Visites du HCR auprès des Montagnards pour constater les bénéfices de l'assistance aux rapatriés

Articles d'actualité, 5 septembre 2005

© HCR/D.Backus
Les rapatriés montagnards bénéficient d'un suivi médical à la ville frontière de Moc Bai au Viet Nam avant de continuer vers leurs villages situés dans les régions de Chu Se et Duc Co dans les montagnes du centre.

BANGKOK, 5 septembre (UNHCR) Des visites régulières du Haut Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés se font auprès des rapatriés montagnards rentrés depuis le Cambodge vers les hauts plateaux du centre du Viet Nam. Ces visites témoignent de l'assistance reçue pour leur réintégration et montrent que les rapatriés sont bien traités.

« Les longues distances que nous devons parcourir pour rendre visite aux rapatriés, souvent dans des endroits inaccessibles et isolés, rendent les contrôles très longs », indique Hasim Utkan, délégué régional basé à Bangkok, après une seconde visite internationale de contrôle fin août. « Mais c'est très rassurant de voir que les rapatriés sont considérés comme des victimes par les autorités locales. Ils ont pratiquement tous une parcelle de terre et reçoivent de l'aide pour recommencer leur vie. »

Vendredi 3 septembre, encore 23 Montagnards sont rentrés depuis le Cambodge au Viet Nam dont 20 étaient des rapatriés volontaires et une famille de trois personnes rejetée après sa demande d'asile. A la frontière, tous les rapatriés ont été accueillis chaleureusement par des représentants de l'Etat vietnamien, ils ont reçu un déjeuner et des contrôles médicaux et ont été rassurés qu'ils seraient bien traités de retour dans leurs villages.

Lorsque les groupes de Montagnards des hauts plateaux du Viet Nam ont commencé à franchir la frontière l'année dernière pour se rendre au Cambodge, l'agence des Nations Unies pour les réfugiés avait exprimé sa préoccupation au sujet de la mauvaise information de certains Montagnards sur le rôle de l'UNHCR qui soi-disant les aiderait à rentrer et à résoudre leur différends fonciers.

« Suite à mes entretiens avec les rapatriés, j'ai compris que plusieurs de ces personnes croyaient qu'ils auraient davantage de terre s'ils se mettaient en contact avec l'UNHCR au Cambodge. C'est malheureux et éthiquement incorrect de propager ce type de rumeurs infondées qui entraînent les personnes à prendre des risques », indique Hasim Utkan.

Selon d'autres Montagnards, certains sont allés au Cambodge parce qu'ils pensaient qu'ils y vivraient mieux. « Un rapatrié nous a dit avoir réalisé qu'on les avait trompés, il a immédiatement demandé à l'UNHCR de l'aider dans son retour. »

« Lors de ma visite, j'ai pris conscience du coût humain et social pour les Montagnards en conséquence de leur voyage au Cambodge », a dit le délégué de l'UNHCR. « La majorité d'entre eux sont seuls et laissent leurs familles derrière pour de longues périodes. Il en résulte une rupture dans leur vie de famille et des pertes économiques. »

Une famille rapatriée depuis le Cambodge a rapporté qu'un de ses proches a vendu sa terre pendant son absence pour une très petite somme d'argent.

L'agence pour les réfugiés a mené de façon continue des visites malgré les grandes distances dans les montagnes centrales, rencontrant à la fois les rapatriés et les expulsés. Cette année avant les rapatriements de vendredi, 43 réfugiés ont été rapatriés volontairement et plus de 94 demandeurs d'asile rejetés ont été expulsés. Après la seconde mission internationale, 80 % des rapatriés volontaires et 40 % des expulsés ont été rencontrés.

« Tous les rapatriés reconnaissent avoir reçu une aide, sous forme de riz, de kérosène, de sel et de semences. Et nous avons également noté l'interaction positive entre les rapatriés et les autorités locales. Il n'y avait aucun signe de peur et les rapatriés n'hésitaient pas à demander davantage d'aide », a ajouté Hasim Utkan.

Presque tous les rapatriés, a-t-il ajouté, disposent d'une terre de 1 et 3 hectares avec leur maison généralement adjacente ou localisée au milieu des champs.

« Gia Lai est une province pauvre, mais les rapatriés semblent être dans une situation comparable à celle de la population locale. Tous les villages ont de l'électricité et les rapatriés possèdent habituellement une moto. Presque tous ont une télévision », a observé Hasim Utkan.

L'UNHCR discute actuellement de la possibilité de commencer quelques micro-projets dans les montagnes centrales, les régions où se trouvent les rapatriés, pour aider la population locale aussi bien que les rapatriés.

Depuis la signature d'un accord entre le Cambodge, le Viet Nam et l'UNHCR à Hanoï en janvier pour chercher des solutions pour plus de 500 Montagnards au Cambodge, 160 Montagnards ont été rapatriés au Viet Nam 66 réfugiés rapatriés volontairement et 94 demandeurs d'asile rejetés ont été expulsés. Quelque 286 Montagnards ont été réinstallés dans des pays tiers principalement aux Etats-Unis mais également en Finlande et au Canada. Il y a actuellement 423 Montagnards sous la protection de l'UNHCR dans la capitale cambodgienne, Phnom Penh.

Par Jennifer Pagonis

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