Survivre envers et contre tout, aperçu de la vie d'un réfugié

Articles d'actualité, 7 décembre 2005

© HCR/K.Rodriguez
Des élèves de l'école Midtstuen à Oslo essayent le jeu de simulation de la vie d'un réfugié « Envers et contre tout ».

OSLO, 7 décembre (UNHCR) Vous êtes arrêté, frappé et forcé de signer des aveux, juste pour avoir participé à une marche pacifique. Craignant des événements pires encore, vous quittez votre pays en emportant seulement quelques possessions dans un petit baluchon. Vous arrivez dans une étrange ville où vous ne parlez pas la langue. Vous ne connaissez personne. Vous ne savez pas où aller. Il vous faut trouver un abri, de l'information fiable et un emploi.

Ce sont là quelques-uns des défis auxquels les joueurs ont à faire face dans ce jeu interactif sur Internet « Envers et contre tout », dont l'objectif est de faire connaître aux jeunes ce que peut vivre un réfugié.

« Il est important que nous tous qui valorisons la tolérance combattions contre la montée de l'intolérance et des peurs irrationnelles que l'on accepte les différences. C'est un problème rencontré partout dans le monde. 'Envers et contre tout' est un outil pour combattre l'intolérance », a indiqué aujourd'hui le Haut Commissaire des Nations Unies pour les réfugiés, Ant*nio Guterres, lors du lancement de la version norvégienne de ce jeu. A. Guterres a choisi la lutte contre la montée de l'intolérance dans les sociétés modernes comme l'un des principaux défis d'aujourd'hui.

« C'est une expérience d'apprentissage », a dit Lars Pahle, âgé de 15 ans, après avoir essayé le jeu, « peut-être qu'il n'est pas complètement réaliste, mais on saisit bien ce que peut vivre un réfugié. » Karoline Haugen, âgée aussi de 15 ans, a ajouté, « ça marche. Vous devez réfléchir aux choix qu'un réfugié est contraint de réaliser. » Leur camarade, Bendik Brynestad, a également apprécié le jeu : « C'est une nouvelle façon d'apprendre plus passionnante que de lire des livres. »

Créé par l'UNHCR avec le support financier de la compagnie norvégienne Statoil, cet outil pédagogique sur Internet permet aux jeunes d'expérimenter virtuellement ce qu'est de quitter son pays d'origine et de devenir un réfugié. Les participants doivent remplir les formalités d'une procédure d'asile et répondre aux défis de tout recommencer dans un pays étranger.

Parmi les différents scénarios, les joueurs doivent surmonter des obstacles pour quitter leur maison à la recherche de protection et d'assistance. Une fois exilés, ils doivent affronter les difficultés à l'école, sans parler la langue du pays d'accueil et se faire des amis. Ils constatent aussi ce que les réfugiés ressentent lorsqu'ils sont l'objet de discriminations dans les rues ainsi que lors de la recherche d'un emploi et plus généralement pour commencer une nouvelle vie.

« J'ai joué à 'Envers et contre tout' hier soir, mais je me suis perdu et je ne pouvais plus sortir de la ville. Ce jeu est très bien conçu et aussi complexe que la situation d'un réfugié. Ce jeu est une bonne façon de lutter contre la xénophobie », a commenté Trygve Nordbye, Directeur général de l'immigration en Norvège.

En plus de ce jeu interactif, « Envers et contre tout » présente aussi une bibliothèque virtuelle contenant des informations sur les situations de réfugiés, ainsi que des entretiens avec de vrais réfugiés qui racontent leur histoire. Il y a également un guide pour les enseignants avec des exercices pour faire connaître la vie des réfugiés et promouvoir l'empathie et la compréhension envers eux.

« Envers et contre tout » a initialement été lancé en Suède, mais des traductions de ce jeu sont en cours, notamment en allemand et en français.

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