Le HCR est préoccupé par la sécurité des personnes déplacées à Sri Lanka

Communiqués de presse, 29 septembre 2009

GENÈVE ? Le HCR est vivement préoccupé par des informations concernant des incidents de sécurité se déroulant dans des camps hébergeant des personnes déplacées internes dans le nord de Sri Lanka.

Le tout dernier incident a eu lieu samedi 26 septembre au camp de Menik Farm, dans le district de Vavuniya, alors que des forces de sécurité auraient tenté de stopper un groupe de déplacés se déplaçant entre deux zones du camp. Ceci a provoqué la colère de certains déplacés qui ont, peu après, attaqué les sentinelles.

Le personnel de sécurité aurait ensuite ouvert le feu pour disperser la foule. Plusieurs personnes auraient été blessées, y compris un enfant qui aurait été touché par une balle perdue et qui est désormais paralysé. Des informations font par ailleurs état de plusieurs personnes qui sont détenues suite à ces troubles. Le HCR lance un appel au gouvernement pour qu'il assure la protection et la sécurité physique des déplacés et qu'il diligente rapidement une enquête sur cet événement.

Ce tout dernier épisode vient renforcer les appels réitérés des Nations Unies et de la communauté internationale au Gouvernement de Sri Lanka pour qu'il accélère la procédure de retour et qu'il rétablisse la liberté de mouvement pour les déplacés qui choisissent de rester dans les camps. Cela démontre par ailleurs le besoin de mettre en ?uvre un programme de familles hôtes, déjà annoncé par le gouvernement, et dont les Nations Unies se sont félicitées. Ce programme prévoit de faciliter l'hébergement de déplacés par des citoyens.

Des efforts supplémentaires sont nécessaires d'urgence pour décongestionner les camps surpeuplés, tout particulièrement à l'approche de la saison des moussons. Les pluies vont créer des inondations dans les zones de camp situées en faible altitude, causant une nouvelle détérioration des conditions de vie et posant de possibles menaces sanitaires et sécuritaires pour les déplacés.

Depuis juin, à la demande du gouvernement, des agences des Nations Unies mènent conjointement avec des partenaires humanitaires un travail de préparation en prévision de la saison des pluies dans les sites de Menik Farm accueillant des déplacés. Cependant, le HCR a indiqué au gouvernement que les sites ne sont pas équipés de façon adéquate pour faire face aux moussons, étant donné le nombre de déplacés résidant sur place.

Menik Farm est composé de sept zones et compte parmi les 21 camps fermés situés dans les districts de Vavuniya, Jaffna, Mannar et Trincomalee. Dans ces camps sont hébergés plus de 250 000 personnes déplacées par le conflit. Le gouvernement mène actuellement un programme de contrôle visant à séparer les ex-combattants des civils. En conséquence, les habitants du camp n'ont pas de liberté de mouvement.

Le HCR reconnaît la libération, depuis début août, par le gouvernement de quelque 15 000 déplacés internes, y compris de nombreuses personnes vulnérables, qui étaient auparavant hébergées dans des camps. Ces personnes se trouvent désormais dans des familles d'accueil ou elles sont de retour chez elles dans le cadre d'un plan gouvernemental de retour de 180 jours se déroulant actuellement. L'agence lance un appel au gouvernement pour qu'il termine son programme de contrôle et qu'il augmente le nombre des libérations depuis les camps.

Le HCR est par ailleurs préoccupé par le transfert, à la mi-septembre, de quelque 3 300 déplacés internes vers de nouveaux camps de transit situés dans leurs districts d'origine, alors que ces déplacés internes auraient pu rentrer chez eux sans cette étape. Un bref transit dans le district d'origine peut s'avérer nécessaire, toutefois des déplacés se trouvent d'ores et déjà dans ces sites de transit depuis plus de deux semaines.

Des discussions entre l'agence des Nations Unies pour les réfugiés et le gouvernement sur un programme de réinstallation se poursuivent et le HCR fournira une assistance au retour dès que les déplacés seront autorisés à rentrer chez eux.

• FAITES UN DON •

 

• COMMENT NOUS AIDER • • RESTEZ INFORMÉS •

Manuel pour la protection des déplacés internes

Dans plus de 50 pays du monde entier, quelque 24 millions de personnes sont déracinées et déplacées dans leur propre pays suite à un conflit ou à des violations des droits de l'homme.

Personnes déplacées internes

Les personnes déplacées fuient en quête de sécurité dans d'autres régions au sein même de leur pays, où ils ont besoin d'une aide.

Sri Lanka

Durant les 20 années de guerre civile au Sri Lanka, plus d'un million de personnes ont été déracinées, forcées de fuir leur foyer, souvent plus d'une fois. Pour beaucoup d'entre elles qui ne pouvaient trouver abri chez des parents ou des amis, les centres de secours gérés par le HCR ou le gouvernement ont été le seul recours.

En Février 2002, le gouvernement du Sri Lanka et l'Armée de libération des Tigres Tamouls (LTTE) ont signé un accord de cessez-le-feu et entamé une série de négociations devant engendrer une paix durable. À la fin de l'année 2003, plus de 300 000 personnes déplacées étaient déjà retournées dans leurs villes et villages largement dévastés.

Dans le cadre de ces retours, le HCR fournit une protection physique et juridique aux civils affectés par la guerre, tout en finançant une série de projets dans des domaines aussi variés que le logement, la santé, les installations sanitaires ainsi que divers services communautaires et projets générateurs de revenus.

Sri Lanka

L'apatridie à Sri Lanka : les « Tamouls des collines »

À Sri Lanka, le pittoresque « pays des collines » est parsemé de centaines de plantations de thé. La plupart des gens qui y travaillent sont des descendants de Tamouls venus d'Inde entre 1820 et 1840, à l'époque où l'île était une colonie britannique. Les « Tamouls des collines » ont contribué, dans des proportions considérables, à la prospérité économique de Sri Lanka pendant près de deux siècles ; pourtant, jusqu'à une époque très récente, la législation draconienne du pays sur la nationalité rendait leur accession à la citoyenneté presque impossible. Dépourvus de papiers, ils ne pouvaient voter, travailler dans la fonction publique, ouvrir un compte en banque ou voyager librement.

Par le passé, les Tamouls des collines ont fait l'objet d'un certain nombre d'accords bilatéraux qui leur donnaient la possibilité d'opter pour la nationalité sri-lankaise ou la nationalité indienne. Cependant, selon les estimations, il y avait encore 300 000 apatrides d'origine indienne dans l'île en 2003.

La situation s'est très sensiblement améliorée lorsque le Parlement a voté, en octobre de la même année, une loi accordant la nationalité aux personnes d'origine indienne établies à Sri Lanka depuis 1964, ainsi qu'à leurs descendants. Le HCR, les pouvoirs publics et des organisations locales ont mené une campagne pour informer les Tamouls des collines de la publication de la loi et des démarches à accomplir pour acquérir la nationalité. À la fin de l'année 2003, plus de 190 000 apatrides ont obtenu la nationalité sri-lankaise en dix jours - une extraordinaire réussite, qui s'inscrit dans l'effort mené à l'échelle mondiale pour réduire les cas d'apatridie.

De plus, en 2009, le parlement a amendé la réglementation existante, afin d'accorder la nationalité aux personnes qui se sont réfugiées en Inde pour échapper au conflit qui sévissait à Sri Lanka et qui vivent actuellement dans des camps. Il est donc plus facile aux réfugiés de regagner leur pays s'ils le souhaitent.

L'apatridie à Sri Lanka : les « Tamouls des collines »

Long voyage de retour vers Tombouctou

La guerre a atteint Tombouctou en avril dernier, quand des rebelles touaregs se sont emparés de cette ville antique du nord du Mali. Elle est rapidement tombée sous le contrôle des militants, qui ont commencé à imposer aux habitants une version stricte de la charia. Les femmes ont été forcées de porter le voile en public, des personnes suspectées d'adultère étaient fouettées ou lapidées, des voleurs ont eu les mains coupées et des chambres funéraires centenaires ont été détruites.

Des milliers de personnes ont alors fui Tombouctou et beaucoup ont trouvé refuge dans la capitale malienne, Bamako, au sud du pays. Fatima Nialy, une mère de quatre enfants, s'est jointe au flux des civils se dirigeant vers le sud car elle se sentait prisonnière dans sa propre maison à Tombouctou. A Bamako, elle et ses enfants - dont son bébé d'un mois - ont été pris en charge par des proches. Elle a vécu dans une chambre de la maison de son frère aîné.

En février 2013, peu de temps après que les forces françaises et maliennes aient libéré Tombouctou, Fatima a décidé de rentrer chez elle avec ses enfants. Le photographe Thomas Martinez les a suivis

Long voyage de retour vers Tombouctou

Inde et Sri Lanka : Retour à la maison par ferryPlay video

Inde et Sri Lanka : Retour à la maison par ferry

Pour la première fois depuis de nombreuses années, des réfugiés sri-lankais quittent l'Inde en ferry pour rentrer chez eux.