Erbil au nord de l'Irak, donnent un aperçu de la vie de certains de ces jeunes réfugiés urbains. Elles montrent la dureté de la vie quotidienne mais aussi la résilience, l'adaptabilité et le courage de ces jeunes dont la vie a été bouleversée au cours des deux dernières années.

La vie est difficile à Erbil, la capitale de la région du Kurdistan en Iraq. Le coût de la vie est élevé et il n'est pas facile de trouver du travail. Les réfugiés doivent aussi consacrer une part importante de leurs ressources limitées au loyer. Le HCR et ses partenaires, dont le Gouvernement régional kurde, se démènent pour aider les personnes dans le besoin.

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Le 8 novembre 2013, le typhon Haiyan a balayé le centre des Philippines, dévastant tout sur son passage et tuant des milliers de personnes. Un an après, la reconstruction dure toujours. Sur l'île de Leyte, Bartolome témoigne de la vie de sa famille, pendant plusieurs semaines dans un bateau échoué après la destruction de leur maison.
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L'afflux de réfugiés est important à Dohouk où Fahrad a construit un camp, avec des tentes, de l'électricité, de l'eau ... un lieu de refuge. Sa compassion est sincère ... Dans son enfance, il avait également dû fuir sa maison.
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Les ateliers de formation à la couture pour les déplacées kachin au Myanmar sont un succès. Ils leur permettent d'acquérir une compétence professionnelle, de construire une camaraderie entre bénéficiaires en créant des liens et des réseaux de soutien et, enfin, de renforcer leur confiance.