Le HCR : Le nombre des demandeurs d'asile a diminué de moitié depuis cinq ans

Articles d'actualité, 17 mars 2006

© HCR

GENEVE, 17 mars (UNHCR) Durant les cinq dernières années, le nombre des demandeurs d'asile arrivés dans les pays industrialisés a baissé de moitié, selon les premiers chiffres publiés vendredi par l'agence des Nations Unies pour les réfugiés. Les demandes d'asile dans les 50 pays industrialisés ont fait une chute spectaculaire pour la quatrième année consécutive, atteignant leur niveau le plus bas depuis presque vingt ans.

« Ces chiffres démontrent que le discours qui prévaut dans les pays industrialisés sur l'augmentation des problèmes liés à l'asile ne reflète pas la réalité », a déclaré le Haut Commissaire des Nations Unies pour les réfugiés Ant*nio Guterres. « En effet, les pays industrialisés devraient se demander si, en imposant des restrictions encore plus sévères sur les demandeurs d'asile, ils ne ferment pas la porte à des hommes, des femmes et des enfants qui fuient les persécutions. »

Depuis 2001, les demandes d'asile dans 50 pays industrialisés ont baissé de 49 pour cent. L'année dernière, 336 000 demandes d'asile ont été déposées, soit 15 pour cent de moins qu'en 2004.

Le nombre total de demandeurs d'asile arrivés l'année dernière dans les 38 pays industrialisés, pays pour lesquels des statistiques de nature comparable sont disponibles sur le long terme, était le plus bas jamais atteint depuis 1987, soit 331 600 personnes. Dans les 25 pays de l'Union européenne, mais également dans toute l'Europe, le nombre de demandeurs d'asile l'année dernière était le plus bas depuis 1988.

Dans la plupart des pays d'asile, l'année 2005 a aussi été la plus basse pour les chiffres de l'asile depuis longtemps. Ainsi le Danemark et l'Allemagne ont-ils atteint leur niveau le plus bas depuis 1983 Le Canada depuis 1985 et la Suisse depuis 1986. Au Royaume-Uni, le nombre des demandes d'asile en 2005 n'a jamais été aussi bas depuis 1993.

« Maintenant que le nombre de demandeurs d'asile a chuté à un niveau record, les pays industrialisés vont pouvoir consacrer davantage d'attention à l'amélioration de la qualité de leurs systèmes d'asile, en vue d'optimiser la protection des réfugiés et non seulement de faire baisser les chiffres », a ajouté Ant*nio Guterres. « Malgré la perception qu'en a l'opinion publique, la majorité des réfugiés du monde continuent d'être accueillis par des pays en voie de développement, comme la Tanzanie, l'Iran et le Pakistan. »

On peut citer de nombreuses raisons pour expliquer cette baisse spectaculaire des demandes d'asile. « Nous sommes persuadés que cette tendance à la baisse est due à une combinaison de facteurs », a indiqué Ron Redmond, porte-parole de l'UNHCR. « L'amélioration de la situation dans plusieurs régions d'origine des demandeurs d'asile, comme les Balkans, l'Afghanistan et certaines parties de l'Afrique, sont un facteur important. Cependant, la mise en place de politiques d'asile plus restrictives que jamais dans le monde industrialisé a sans aucun doute joué aussi un rôle. »

« A cet égard, nous sommes préoccupés par le fait que le souci de maintenir au niveau le plus bas possible ces chiffres sur les demandes d'asile peut aboutir à ce que d'authentiques demandeurs d'asile se voient privés de la protection dont ils ont besoin », a ajouté Ron Redmond.

En dépit d'une diminution de 15 pour cent l'an passé, la France reste le pays qui a reçu le plus de demandes d'asile en 2005, suivie par les Etats-Unis, le Royaume-Uni, l'Allemagne le pays d'asile qui est resté numériquement le plus important en Europe pendant une bonne partie des années 80 et 90 en quatrième position.

Toutefois, lorsque l'on compare le nombre de demandeurs d'asile à la population totale des pays d'accueil, un tout autre tableau apparaît. Sur la base d'une formule per capita utilisée par l'UNHCR depuis cinq ans, Chypre, l'Autriche, la Suède, la Norvège et la Suisse seraient les premiers pays d'accueil, suivis par le Royaume-Uni, l'Italie, la France et l'Allemagne. Les chiffres per capita de l'Australie, du Canada, de la Nouvelle-Zélande et des Etats-Unis sont nettement inférieurs à ceux de l'Europe.

Les demandes d'asile dans l'Union européenne ont baissé de 16 pour cent l'année dernière, en comparaison avec 2004. La baisse la plus nette a été observée dans les 10 nouveaux pays membres de l'Union européenne, où les demandes ont décru de 35 pour cent, en comparaison avec la baisse de seulement 12 pour cent dans les 15 autres pays de l'Union européenne.

En 2005, on ne dénombre que 10 pays ayant reçu plus de 10 000 demandes d'asile (l'Autriche, la Belgique, le Canada, la France, l'Allemagne, les Pays-Bas, la Suède, la Suisse, le Royaume-Uni et les Etats-Unis), alors qu'ils étaient 15 en 2001.

La plus grande chute du nombre de demandes d'asile dans les cinq dernières années concerne les pays hors Europe. En 2005, le Canada et les Etats-Unis ont reçu 54 pour cent de demandes d'asile en moins qu'en 2001, alors que les dossiers en Australie et en Nouvelle-Zélande ont baissé de 75 pour cent pendant la même période.

Le plus grand groupe de demandeurs d'asile en 2005 était originaire de Serbie-et-Monténégro, inclus les personnes originaires du Kosovo, suivi des ressortissants de la Fédération de Russie, pour lesquels les demandeurs d'asile tchétchènes. La Chine est restée le troisième plus grand pays d'origine des demandeurs d'asile, suivie par l'Iraq et la Turquie.

Sur les dix principales nationalités d'origine des demandeurs d'asile, la proportion des Iraquiens et des Haïtiens a largement augmenté en 2005, toutes deux à hauteur de 27 pour cent, alors que les demandeurs d'asile afghans et turcs continuent à diminuer fortement.

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