Le HCR est préoccupé par l'expulsion de 53 Laotiens hmongs par la Thaïlande

Articles d'actualité, 16 novembre 2006

© HCR
Les renvois de Lao Hmong doivent cesser, demande le chef du HCR.

BANGKOK, Thaïlande, 16 novembre (UNHCR) L'agence des Nations Unies pour les réfugiés a indiqué jeudi sa profonde préoccupation quant à l'expulsion par la Thaïlande vers le Laos de 53 Hmongs, incluant un nouveau-né.

En évoquant ce refoulement comme « des plus regrettables », un porte-parole de l'UNHCR a indiqué que le groupe avait été remis aux autorités laotiennes à un passage frontière situé au nord-est de la Thaïlande, dans le district de Nong Khai.

« Chaque gouvernement a le droit d'expulser des migrants clandestins, mais l'UNHCR est sérieusement préoccupé par le fait qu'il y avait peut-être, parmi ce groupe, de véritables réfugiés ayant besoin de protection internationale et risquant la persécution au Laos », a indiqué Giuseppe de Vincentis, délégué par intérim de l'UNHCR en Thaïlande.

« Nous ne pouvons entrer en contact avec ces personnes une fois expulsées au Laos et nous n'avons aucune garantie qu'elles seront traitées correctement après leur retour dans ce pays », a-t-il ajouté.

Le retour forcé de 53 Hmongs équivaut au refoulement, contraire à la législation humanitaire internationale. Le principe du non refoulement précise qu'aucun réfugié ou demandeur d'asile dont le cas n'a pas encore été dûment étudié ne peut être expulsé de force vers un pays où sa vie ou sa liberté pourraient être en danger.

L'UNHCR a plusieurs fois demandé au Gouvernement thaïlandais de pouvoir rendre visite aux Hmongs laotiens en détention en Thaïlande pour déterminer s'ils avaient besoin ou non de protection internationale.

« L'agence des Nations Unies pour les réfugiés a plusieurs fois répété au Gouvernement royal thaïlandais de ne pas expulser de force des Laotiens hmong et renouvelé son offre d'aider le Gouvernement thaïlandais à trouver des solutions durables pour les quelque 6 000 Hmongs habitant dans des camps de fortune situés près du village de Huay Nam Khao dans la province thaïlandaise de Petchabun », a indiqué Giuseppe de Vincentis.

L'UNHCR ne peut pas rendre visite à ce groupe, qui est en Thaïlande depuis près d'un an et demi.

Giuseppe de Vincentis a aussi rappelé que la Thaïlande a expulsé 26 enfants de l'ethnie hmong vers le Laos en décembre 2005. Malgré les efforts de l'UNHCR et du Gouvernement thaïlandais pour savoir ce qu'ils sont devenus, leur trace a été perdue.

Par Kitty McKinsey à Bangkok, Thaïlande

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Réfugiés du Myanmar

Au cours des derniers mois, plus de 2 000 réfugiés originaires du Myanmar sont arrivés dans le nord de la Thaïlande. Ils disent fuir la reprise du conflit et les violations des droits humains dans l'Etat de Kayin au Myanmar. Les réfugiés, qui appartiennent principalement à l'ethnie Karen, disent que leurs maisons et leurs villages ont été brûlés et que des civils ont été tués. Beaucoup sont en très mauvaise santé et souffrent de maladies telles que le paludisme après un voyage long et dangereux vers les camps à travers des zones extrêmement minées. Les réfugiés arrivent dans des camps gérés par le gouvernement, principalement dans la région de Mae Hong Son, au nord de la Thaïlande.

L'UNHCR travaille avec le gouvernement thaïlandais et les organisations non gouvernementales pour s'assurer que les nouveaux arrivants sont admis dans les camps et qu'ils reçoivent l'hébergement et la protection adéquats. L'hébergement est une préoccupation majeure car certains camps de réfugiés sont surchargés. Lors d'une réunion à la mi-mai, les autorités thaïlandaises ont donné leur accord pour la construction de maisons en matériaux plus résistants afin d'y installer les nouveaux arrivants.

Actuellement 140 000 réfugiés originaires du Myanmar vivent en Thaïlande dans neuf camps situés près de la frontière, beaucoup d'entre eux sont là depuis plus de 20 ans.

Septembre 2006

Réfugiés du Myanmar