Une véritable odyssée pour un réfugié de l'Iraq de Saddam avant de trouver un nouveau foyer

Articles d'actualité, 23 mai 2006

© HCR/J.Marshall
Mustafa Jaffar participe à un séminaire organisé récemment à Trinité par l'UNHCR et l'Organisation internationale pour les Migrations. Reconnu comme réfugié il y a 4 ans, Mustafa va être réinstallé en Nouvelle-Zélande à la fin de cette semaine.

PORT OF SPAIN, Trinité-et-Tobago, 23 mai (UNHCR) L'exil de Mustafa Jaffar a commencé il y a six ans à partir du nord de l'Iraq. Il va prendre fin cette semaine lorsque Mustafa quittera la petite nation caraïbe de Trinité-et-Tobago pour un nouveau foyer et une nouvelle vie en Nouvelle-Zélande.

L'histoire de Mustafa, comme celle de tant d'autres réfugiés, a commencé dans la peur. Né à Najaf dans une famille en vue appartenant à la communauté chiite, Mustafa s'est rendu compte depuis son plus jeune âge de l'attention indésirable du régime de Saddam Hussein. Son beau-frère a été pendu à cause de son appartenance à un parti religieux interdit. Lorsqu'il avait 15 ans, Mustafa et sa famille ont été emprisonnés et interrogés à propos des activités soi-disant anti-gouvernementales d'un de ses frères. Il fut régulièrement battu par ses geôliers pendant quatre jours.

Sa famille a été emprisonnée pendant l'invasion du Koweït par les forces iraquiennes. Six mois plus tard, suite à l'expulsion des Iraquiens par les forces de la coalition, ils ont été à nouveau arrêtés et accusés d'avoir pris part à une insurrection manquée après la défaite de Saddam. Le père et le frère de Mustafa ont disparu depuis lors.

En ayant des liens familiaux et avec un groupe religieux considérés alors comme suspects par le gouvernement, Mustafa savait qu'il ne trouverait la sécurité qu'en allant hors de la portée de Saddam Hussein.

Son voyage a débuté lorsqu'il avait 18 ans, il est d'abord parti dans la région kurde du nord de l'Iraq. Il a ensuite essayé d'entrer illégalement en Iran et en Turquie, chacune des tentatives se soldant par une expulsion. Quand les représentants du gouvernement du nord de l'Iraq ont commencé à menacer de l'envoyer dans le sud toujours sous contrôle du parti baas de Saddam, il a cherché refuge dans des pays plus lointains.

De retour en Turquie, il a rencontré un passeur qui, pour la somme de 10 000 euros, lui a promis qu'il rejoindrait les Etats-Unis ou un pays européen et qu'il pourrait y demander l'asile. Il a reçu un faux passeport et un billet pour le Venezuela où il recevrait soi-disant un passeport d'un pays de l'Union européenne.

« Nous avons été emmenés en sécurité dans une maison », a indiqué Mustafa. « Je ne parlais pas un mot d'anglais. La personne chez qui nous logions parlait arabe, elle m'a dit que cela prendrait du temps pour trouver un passeport et que je devrais être patient. Finalement, nous avons dû prendre l'avion pour Trinité-et-Tobago. »

A Trinité, Mustafa a été accueilli dans la capitale, Port of Spain. Deux semaines ont passé sans qu'il obtienne de réponse au sujet de ses documents d'identité. Seul dans un pays inconnu et bientôt sans argent, il décide de chercher de l'aide. Il s'est alors rendu au centre d'information des Nations Unies de la ville, qui l'a envoyé vers l'agent de liaison honoraire de l'UNHCR à Trinité. Cette entité a cherché de l'aide à son tour auprès du bureau régional pour les Etats-Unis et les Caraïbes, situé à Washington DC.

« Le cas de Mustapha illustre à la fois l'inutilité et somme toute la nécessité du système d'agent honoraire de liaison de l'UNHCR sur place dans les Caraïbes, où nous ne disposons d'aucun bureau. Il démontre aussi le besoin d'améliorer la protection des réfugiés dans la région des Caraïbes », a indiqué Janice Marshall, chargée de protection au niveau régional pour les Caraïbes, au sujet du séjour de Mustafa à Trinité. « Le Gouvernement de Trinité-et-Tobago souhaite recevoir et protéger des personnes comme Mustafa, mais ne dispose concrètement d'aucune législation ou politique sur place pour assurer leur accès à une procédure de demande d'asile, ou aux droits dont peuvent bénéficier les réfugiés selon les lois internationales. »

Mustapha est arrivé à Trinité un mois avant que le pays ne devienne signataire de la Convention de 1951 relative au statut des réfugiés. En 2002, après avoir minutieusement examiné son cas, l'agence des Nations Unies pour les réfugiés l'a reconnu comme réfugié, car il ne peut rentrer dans son pays par crainte de persécution. La décision a été communiquée au Gouvernement de Trinité, qui a donné son accord pour prolonger son statut de réfugié.

En l'absence d'une législation à Trinité prévoyant le traitement et les droits accordés aux réfugiés, Mustafa n'a pu obtenir ni un permis de travail, ni des documents d'identité et n'a pas pu chercher une nouvelle maison. Il a fait une dépression et en 2005, il s'est rendu à Londres en avion, où il a été mis en détention par les services de l'immigration. Comme il avait déjà été reconnu comme réfugié à Trinité, il a été renvoyé dans ce pays.

« Ce fut la période la pire pour moi », a-t-il indiqué. « Je me suis senti perdu et épuisé. Mais l'UNHCR a continué de m'aider et a fait naître l'espoir d'une éventuelle réinstallation. »

Au début du mois de mai, cet espoir s'est réalisé lorsque le Gouvernement de Nouvelle-Zélande lui a accordé le droit de résidence. Après trois ans, Mustafa pourra demander la citoyenneté et obtenir un passeport.

Actuellement, il prépare son départ vers Auckland. Mustafa est hébergé, grâce à l'agent de liaison honoraire de l'UNHCR à Trinité, au sein d'une communauté chrétienne, où des prêtres, des religieuses et des laïcs sont devenus ses plus proches amis et l'ont soutenu, en dépit de leurs croyances différentes.

« Les habitants de Trinité m'ont ouvert leur maison et je leur en suis très reconnaissant », a indiqué Mustafa. « Si je peux obtenir un passeport, j'espère pouvoir revenir un jour pour les revoir. Pour la première fois depuis plusieurs années, je vois l'avenir avec optimisme. »

Par Tim Irwin

• FAITES UN DON •

 

• COMMENT NOUS AIDER • • RESTEZ INFORMÉS •

Iraq: Déplacement massif depuis Mossoul

Ces derniers jours, des centaines de milliers d'Iraquiens ont fui les combats dans la ville de Mossoul et d'autres cités du nord de l'Iraq. Des employés du HCR sont sur le terrain pour suivre les déplacements et aider les personnes dans le besoin. Les besoins sont immenses. Le HCR fait son possible pour assurer la protection et fournir des abris ainsi que des articles de secours, notamment des tentes. De nombreux déplacés ont quitté leurs maisons sans rien d'autre que les vêtements portés ce jour-là. Certains n'ont pas d'argent pour payer le logement, la nourriture, l'eau potable ou les soins de santé. Ils arrivent aux postes de contrôle entre le gouvernorat de Ninive et la région du Kurdistan d'Iraq sans savoir où aller, ni comment payer leurs dépenses.

Les agences des Nations Unies, les organisations humanitaires et les fonctionnaires gouvernementaux coordonnent leurs efforts pour aider les personnes dans le besoin. Les agences des Nations Unies lancent un appel de fonds supplémentaire d'urgence. Le HCR espère fournir des kits d'urgence ainsi que des milliers de tentes et travaille également avec ses partenaires pour protéger et aider les personnes déplacées.

L'exode dans le nord s'ajoute aux déplacements de populations massifs cette année dans le gouvernorat iraquien d'Anbar, où les combats depuis janvier ont contraint quelque 500 000 personnes à fuir cette province pour chercher refuge dans des zones plus sûres.

Iraq: Déplacement massif depuis Mossoul

Crise en Iraq : Trouver un logement

Des dizaines de milliers de personnes ont fui vers les gouvernorats d'Erbil et de Duhok dans la région du Kurdistan d'Iraq la semaine dernière. Ces déplacés ont trouvé abri dans des écoles, des mosquées, des églises et des camps de transit après une éruption de violence qui déchire certaines régions du centre et du nord de l'Iraq. Le HCR et ses partenaires font leur possible pour répondre aux besoins urgents en termes d'abri. Le HCR a livré près de 1 000 tentes dans un camp de transit en cours de construction par les autorités et les ONG à Garmawa, près de Duhok.

De nombreux déplacés originaires de Mossoul arrivent aux postes de contrôle entre le gouvernorat de Ninive et la région du Kurdistan iraquien. Ils ont des ressources limitées et n'ont pas les moyens de se payer un logement. Certains sont hébergés par des proches. D'autres résident à l'hôtel en puisant dans leurs maigres ressources.

Dans le village d'Alqosh, quelque 150 personnes (soit 20 familles) sont arrivées avec de rares effets personnels en plus des vêtements qu'ils portaient le jour où ils ont fui. Ces déplacés vivent dans plusieurs salles de classe d'une école primaire depuis la semaine dernière. Tous ces locaux sont actuellement bondés. Un membre du groupe a expliqué qu'il vivait auparavant dans un appartement loué à Mossoul et qu'il menait une vie de famille normale. Toutefois, à Alqosh, ils craignent pour le bien-être et l'éducation de leurs enfants ainsi que la présence de serpents et de scorpions.

Crise en Iraq : Trouver un logement

Enfants d'Erbil : des réfugiés syriens dans une zone urbaine en Irak

Les enfants qui ont trouvé refuge dans des zones urbaines avec leurs familles, font partie des réfugiés syriens parmi les plus vulnérables. A la différence de ceux qui sont hébergés dans des camps, les réfugiés qui vivent en ville dans des pays comme l'Irak, la Turquie et la Jordanie, ont souvent du mal à accéder à l'aide et à la protection. Dans un camp de réfugiés, il est plus facile pour des organisations humanitaires comme le HCR de fournir un abri et une assistance régulière, notamment des vivres, des soins de santé et un accès à l'éducation. Trouver les réfugiés en zones urbaines, sans parler de les aider, n'est pas une tâche facile.

En Irak, environ 100 000 réfugiés syriens sur les 143 000 présents dans le pays, vivraient en zones urbaines - dont 40% d'enfants âgés de moins de 18 ans. Les photos suivantes, prises par Brian Sokol dans la ville d'Erbil au nord de l'Irak, donnent un aperçu de la vie de certains de ces jeunes réfugiés urbains. Elles montrent la dureté de la vie quotidienne mais aussi la résilience, l'adaptabilité et le courage de ces jeunes dont la vie a été bouleversée au cours des deux dernières années.

La vie est difficile à Erbil, la capitale de la région du Kurdistan en Iraq. Le coût de la vie est élevé et il n'est pas facile de trouver du travail. Les réfugiés doivent aussi consacrer une part importante de leurs ressources limitées au loyer. Le HCR et ses partenaires, dont le Gouvernement régional kurde, se démènent pour aider les personnes dans le besoin.

Enfants d'Erbil : des réfugiés syriens dans une zone urbaine en Irak

Philippines : survivre au typhon Haiyan, un an après la devastationPlay video

Philippines : survivre au typhon Haiyan, un an après la devastation

Le 8 novembre 2013, le typhon Haiyan a balayé le centre des Philippines, dévastant tout sur son passage et tuant des milliers de personnes. Un an après, la reconstruction dure toujours. Sur l'île de Leyte, Bartolome témoigne de la vie de sa famille, pendant plusieurs semaines dans un bateau échoué après la destruction de leur maison.
Iraq: Un généreux donateurPlay video

Iraq: Un généreux donateur

L'afflux de réfugiés est important à Dohouk où Fahrad a construit un camp, avec des tentes, de l'électricité, de l'eau ... un lieu de refuge. Sa compassion est sincère ... Dans son enfance, il avait également dû fuir sa maison.
Myanmar: Créer des liensPlay video

Myanmar: Créer des liens

Les ateliers de formation à la couture pour les déplacées kachin au Myanmar sont un succès. Ils leur permettent d'acquérir une compétence professionnelle, de construire une camaraderie entre bénéficiaires en créant des liens et des réseaux de soutien et, enfin, de renforcer leur confiance.