Au Venezuela, des feuilletons radio racontent la vie des réfugiés

Articles d'actualité, 8 août 2005

© Jorge Silva
Couverture des CD des feuilletons radio sur la vie des réfugiés colombiens.

CARACAS, Venezuela, 8 août 2005 (UNHCR) Les feuilletons à la radio et à la télévision en Amérique latine traitent souvent de questions sentimentales, de trahison et de trafic. Mais au Venezuela, trois nouveaux feuilletons radio traitent de sujets inhabituels les problèmes, les peurs et les espoirs des réfugiés colombiens dans le pays.

Andrés Valenti, un tout jeune diplômé, est en cours de procédure afin de pouvoir commencer sa vie professionnelle dans une autre ville. Mais un test sanguin alors requis menace de révéler un secret jalousement gardé : qui est son père et pourquoi a-t-il franchi la frontière pour se retrouver au Venezuela ?

C'est ainsi que commence « Silence de mai », un des trois feuilletons radio sur les réfugiés suivi par plus d'un million d'auditeurs. Parce que ces mélodrames quotidiens sont très populaires dans toutes les couches de la société sud-américaine, ils constituent peut-être le moyen le plus efficace de faire passer un message à une audience importante.

Les feuilletons radio suivent, jour après jour, la vie de chacun des personnages qui ont été contraints de fuir leur pays d'origine. Les histoires saisissantes des personnages et leur souffrance aident l'UNHCR à diffuser un message de tolérance, de compréhension et de respect envers ceux qui ont été obligés de quitter leur maison.

« Nous devons penser à ce que les réfugiés ressentent lorsqu'ils sont confrontés à des situations telles que celles présentées dans les feuilletons radio », indique Trina Medina, compositeur-interprête et auteur d'un thème musical pour les trois feuilletons radio.

Autre innovation, les épisodes sont diffusés dans les langues wayunaiki et yukpa des peuples indigènes.

« Le recours à la fiction à la radio est très populaire en Amérique latine, spécialement au sein des communautés pauvres où la radio est le seul moyen de communication », révèle Javier Barrios, directeur de Radio Fé y Alegría, qui diffuse les feuilletons. « Ce sont les premiers feuilletons produits au Venezuela que peuvent écouter les indigènes Wayúu et Yukpa qui se trouvent à la frontière entre la Colombie et le Venezuela. »

En diffusant dans leurs propres langues, « nous leur témoignons du respect en tant qu'êtres humains », ajoute Trina Medina.

Un second feuilleton radio sur les réfugiés, baptisé « La ville de pluie », suit les vies de Ligia, son époux Pedro et leur fils unique Juan, dans une ville paisible devenue une attraction touristique car il ne cesse d'y pleuvoir. Dans l'histoire, Ligia est propriétaire d'un restaurant géré par sa mère, mais leur vie heureuse s'achève lors de l'arrivée des conflits armés dans leur ville. Ligia doit fuir pour sauver la vie de son fils. Désespérée, la famille franchit la frontière dans l'espoir de vivre en paix et d'apprendre que le courage peut les aider à surmonter leurs difficultés.

Le troisième feuilleton radio, « Accordéon de la vie » parle d'un chanteur, José Gregorio Vuelva, qui a perdu ses parents lorsqu'ils ont refusé de payer une rançon à un groupe armé illégal. Effrayé et en colère, José Gregorio réalisa que sa vie était en danger et fut forcé de quitter son pays et de chercher la sécurité à la frontière vénézuélienne. A l'étroit dans une petite maison dans sa nouvelle ville, il apprécie la paix, mais dit que le mal du pays est difficile à supporter.

Les feuilletons radio sont financés par les ambassades canadienne et britannique à Caracas, le réseau Radio Fé y Alegría et l'UNHCR.

« Ce projet répond à la stratégie globale de prévention des conflits que le gouvernement britannique, les agences des Nations Unies et les institutions officielles mettent en place dans la région andine », indique Catherine Weiss, conseillère sur le conflit régional auprès de l'ambassade britannique.

« Les campesinos colombiens et les peuples indigènes se sont soudainement retrouvés à affronter le même problème être sans toit et avoir peur d'un environnement étranger. Ainsi, un projet de ce type est crucial pour aider à mieux intégrer les demandeurs d'asile colombiens qui se trouvent à la frontière vénézuélienne », ajoute-t-elle.

Le gouvernement du Venezuela estime à plus d'un million les Colombiens vivant dans le pays. Le conflit qui dure depuis 40 ans en Colombie a déplacé des millions de personnes à l'intérieur et à l'extérieur de ce pays.

Par Grace Guerrero, UNHCR Caracas

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L'éducation pour les déplacés en Colombie

Deux millions de personnes déplacées sont enregistrées dans le Registre national des déplacés internes en Colombie. Près de la moitié des déplacés sont âgés de moins de 18 ans et, selon le Ministère de l'éducation, seule la moitié d'entre eux sont inscrits à l'école.

Avant même d'être déplacés, les enfants colombiens scolarisés dans des régions à risque sont exposés au danger des mines anti-personnelles, aux attaques de groupes armés et au recrutement forcé mené aux alentours des écoles. Une fois qu'ils sont déplacés, ces enfants perdent souvent une année scolaire entière. De plus, le traumatisme provoqué par le déracinement et le fait d'avoir été témoin de violences extrêmes sont souvent négligés, affectant ainsi leur faculté d'apprentissage. La pauvreté accrue par le déplacement oblige les enfants à travailler pour subvenir aux besoins de la famille. Ils ne peuvent plus aller l'école.

L'UNHCR soutient les efforts du gouvernement pour répondre à la crise de l'éducation qui touche les enfants déplacés, notamment les interventions locales dans des régions à haut risque, la reconstruction d'écoles endommagées, la fourniture de matériel scolaire et le soutien d'associations locales d'enseignants. L'UNHCR travaille avec le Ministère de l'éducation, afin d'assurer que les besoins des enfants déplacés soient identifiés et pris en compte - sans oublier les minorités ethniques comme les Afro-Colombiens et les indigènes.

L'éducation pour les déplacés en Colombie

Colombie : lutter pour les droits

Des décennies de conflits internes violents, ignorées du reste du monde, ont contraint plus de 3,5 millions de Colombiens à quitter leur foyer alors que d'autres continuent à fuir presque quotidiennement. Certains recherchent un abri à l'étranger, mais environ 80% se dirigent vers des centres urbains situés à l'intérieur de leur propre pays.

Pour la plupart d'entre eux, les villes représentent la sécurité tant appréciée, après que des êtres chers aient tués devant leurs yeux ou qu'ils aient délivré leurs enfants de la menace du recrutement forcé par des groupes armés. Toutefois les endroits où ils ont les moyens de vivre sont généralement les barrios les plus pauvres - situés sur une falaise manacée de glissements de terrain ou sur un front de mer inondable.

Les populations rurales et les agriculteurs ont souvent des difficultés à gagner leur vie dans une ville. Plutôt que de cultiver du plantain et de pêcher du poisson, ils doivent trouver les moyens de gagner suffisamment d'argent pour nourrir quotidiennement leurs familles.

Les Colombiens déplacés souffrent également de traumatismes. Des femmes jusqu'alors indépendantes, habituées à travailler ou à rester seules, vivent constamment entourées d'autres personnes.

Le HCR coopère avec le Gouvernement colombien pour que les services soient accessibles aux personnes déplacées de force. Première étape importante, une collaboration de longue date a conduit à la délivrance de cartes d'identité à plus de trois millions de déplacés colombiens.

Colombie : lutter pour les droits

Lutte contre la menace d'extinction

Parmi les populations indigènes menacées d'extinction en Colombie, certaines se trouvent dans une situation plus risquée encore, comme la tribu Tulé par exemple. Cette population compte seulement 1 200 membres vivant dans trois localités des départements limitrophes de Choco et d'Antiquoia au nord-ouest de la Colombie.

Quelque 500 d'entre eux vivent dans la commune d'Unguia à Choco, une zone stratégiquement importante située à la frontière avec le Panama, où abondent le bois de construction, les minéraux et d'autres ressources naturelles. Malheureusement, ces richesses ont attiré la convoitise des groupes armés illégaux et criminels durant cette dernière décennie.

De nombreux membres de cette tribu avaient alors trouvé refuge au Panama ou ailleurs dans la province de Choco. Toutefois un groupe déterminé d'entre eux a décidé de rester, craignant que la tribu ne survivrait jamais si ses membres quittaient leurs terres ancestrales et s'ils abandonnaient leurs traditions.

Le HCR travaille déjà de longue date sur ces problèmes, et appuie le développement d'une stratégie visant à prévenir le déplacement, ou au moins à assurer que les Tulés ne devront jamais quitter définitivement leur territoire.

Lutte contre la menace d'extinction

Colombie : Menace sur la population indigènePlay video

Colombie : Menace sur la population indigène

La violence sévissant dans plusieurs régions de la Colombie menace l'existence des populations indigènes dans le pays. Voici le témoignage de l'un de ces groupes, les indigènes Tulé.