L'Afghanistan adhère à la Convention de 1951 sur les réfugiés

Articles d'actualité, 2 septembre 2005

© HCR/N.Behring-Chisholm
L'accession de l'Afghanistan à la Convention de 1951 et à son Protocole de 1967 constitue le signe des progrès du pays vers sa reconstruction, soutenue par des rapatriés comme ceux-ci à Kabul.

GENEVE, 2 septembre (UNHCR) L'Afghanistan a adhéré à la Convention de 1951 relative au statut des réfugiés et à son Protocole de 1967, étape significative de reconstruction pour ce pays, lieu d'origine dans le passé de l'une des plus importantes populations de réfugiés et demandeurs d'asile au monde.

Au cours d'une conférence de presse aujourd'hui, António Guterres a salué l'accession de l'Afghanistan à la Convention et au Protocole, qui prend effet cette semaine, après plusieurs mois d'étroite coopération entre l'UNHCR et les autorités afghanes.

« Il est parfois possible de perdre de vue le vrai sens de la Convention pour les réfugiés, mais s'il y a un peuple en mesure d'en saisir la pleine dimension, c'est bien le peuple afghan », a déclaré M. Guterres. « Au cours des longues et éprouvantes années de conflit et d'extrémisme, des millions d'Afghans ont dû fuir leur pays pour chercher refuge ailleurs. Que l'Afghanistan ait été à même d'accéder à la Convention témoigne de ses remarquables progrès sur la voie de la guérison. »

L'accession de l'Afghanistan à la Convention est la concrétisation juridique internationale de la longue tradition d'asile du pays. Même au cours des plus difficiles années de ces dernières décennies, l'Afghanistan a toujours gardé ses portes ouvertes aux réfugiés, notamment en provenance d'Asie centrale comme aux dizaines de milliers de réfugiés du Tadjikistan qui ont fui la guerre civile dans leur pays au début des années 90.

Depuis la chute du régime taliban à la fin 2001, plus de 3,5 millions de réfugiés Afghans sont rentrés chez eux, la vaste majorité du Pakistan et de l'Iran, à la faveur de l'une des plus vastes opérations de rapatriement volontaire de l'histoire de l'UNHCR en 54 ans d'existence. Par ailleurs, l'agence des Nations Unies pour les réfugiés est active à l'intérieur de l'Afghanistan et soutient les efforts déployés par les autorités du pays pour la réintégration de ces millions de rapatriés.

« L'accession à la Convention de 1951 et son Protocole est un grand pas en avant pour l'Afghanistan », a déclaré le Ministre afghan pour les réfugiés et le rapatriement. « Tant d'Afghans ont vécu l'exil. Ils savent combien il est important que les réfugiés soient traités avec respect et dignité. Nous sommes donc particulièrement heureux de joindre la communauté des pays signataires, de renforcer notre co-opération avec l'UNHCR, et d'ajouter notre voix à toutes celles qui s'élèvent au nom de la protection des réfugiés. L'Afghanistan est fier de s'engager à respecter les obligations des Etats telles que définies par ces deux textes clés du droit international. »

L'Afghanistan devient ainsi le 146ème pays à ratifier la Convention de 1951 ou son Protocole de 1967. L'Iran, qui accueille des millions de réfugiés afghans depuis des années, est également membre de la Convention. L'UNHCR espère maintenant que le Pakistan, qui s'est également montré extrêmement généreux en offrant l'asile à des millions d'Afghans, en fera de même bientôt.

Il reste aujourd'hui un peu moins d'un million de réfugiés afghans en Iran. Un recensement au Pakistan a récemment indiqué que plus de trois millions d'Afghans, qui ne relèvent pas tous de la compétence de l'UNHCR, résident dans ce pays. Bien que l'on estime qu'un grand nombre d'entre eux opteront pour le rapatriement, il est probable que certains Afghans souhaitent demeurer dans leur pays d'asile, où ils sont bien intégrés et actifs au sein de la société depuis de nombreuses années.

Suite à un retour de la normalisation dans la région, des consultations ont commencé entre l'Afghanistan, l'Iran, le Pakistan et la communauté internationale pour développer un cadre d'action élargi qui prendrait en compte les besoins non seulement des réfugiés mais aussi d'autres catégories de migrants. Dans ce contexte, l'accession de l'Afghanistan à la Convention sur les réfugiés est une étape de plus, particulièrement bienvenue vers le renforcement de la stabilité et de la coopération dans la région.

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L'envoyé de bonne volonté de l'UNHCR Khaled Hosseini s'est rendu en Afghanistan début septembre, pour se rendre compte de l'envergure et de la complexité de l'une des plus grosses opérations de l'UNHCR. Pendant 10 jours, l'écrivain célèbre a passé en revue des projets de l'UNHCR et a rencontré des rapatriés dans les provinces du nord de Kunduz, Baghlan, Balkh, Parwan et Kaboul. Khaled Hosseini, lui-même ancien réfugié afghan, maintenant installé aux Etats-Unis, a noté qu'il faudrait encore du temps et du travail pour que l'Afghanistan puisse offrir aux rapatriés des infrastructures et des services adéquats. Il a exhorté la communauté internationale à poursuivre son engagement envers l'Afghanistan, en lui donnant le temps nécessaire pour la reconstruction.

Khaled Hosseini n'a pas pu se rendre dans le sud et dans certaines régions de l'est, où l'insécurité ralentit le travail de l'UNHCR pour évaluer les besoins et pour fournir une assistance à ceux qui en ont le plus besoin. Depuis 2003, l'UNHCR a aidé plus de quatre millions de réfugiés à rentrer chez eux en Afghanistan. Cette année, environ 300 000 réfugiés afghans sont rentrés du Pakistan. Plus de 900 000 réfugiés afghans se trouvent en Iran, et deux millions au Pakistan.

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Dans ce pays ravagé par vingt années de guerre, la vie reprend lentement ses droits. Car pour les réfugiés et les personnes déplacées qui sont rentrés chez eux, le retour n'est qu'un premier pas sur le long chemin de la reconstruction.

Le HCR fournit une assistance aux rapatriés sous forme de kits de première nécessité ainsi qu' une aide à la reconstruction d'abris, une sensibilisation aux dangers des mines anti-personnelles et des vaccins contre diverses maladies. Lentement mais sûrement, sur tout le territoire, les Afghans retrouvent leurs proches, reconstruisent leurs maisons, retournent à l'école et recommencent à travailler. Une nouvelle étape dans leurs vies vient de débuter.

Observez dans cette série le processus de retour, de réintégration, de réhabilitation et de reconstruction en Afghanistan.

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Avec les élections en octobre, 2004 est une année décisive pour l'avenir de l'Afghanistan, avec un nombre record d'Afghans rentrés chez eux. Depuis le début du programme de rapatriement de l'UNHCR et après la chute du régime taliban en 2002, les rapatriés sont au nombre de 3,6 millions dont plus de 2 millions en provenance du Pakistan et plus d'1 million d'Iran. 440 000 déplacés à l'intérieur de l'Afghanistan sont aussi rentrés dans leur région d'origine.

L'UNHCR a mis en place des centres dans tout le pays, premiers points d'accueil des rapatriés qui y recoivent une allocation pour subvenir à leurs premiers besoins, accéder à des soins médicaux et à une sensibilisation au danger des mines antipersonnel.

Dans le cadre de son programme de logement, l'UNHCR fournit des outils et des matériaux aux familles ainsi que des fonds aux rapatriés vulnérables (les infirmes et les veuves âgées), pour la contruction d'un nouveau foyer, souvent retrouvé en ruines au retour.

L'UNHCR finance aussi la reconstruction de bâtiments publics, écoles ou hôpitaux par exemple, ainsi que des programmes d'assainissement de l'eau, de formation professionnelle et d'activités génératrices de revenus.

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