Recrudescence de pillages, de fusillades et d'incendies volontaires à Dili au Timor-Leste

Articles d'actualité, 28 juin 2006

© HCR/N.Ng
Une nouvelle vague de violence et d'incendies volontaires s'est abattue sur plusieurs secteurs de la capitale du Timor-Leste, Dili. Malgré des difficultés pour accéder à certaines zones, l'UNHCR continue de venir en aide aux déplacés.

DILI, Timor-Leste, 28 juin (UNHCR) La situation était très tendue aujourd'hui à Dili ; des gangs continuaient à lancer des pierres, à brûler et à piller des maisons ainsi qu'à intimider la population, y compris les personnes abritées dans des camps de fortune autour de la capitale du Timor-Leste.

Cette nuit, des incendies volontaires et des coups de feu ont eu lieu dans, au minimum, cinq quartiers. Les troupes de maintien de la paix australiennes ont arrêté au moins 19 personnes. Les opérations d'urgence de l'UNHCR se sont néanmoins poursuivies, même si certaines zones sont toutefois restées inaccessibles pendant une partie de la journée.

Plus de 50 tentes ont été distribuées aux personnes déplacées internes dans plusieurs sites, dont la pharmacie nationale. Dans cet endroit particulièrement surpeuplé, l'équipe sur place lutte pour fournir une aide médicale aux 800 personnes qui sont venues y trouver refuge.

Parallèlement, l'équipe de protection de l'UNHCR a visité des sites de déplacés dans cinq secteurs qui ont été frappés par la dernière flambée de violence et par des incendies volontaires. Vanno Noupech, le chef de l'équipe d'urgence de l'UNHCR à Dili, a fait part de sa forte préoccupation suite à cette escalade de violence.

« A chaque fois que des incidents tels que des pillages ou des incendies ont lieu dans un bairro [quartier], ils ont un impact sur les sites de déplacés situés à proximité », dit-il. « Dans certains sites, il s'agissait de gangs lançant des pierres ou insultant des groupes de personnes. Dans d'autres cas, c'étaient des gens qui escaladaient les murs ou qui entraient dans les sites pour se réfugier hors des zones touchées par la flambée de violence. »

Dans la nuit de mardi, des coups de feu, des pillages et des incendies de maison dans le bairro de Beto ont abouti au déplacement d'environ 500 personnes du camp de déplacés situé au bureau météorologique vers le camp récemment établi à l'aéroport. Les tensions persistaient aujourd'hui dans ce camp, même si les gens sont rentrés dans leur site après des réunions entre des représentants de déplacés, de l'UNHCR et des troupes étrangères.

Pendant ce temps, les sœurs catholiques du Collège de Sao Jose dans la zone de Lahane Timur ont fait part de l'augmentation, au cours des trois dernières nuits, du nombre d'incidents liés à des jets de pierres contre leur enceinte, qui abrite temporairement quelque 800 déplacés. Un enseignant du site a indiqué avoir été attaqué par des jeunes alors qu'il essayait de rentrer chez lui mardi soir. Il a été secouru par un prêtre du collège.

Le jeune homme, qui dit s'appeler Teo, tenait dans ses bras son enfant, âgé d'un mois à peine, pendant qu'il racontait ce moment difficile à l'équipe de l'UNHCR. « Juste après les informations télévisées du soir, les gangs sont entrés dans ma maison et ont commencé à jeter des pierres. Ils criaient « lorosae, lorosae » », a-t-il expliqué. « Lorosae » est le terme utilisé pour désigner les personnes originaires de l'est du pays. Les tensions entre groupes rivaux de l'ouest et de l'est du Timor-Leste sont en partie responsables de la violence qui embrase le pays depuis la fin avril.

Le personnel de l'hôpital national Guido Valadas a indiqué que 80 personnes avaient franchi ses murs pour se réfugier dans son enceinte au cours de la nuit, alors que la violence s'abattait sur le quartier voisin. Six maisons ont été brûlées. L'une d'entre elles se situait près d'un orphelinat.

La sœur Malou, une sœur dominicaine qui dirige le centre, a précisé que les gangs avaient jeté des pierres et fait du bruit avec des barres en fer. La semaine passée, le centre de formation en informatique de l'orphelinat a été incendié. L'orphelinat accueille, en temps ordinaire, 37 orphelins et quelques jeunes filles qui veulent devenir nonnes. Aujourd'hui les dortoirs surpeuplés abritent quelque 960 personnes sous des bâches en plastique.

De l'autre côté de la ville, dans le quartier de Pite, des prêtres du Fatumeta Seminario Maior ont fait état de la multiplication des incidents, des gangs se regroupant aux portes du séminaire, hurlant des menaces et des insultes à l'encontre des déplacés qui s'y trouvent. L'endroit, qui accueille habituellement 53 séminaristes et six prêtres, abrite actuellement 2 500 personnes qui sont arrivées par vagues depuis la fin avril en tentant d'échapper aux violences.

« Les gens sont terrorisés, dit le frère Hannibel. Nous disposons d'un grand domaine et il est possible d'y rentrer en passant au-dessus les clôtures à l'arrière. Nous attendons des fils de fer barbelés pour pouvoir les installer, c'est une situation d'urgence. »

Vanno Noupech précise que l'UNHCR poursuit quotidiennement son dialogue avec les forces de défense australienne, qui s'efforcent d'apporter une réponse à ce type d'incidents. « Les incidents qui surviennent dans un bairro particulier ayant un impact sur les sites de déplacés avoisinants, nous demandons aux troupes de se rendre dans ces sites lorsqu'elles mènent leurs enquêtes sur les cas de violences dans les banlieues », ajoute Vanno Noupech.

« Bien que les troupes étrangères interviennent très rapidement en cas d'incident, l'UNHCR se félicite de l'arrivée prochaine de contingents supplémentaires de forces de police notamment de Malaisie », ajoute l'employé de l'UNHCR. Il ajoute que ce déploiement permettre d'augmenter la force de police internationale à 500 agents et espère qu'elle permettra de faciliter la résolution des problèmes qui surviennent la nuit dans les bairros.

Par Ariane Rummery à Dili, Timor-Leste

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L'urgence au Timor-Leste 2 : Le pont aérien de l'UNHCR est en cours

Un Boeing 747 cargo chargé d'articles de secours pour les personnes déplacées par les récentes violences au Timor-Leste est arrivé à Darwin dans le nord de l'Australie, le 7 juin 2006. L'avion ne pouvant atterrir à l'aéroport de Dili à cause de son envergure, les articles de secours sont ensuite acheminés dans de plus petits avions et également par voie maritime. Un second Boeing 747 cargo est arrivé le lendemain.

Au total, 400 tonnes d'articles de secours sont actuellement expédiées vers le Timor-Leste, depuis nos entrepôts régionaux du Moyen-Orient. Ces biens de secours comprennent des tentes familiales légères, des bâches en plastique, des jerricans, des couvertures et des kits de cuisine.

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L'urgence au Timor-Leste

Quelque 100 000 personnes ont été déplacées par de récentes violences au Timor-Leste. Environ 65 000 d'entre elles vivent dans 40 campements insalubres dans la capitale Dili, tandis que 35 000 ont recherché la sécurité dans les campagnes. Une équipe d'évaluation de l'UNHCR a visité ces camps et a pu constater que les besoins humanitaires les plus importants - hormis la sécurité - concernaient la nourriture, l'eau potable et l'hébergement.

Dans le cadre de la réponse graduelle apportée à la crise et de l'effort commun fourni par les Nations Unies, l'UNHCR a déployé une équipe d'urgence afin de renforcer l'équipe déjà sur place et un pont aérien d'urgence a démarré avec l'arrivée du premier vol à Dili le 5 juin, acheminant 14 tonnes de tentes, de bâches en plastique et de jerrycans en provenance de son stock situé en Jordanie.

En coordination avec les autres agences, l'UNHCR utilisera ces biens de secours pour établir de nouveaux camps pour les déplacés où ils pourront vivre dans de meilleures conditions et où l'assistance sera acheminée plus facilement jusqu'à ce que la situation de sécurité s'améliore et qu'ils puissent rentrer chez eux.

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L'urgence au Timor-Leste 3 : L'UNHCR achemine les biens de secours par voies aérienne et maritime.

La course contre la montre pour apporter de l'aide d'urgence aux dizaines de milliers de personnes déplacées au Timor-Leste en proie au conflit a été l'une des priorités de l'agence des Nations Unies pour les réfugiés. Lundi, la première phase d'opération d'acheminement par avion et par voie maritime de 200 tonnes de tentes, de couvertures, de bâches en plastique et de kits de cuisine s'est achevée. La semaine dernière, quatre avions cargo Antonov-12 ont transporté 56 tonnes de biens, et lundi 12 juin, un navire cargo a traversé la Mer de Timor depuis Darwin, avec 150 tonnes de biens à bord, acheminés auparavant par voie aérienne depuis l'entrepôt régional de l'UNHCR au Moyen-Orient en Jordanie.

Il y a maintenant sur le terrain des abris pour 17 000 personnes. En coordination étroite avec ses partenaires sur place, l'équipe d'urgence de l'UNHCR améliore déjà les conditions insalubres dans les campements surpeuplés autour de la capitale Dili, et commence à établir de nouveaux camps. La sécurité demeure préoccupante pour la population déplacée, encore sous le choc de la violence, des pillages et des incendies de maisons. L'UNHCR recherche un financement de 4,8 millions de dollars pour son opération d'aide d'urgence au Timor-Leste.

L'urgence au Timor-Leste 3 : L'UNHCR achemine les biens de secours par voies aérienne et maritime.