Accord entre le Cambodge, le Viet Nam et le HCR sur la poursuite de leur coopération au sujet des Montagnards

Articles d'actualité, 22 août 2006

© HCR/J.Pagonis
La grande majorité des 750 Montagnards arrivés au Cambodge avant la signature de l'accord d'Hanoï en janvier 2005, qui vise à apporter une solution à leur situation, ont été réinstallés. La plupart d'entre eux vivent aujourd'hui aux Etats-Unis.

PHNOM PENH, Cambodge, 22 août (UNHCR) Le Cambodge, le Viet Nam et l'UNHCR se sont mis d'accord pour poursuivre leur coopération visant à trouver des solutions pour les Montagnards un groupe ethnique minoritaire des hauts plateaux du centre du Viet Nam qui ont franchi la frontière avec le Cambodge.

« Cela a été très utile de nous asseoir à une même table et de voir comment nous pouvons poursuivre concrètement la coopération fructueuse développée au cours des dix-huit derniers mois pour tenter de résoudre ce problème », a indiqué le représentant régional de l'UNHCR basé à Bangkok, Hasim Utkan, à l'occasion de la réunion sur les Montagnards qui a eu lieu lundi à Phnom Penh.

Les participants ont convenu que l'agence des Nations Unies pour les réfugiés poursuivrait son travail de suivi auprès des rapatriés dans les hauts plateaux. Ils ont aussi décidé d'accélérer à la fois le processus de rapatriement volontaire et les missions communes organisés par l'UNHCR et les autorités cambodgiennes pour ramener les Montagnards dans les zones frontalières.

En dehors d'une réunion technique, la rencontre qui s'est tenue à Phnom Penh était la première entre les trois parties depuis l'accord signé en janvier 2005 à Hanoï, qui avait entamé la recherche de solutions pour quelque 750 Montagnards présents au Cambodge.

Au sein de ce premier groupe, 561 personnes ont été réinstallées dans des pays tiers principalement aux Etats-Unis et 163 sont rentrées au Viet Nam. Vingt-six autres personnes se trouvent encore au Cambodge, dont huit partiront pour les Etats-Unis à la fin août. L'accord d'Hanoï continuera de servir de cadre opérationnel pour les nouvelles arrivées au Cambodge.

Au total, 237 Montagnards sont arrivés depuis la signature de l'accord et vivent actuellement dans des sites à Phnom Penh.

Au Viet Nam, l'UNHCR a conduit 12 missions de suivi dans les hauts plateaux et rendu visite à 115 rapatriés. Plus de 20 rapatriés ont été rencontrés à plus de deux reprises. Ce suivi continu sera étendu aux personnes qui n'ont pas encore fait l'objet d'une visite. La prochaine mission de contrôle est prévue pour septembre.

« Nous espérons qu'à la fin de la prochaine mission de suivi nous aurons réussi à rencontrer 90 pour cent des rapatriés », a ajouté Hasim Utkan. Pour le moment, l'UNHCR n'exprime pas de préoccupations majeures quant à la situation des rapatriés.

Selon les termes de l'accord d'Hanoï entre l'UNHCR, le Viet Nam et le Cambodge, les Montagnards qui arrivent au Cambodge et sont reconnus comme réfugiés peuvent soit être réinstallés dans un pays tiers soit rentrer au Viet Nam. Le Viet Nam a garanti que les rapatriés ne feront pas l'objet de sanctions ou de discriminations et ne seront pas poursuivis pour avoir quitté le pays illégalement.

Au cours de la réunion de lundi, le Viet Nam a répété que les Montagnards qui souhaitaient rejoindre leurs familles aux Etats-Unis pouvaient s'y rendre directement, en précisant que 435 passeports avaient été délivrés pour des Montagnards afin d'accélérer leur départ.

En 2005 et 2006, l'UNHCR a financé quatre projets dans la province de Gia Lai, dans les hauts plateaux, y compris la fourniture d'équipement médical pour trois dispensaires communautaires du district de La Grai et la construction d'une école primaire dans le district de Chu Se. Deux autres propositions attendent d'être approuvées. L'agence des Nations Unies pour les réfugiés a aussi dispensé des cours à des fonctionnaires de divers échelons afin de mieux faire comprendre le travail qu'elle accomplit au Viet Nam.

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Le Viet Nam a accordé la citoyenneté à des milliers d'apatrides au cours des deux dernières années ; par ses réalisations dans ce domaine, le pays est à la pointe de l'action menée dans le monde pour prévenir l'apatridie et y mettre fin.

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