Grâce à une formation financée par le HCR, des réfugiés soudanais acquièrent de nouvelles compétences en Ouganda

Articles d'actualité, 3 juillet 2006

© HCR/D.Zeltser
Un enseignant ougandais, Apollo Twijukye, est assis dans la chaise roulante fabriquée par ses étudiants dans le cadre de la formation de deux années financée par les Nations Unies en mécanique, menuiserie et construction. Les 13 réfugiés soudanais et les sept Ougandais qui participent à ce cours vont mettre leurs nouvelles compétences au service de leurs communautés.

ADJUMANI, Ouganda, 3 juillet (UNHCR) Bien qu'ils n'arborent ni les toques ni les robes d'une traditionnelle remise de diplômes, les étudiants en T-shirts et casquette sont très fiers de recevoir leur diplôme dans l'atelier de réparation mécanique financé par l'UNHCR, dans le nord de l'Ouganda.

Cet atelier s'occupe de l'entretien du parc de véhicules des agences des Nations Unies dans les secteurs de Moyo et d'Adjumani. Désormais, il propose également une formation complète de deux années en mécanique, menuiserie et carrosserie. Treize des 20 premiers étudiants, des filles et des garçons, sont des réfugiés originaires du Soudan, le reste étant composé d'Ougandais de la région tous ont en commun l'espoir d'aider leurs communautés grâce à leurs nouvelles compétences.

« Aujourd'hui je suis heureux. Cet atelier me permet d'acquérir un nouveau savoir-faire que je pourrai utiliser une fois de retour au Soudan », raconte Charles Sebit, un jeune homme de 35 ans originaire de la ville soudanaise de Kajo Keji, près de la frontière avec Moyo, et père de trois enfants.

Des centaines de milliers de personnes ont fui le Sud-Soudan entre 1989 et 2005 afin d'échapper aux combats entre l'Armée populaire de libération du Soudan et le Gouvernement de Khartoum. Depuis, Charles Sebit a de nouveau dû se déplacer en raisons des activités des rebelles de l'Armée de Résistance du Seigneur dans le nord de l'Ouganda. Il vit désormais dans le site d'Oligi, sur les rives du Nil.

« Je ramènerai ma famille chez nous dès que l'UNHCR pourra nous transporter et je reviendrai en Ouganda pour achever ma formation en 2007. Ainsi, une fois rentré définitivement, je pourrai fabriquer des portes, des fenêtres et des charrues. Ce sont des objets très utiles au Soudan en cette période de reconstruction. Je vais ouvrir une boutique pour en fournir », ajoute-t-il. Maintenant qu'il a terminé d'apprendre les bases en mécanique et en menuiserie, il va se spécialiser dans la fabrication d'outils.

Tarik Muftic, le chef du bureau de terrain à Moyo, a trouvé l'idée de la formation début 2004. « Notre objectif consistait à donner aux réfugiés des compétences utiles qui pourraient les aider lors de leur éventuel retour, de la transition et de la réintégration dans la région dévastée du Sud-Soudan », a-t-il expliqué, ajoutant que les Ougandais ont aussi pris part à la formation et à l'acquisition de compétences pour développer l'économie locale.

« Cet atelier met en évidence la philosophie de tous nos programmes, qui consiste à mettre en place des actions basées sur la communauté bénéficiant à la fois aux réfugiés et aux populations locales et les encourageant à subvenir à leurs propres besoins. »

Le partenaire d'exécution de l'UNHCR, Action Africa Hilfe (AAH), a transformé le rêve de Muftic en réalité. En deux mois, l'agence a embauché un enseignant et a choisi le premier groupe d'étudiants comprenant 11 femmes et neuf hommes.

L'agence pour les réfugiés a donné son accord pour soutenir le projet dans sa totalité. Le Programme alimentaire mondial des Nations Unies (PAM) a fourni de la nourriture dans le cadre de son Programme d'Alimentation pour l'éducation, ayant pour objectif d'encourager le développement humain.

Les objets fabriqués par les étudiants ont été exposés dans une salle pendant la cérémonie de remise des prix le mois dernier, avec parmi eux deux sortes de fauteuil roulant, un pressoir à huile végétale, un presse-fruits, un casse-noix, des charrues et une pompe pour un puits. Tous ces articles ont été fabriqués à partir de ferraille de récupération, sur les conseils d'Apollo Twijukye, d'AAH.

Montrant l'exemple, cet Ougandais dynamique sert de modèle aux élèves. Il ne cesse d'améliorer, inventer et enseigner. Il vient même le samedi pour épauler les étudiants les plus faibles. L'employé d'AAH donne aussi des conseils et enseigne comment réussir un entretien, présenter ses qualités professionnelles, lutter contre les violences sexuelles et à l'encontre des femmes ainsi que prendre ses précautions contre l'épidémie du VIH/SIDA.

Mary Auwa, âgée de 19 ans, vit dans les installations situées à Oligi. Elle explique qu'elle était devenue une charge financière pour sa famille. Elle ne disposait d'aucune compétence et de peu de perspectives d'emploi, après avoir dû abandonner ses études par manque de moyens financiers.

Quand le Président de son comité pour le bien-être des réfugiés lui a parlé de la formation, elle en a discuté avec ses parents et a reçu leur accord pour présenter sa candidature même s'il lui fallait louer une chambre à Adjumani. L'atelier de formation lui a donné l'espoir de devenir un jour ingénieur. Les amis d'Auwa lui demandent comment ils pourraient aussi s'inscrire à la formation.

Une autre étudiante, Grace Modo, qui vient en classe avec son fils âgé d'un an, a indiqué qu'elle avait toujours voulu devenir ingénieur. Maintenant elle a la chance de voir son rêve devenir réalité. « Alors, quand l'UNHCR pourra nous ramener dans la province de l'Est-Equateur, je prendrai part à la reconstruction du Soudan. Je suis venue en Ouganda quand j'avais trois ans en 1989, maintenant je veux rentrer chez moi », a-t-elle ajouté.

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L'UNHCR et ses partenaires continuent de former et de rémunérer les instituteurs au sein des 12 camps de réfugiés, assurant ainsi une éducation de qualité aux enfants réfugiés. Les ONG partenaires entretiennent les écoles et fournissent les uniformes aux écoliers. L'UNICEF distribue des livres, des cahiers et des fournitures. En août 2007, l'UNHCR, l'UNICEF et le Ministère de l'éducation tchadien ont travaillé conjointement pour améliorer l'éducation des Soudanais déracinés par le conflit au Darfour.

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C'est dans le camp de Yusuf Batil, dans le Comté de Maban, que la situation se fait la plus critique puisque 15 % des enfants de moins de cinq ans y souffrent de malnutrition aiguë.

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